Anne Delvaux (CDH): «Certains ont voulu m’utiliser»

Gaspard Grosjean
Mis en ligne

LIEGE La faiseuse de voix du CDH à Liège secoue le cocotier de son parti. Et avertit : « Je pourrais remettre en question mon engagement politique. »

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Pour Anne Delvaux, il est urgent que le CDH liégeois se réforme en profondeur. © Martin Lahousse.
    Pour Anne Delvaux, il est urgent que le CDH liégeois se réforme en profondeur. © Martin Lahousse.

entretien

Pour Anne Delvaux, députée européenne et conseillère communale CDH à Liège, si le CDH liégeois ne se renouvelle pas, il est condamné politiquement.

Quelle est votre situation personnelle, à l’heure actuelle, au sein du CDH liégeois ?

Depuis mon élection aux communales et, un peu plus tard, celle du président du CDH de Liège-Ville (Serge Carabin, NDLR), on n’a pas réussi à s’accorder sur la composition du bureau. Il fut question de me faire devenir secrétaire politique, ce que j’ai refusé.

Pourquoi ?

Parce que je ne suis pas d’accord sur la signification de cette fonction. Je n’ai pas besoin d’un titre honorifique, je veux apporter, enfin, un renouveau nécessaire. Un secrétaire politique doit pouvoir définir les orientations politiques, même si, bien évidemment, les décisions doivent rester collectives. J’avais donc plus d’ambitions que celles qu’on voulait bien m’accorder. Quand les structures ne marchent pas, quand elles travaillent pour l’intérêt de quelques-uns, ça ne peut pas convenir.

Qu’allez-vous faire alors ?

Je vais poursuivre le renouveau avec tous ceux qui me soutiennent et ceux, nombreux, qui ont voté pour moi. Je fuis ceux qui n’ont pas compris ce que signifie le mot « renouveau » mais en utilisent l’étiquette. Ceux-là qui me reprochent, par exemple, de ne pas être assez sur le terrain. Je leur réponds d’ailleurs que nous ne fréquentons pas le même terrain.

Qui visez-vous particulièrement ?

Je ne ferai pas de délation, contrairement à d’autres. Mais je parle de gens qui sont là depuis longtemps et qui ne changent pas leurs méthodes. Il y a radicalement besoin de renouveau.

On vous a fait venir en grande pompe à Liège en vue des communales. Vous avez fait le premier score de la liste. Aujourd’hui, avez-vous l’impression qu’on vous a demandé de venir juste pour votre nom et votre potentiel électoral ?

Disons que certains ont eu comme conception de m’utiliser car il y avait un besoin d’amener des voix pour le CDH de Liège. Mais maintenant, on n’a soi-disant pas de place pour moi dans les structures internes ! Je rappelle que j’ai effectivement fait le premier score de la liste alors que je n’étais pas tête de liste et que les électeurs attendent le renouveau !

Et s’il ne vient pas ?

Un, je ferai tout pour qu’il arrive. Deux, je ne suis pas seule ! Il y a plein de jeunes qui s’impliquent à mort. Et trois, je dois tenter de convaincre la présidence qu’il faut de la place pour les jeunes à Liège. Si le parti ne va pas dans ce sens du renouveau, alors le CDH liégeois est condamné.

Vous souhaiteriez un soutien clair de Benoît Lutgen ?

Un soutien clair, franc et massif de la présidence serait en effet le bienvenu.

Pour 2014, vous visez toujours la tête de liste à l’Europe ?

Bien sûr. J’ai déjà figuré sur toutes les listes. Là, j’ai trouvé ma place, l’endroit où j’ai acquis mes compétences. Il ne faudrait pas encore me faire changer de crémerie !

Sinon, vous pourriez quitter Liège ?

Non, pas question.

Si vous n’obteniez pas la tête de liste à l’Europe et que, parallèlement, le renouveau ne se mettait pas en place au CDH liégeois, pourriez-vous quitter le CDH et même la politique ?

Si je constate que toutes les démarches que je fais, que tout mon investissement quotidien n’aboutit à rien et que, dès lors, je ne peux pas honorer mes engagements envers les citoyens, alors oui, je pourrais remettre en question mon engagement politique. Mais on n’en est pas là.

Osez la rencontre !