Le 11h02: rentrée, «vers un décret remodelé»
Le décret inscription ? La formation des enseignements ? Les problèmes de langue à Bruxelles ? Quelle doit être la priorité de cette rentrée scolaire ? On en a parlé avec Fabrice Voogt dans le 11h02.
Certains plaident pour la suppression du décret inscriptions dans le secondaire. Est-ce une bonne idée ?
L’opposition libérale parle de le supprimer et de revenir à l’ancien système où l’appréciation était laissée à la direction d’école. Cet avis n’est pas partagé par les autres partis, mais tous sont d’accord pour dire qu’il faudra l’améliorer.
Faut-il un décret similaire pour les primaires ?
La dualisation de l’école, le « déterminisme » scolaire, ce n’est pas à 12 ans que cela commence. Certains enfants sont voués à fréquenter des écoles moins prisées dès avant 12 ans et se privent ainsi d’opportunités d’entrer dans certaines écoles secondaires. Le but du décret, c’est de donner la même chance à chacun de fréquenter certaines écoles. Il faudrait donc un décret qui soit d’application plus tôt dans la scolarité.
Cette rentrée 2013 se situe-t-elle sous le signe de la pénurie d’enseignants ?
Le problème de pénurie n’est pas structurel, il se pose quand un enseignant tombe malade et qu’il faut le remplacer. C’est particulièrement criant dans certaines matières.
Quelques nouveautés pour cette rentrée 2013 ?
Des cours de 45 minutes au profit de la remédiation, par exemple. La volonté des ministres d’accorder plus de temps de remédiation est là mais les écoles se plaignent qu’on ne dégage pas suffisamment de plages horaires pour maintenir des élèves à flots. L’autre nouveauté concerne les frais scolaires demandés, ils doivent être plus transparents.
C’est plutôt une bonne chose ?
Oui, cela évite d’être surpris sur des frais auxquels on ne s’attend pas. C’est aussi une question d’égalité. Il n’y a pas de raison de faire de sélection dans les écoles sur base de l’argent.
Frank Andriat, professeur de français à l’Athénée Fernand Blum à Bruxelles, a récemment écrit un pamphlet, dans lequel il décrit l’école comme un véritable merdier.
Il est sincèrement inquiet de la manière dont évolue l’enseignement. Il reproche aux pédagogues en chambre d’être en décalage. Il lance un pavé dans la mare. C’est un peu comme le livre d’Alain Destexhe. On n’est jamais loin d’une forme de populisme. Maintenant, il est clair que les profs peuvent parfois se sentir dépossédés de leur métier. C’est pareil pour la remédiation : il faut avoir de bonnes idées et les moyens de les mettre en place.
La remédiation est-elle le vrai défi de cette rentrée ?
Oui, car l’échec coûte déjà beaucoup d’argent et qu’il fait énormément de dégâts humains. Rendons grâce à Marie-Dominique Simonet d’avoir tenté de lutter contre l’échec dès la maternelle. Il faut lutter contre un déterminisme qui voudrait que tout un chacun ne peut avoir accès aux mêmes écoles que d’autres plus nantis, car c’est avec une telle vision que l’on sacrifie plusieurs générations.
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Voir toutes les réactions Décret inscription Le vraie problème (outre le problème de place dans les écoles généralistes hormis à l'Est de Bruxelles où un certain nombre d'écoles susceptibles d'être attractives disposent encore de places libres) du décret inscription, n'est-il pas la présence de critère de type géographique. La ville est très duale. D'un côté, il y a des quartiers résidentielles (2ème ceinture) avec une forte présence de la classe moyenne et une population plutôt autochtone et mixte et de l'autre des quartiers populaires avec une population plus paupérisée et essentiellement d'origine allochtone. Des critères géographiques tant au niveau du secondaire, que du primaire (par exemple, à la ville de Bruxelles la priorité aux enfants de la ville) sont de nature à ghettoiser les écoles et vont à l'encontre de la volonté de mixité sociale et culturelle. En période de pénurie, il est bien de prévoir des règles, un processus d'inscription transparent et égalitaire mais les critères ch[...]




Décret inscription (suite) On pourrait par exemple s'inspirer des inscriptions centralisées par internet pour le primaire en néerlandais à Bxl. Ce système semble s'attirer beaucoup moins de foudre et semble plus facile en terme de gestion (et par les écoles et par l'administration) que le système francophone. Toutefois, j'ai moi même observé un défaut du système flamand en matière de mixité sociale et culturelle qui provient, je pense, de la priorité s