Intervention américaine en Syrie: pas de vote avant le 9 septembre

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Barack Obama a surpris samedi en demandant l’autorisation du Congrès pour frapper le régime de Bachar al-Assad. L’issue du débat, qui aura lieu après les vacances des élus, est incertaine  : de nombreux parlementaires restant à convaincre, y compris au sein du parti démocrate.

La Maison Blanche a envoyé au Congrès un projet de résolution autorisant le président à user de la force pour empêcher l’utilisation ou la prolifération d’armes chimiques. La Chambre des représentants et le Sénat débattront chacun en séances plénières à partir du lundi 9 septembre, et les sénateurs voteront dès la semaine du 9 septembre, s’est engagé Harry Reid, chef de la majorité démocrate.

Intentions de vote floues

Plus de 170 parlementaires républicains et démocrates avaient réclamé avec insistance cette consultation, mais leurs positions respectives, sur le bien-fondé ou non des frappes, étaient plus difficiles à cerner samedi, les élus étant éparpillés dans tout le pays à la faveur des congés estivaux.

Nul doute que de nombreux républicains rechigneront à soutenir politiquement Barack Obama, alors que d’autres dossiers brûlants sont à l’ordre du jour de la rentrée parlementaire --dette, budget, immigration.

Les faucons républicains veulent renverser Bachar al-Assas

Certains faucons comme les sénateurs républicains John McCain et Lindsey Graham ont d’ores et déjà averti qu’ils voteraient contre toute résolution trop timorée, qui ne viserait pas à ébranler le pouvoir de Bachar al-Assad. «Nous ne pouvons en notre âme et conscience soutenir des frappes militaires isolées en Syrie qui ne feraient pas partie d’une stratégie globale visant à changer la dynamique sur le champ de bataille, à atteindre l’objectif du président de faire quitter le pouvoir à Assad et à mettre fin à ce conflit», ont déclaré les deux élus dans un communiqué commun.

Les républicains veulent des objectifs militaires clairs

Leur credo tranche avec la position réservée, volontairement ambiguë, affichée jusqu’ici par la plupart des responsables républicains, majoritaires à la Chambre des représentants. Leur aval, répétaient-ils déjà depuis plusieurs jours, dépendra des arguments développés par Barack Obama pour convaincre le pays que les frappes ne sont pas destinées à soulager sa conscience. «J’apprécie la décision du président», a réagi Howard McKeon, président républicain de la commission de la Défense de la Chambre. «L’autorisation pour l’usage de la force dépendra de la capacité du président à fixer des objectifs militaires clairs».

Jamais tendre pour Barack Obama, le chef des républicains du Sénat, Mitch McConnell, a estimé que «le rôle du président en tant que commandant en chef était toujours renforcé quand il s’appuyait sur le soutien exprimé du Congrès». Mais, prudent, il ne s’est pas avancé pas sur ses intentions de vote, à l’image de la quasi-totalité de ses collègues.

Une « obligation morale » d’agir pour le chef de la majorité

M. Obama dispose cependant du soutien sans faille de plusieurs importants élus démocrates, qui ont la majorité au Sénat. «Le régime syrien et les autres comme lui doivent comprendre que les lignes rouges sont indélébiles, nos ennemis ne doivent jamais douter de la résolution des États-Unis», a déclaré le sénateur démocrate Robert Menendez, président de la commission des Affaires étrangères.

Le chef de la majorité, M. Reid, a estimé que les Etats-Unis avaient en l’occurrence une «obligation morale» et des «intérêts de sécurité nationale».

Un vote « problématique » dans les deux chambres

La résolution devra recevoir l’approbation de chacune des deux chambres. Désormais, a recommandé le sénateur républicain Bob Corker, il est impératif que Barack Obama «dépense immédiatement toute son énergie pour convaincre les Américains». Quant à l’issue du vote, «elle peut être problématique dans les deux chambres», a-t-il reconnu.

Le changement de direction soudain de Barack Obama sur la Syrie traduit sa volonté de gagner du temps et des soutiens avant de s’engager dans ce conflit, au risque d’apparaître indécis et hésitant dans sa gestion des conflits internationaux.

Toute la semaine, l’administration américaine avait haussé le ton contre le régime de Bachar al-Assad, avançant le bilan de 1.429 morts dont 426 enfants dans une attaque chimique le 21 août près de Damas, selon un rapport du renseignement.

Vos réactions

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11. Eagle dit le 01/09/2013, 20:02

Toute personne connaissant la politique d'Obama n'est absolument pas surprise de cette décision. Tout au long de sa carrière politique, Obama n'a jamais pris une véritale décision, a toujours voté "Present" et n'a jamais assumé une responsabilité. Pareil ici, il veut que le Congrès vote, et tout coup il n'est pas responsable, il peut continuer à blâmer quelqu'un d'autre. L'utilisation du gaz ne date pas d'hier, il aurait du agir depuis longtemps. J'espère que le Congrès vote NON et laisse à Obama cette décision et malgré ce qu'il dit, il a le pouvoir d'agir.

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10. Suze dit le 01/09/2013, 17:42

Ils vont peut-être attendre le 11 septembre pour frapper un peu à droite et un peu à gauche aussi pour ne pas faire de jaloux.....

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9. Fol dit le 01/09/2013, 13:05

il faut arrêter de se ficher de nous ! tout était déjà planifié depuis longtemps : installer le chaos en Syrie puis le cueillir comme un fruit mûr ! tout le reste c'est du vent ! pas mal de spécialistes l'avaient prévu dont ilmet Sefar http://www.rtbf.be/video/detail_en-quete-de-sens-la-pensee-et-les-hommes?id=1773973

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8. nanash dit le 01/09/2013, 12:31

Comment le congrès pourrait-il voter "non" après le discours d'Obama ? Ce serait décrédibiliser les USA. Prendre position sur une intervention n'est pas facile. Non pas quant à l'incertitude des bombes chiques : vaut-il mieux qu'un enfant meure d'un bras arraché par une bombe conventionnelle que d'un empoisonnement ? Mais qui sait quelle est la part de la population favorable ou hostile à Assad ? Qui sait quels sont les intérêts américains ou français ? Qui ne garde en mémoire que chacune des guerres menées au nom de la paix ces dernières années n'a fait que déclencher ou prolonger des conflits ? Qui pourrait ne pas être fatigué de voir les USA jouer au gendarme du monde au gré de ses sympathies ? Voila plus de soixante ans que l'ONU, seul "gendarme" légitime s'il doit y en avoir un, devait apporter la paix mondiale. Et cet organisme n'est toujours pas capable de prendre des résolutions imposant des forces internationales d'interposition dans les régions en guerre[...]

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7. irontanga dit le 01/09/2013, 10:57

Il ne faut pas se réjouir trop tôt. Les Etats-Unis abritent une oligarchie cupide qui tire sa puissance en grande partie du désordre installé hors de ses frontières, et qui tire les ficelles à la maison blanche. Quand récemment Obama faisait allusions aux "intérêts cruciaux" qui se jouaient en Syrie, il pensait probablement à la dépendance économique des USA aux intérêts de cette oligarchie qui ne produit plus rien mais spécule sur tout, et fonde sa suprématie sur celle - artificielle - du dollar. Washington n'est pas prête à affronter le désordre intérieur, d'où la nécessité impérative pour le système de maintenir son hégémonie sur le monde. Ou périr. Cette histoire n'est pas finie. Les Russes et les Chinois jouent la guerre d'usure. Les Chinois - surtout - veulent éviter un effondrement brutal de l'Amérique, ce qui serait à la fois dangereux et très lourd de conséquences pour leur économie.

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