«Nous aidons les entreprises à identifier leur impact climatique»

Brigitte De Wolf-Cambier
Mis en ligne

La société CO2logic est une PME active dans le calcul, la réduction et la compensation des émissions de CO2 dans une optique de développement durable. Nous avons rencontré Antoine Geerinckx, un des cofondateurs et cogérants.

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Antoine Geerinckx, un des cofondateurs et cogérants de la PME CO2logic, active dans le calcul, la réduction et la compensation des émissions de CO
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. Photo 
: D.R.
    Antoine Geerinckx, un des cofondateurs et cogérants de la PME CO2logic, active dans le calcul, la réduction et la compensation des émissions de CO 2 . Photo : D.R.

entretien

Comment est née CO2logic ?

Je travaillais pour un bureau d’ingénieurs belge, le VK Group (VK Engineering, VK Studio…), spécialisé entre autres dans les bâtiments efficients. J’étais très intéressé par la construction durable. La question était de savoir comment récupérer les coûts résultant de cette démarche sur les prix au m2, sur les loyers. La construction durable représente beaucoup d’opportunités, surtout à Bruxelles, mais le développement durable ne concerne pas que le bâtiment. Il faut le situer dans une approche intégrée comprenant également le transport, la logistique, les déchets, l’agriculture et les matières premières, les emballages, l’énergie… En 2004, je me suis rendu compte que, contrairement à d’autres pays comme le Royaume-Uni, il n’existait pas, en Belgique, d’entreprise proposant de tels services pour accompagner les entreprises, leur permettre de réduire et compenser leur impact en matière de CO2. Aujourd’hui, on calcule le bilan CO2 de produits, d’entreprises, de projets d’infrastructure (ponts, chemin de fer…), de développements immobiliers, etc.

Il existe pourtant des certifications ?

Effectivement mais BREEAM, LEED, Valideo… sont des indicateurs de gestion et non des chiffres réels sur les consommations des bâtiments. Il s’agit souvent d’éléments théoriques (normes…) qui ne fournissent pas le bilan énergétique et l’impact climatique exact d’un bâtiment. Ces outils ne vont pas vraiment créer des plans d’action.

Comment procédez-vous pour réaliser un bilan environnemental ?

Nous aidons les entreprises à identifier l’impact climatique de leurs activités en leur donnant

un aperçu de l’impact des différents postes concernés (bureaux, usines, flottes, logistiques, déchets, comportements) et en établissant des priorités. On les calcule et on les transforme en équivalent CO2 pour que les données soient comparables. Nous essayons de rendre les entreprises plus compétitives en réduisant leur impact climatique et celui de leurs clients/utilisateurs.

Tout cela a un coût ?

Certaines personnes pensent encore que le développement durable coûte cher, mais c’est parce qu’elles commencent au mauvais endroit. Beaucoup d’entreprises ou de particuliers ont commencé par mettre des panneaux solaires sur le toit. Cela coûte cher à court terme car il faut 6-7 ans et parfois plus pour amortir l’investissement. Il faut d’abord éviter certaines consommations à travers une réflexion, un design, limiter les consommations en choisissant par exemple des chaudières plus performantes, des ampoules plus efficaces, en revoyant la mobilité, bref en menant des actions rentables dans l’année ou en deux ans. On évite des coûts récurrents inutiles pour investir dans les technologies du futur. Notre rémunération est fixe. Nous demandons un certain nombre d’éléments statistiques à l’entreprise : m2, sites, flotte, volume de production… Cela nous permet de préciser le nombre d’heures de travail. Avez-vous des clients dans le secteur immobilier ?

Dès 2007, Ertzberg, spécialisée dans la promotion immobilière, nous a fait confiance. Cette société développe un projet immobilier sur les 11 ha vendus par AB InBev à Louvain. Elle a notamment construit le Balk van Beel, le premier bâtiment résidentiel à avoir reçu une certification « BREEAM outstanding » en Belgique et Europe. Interparking va aussi très loin et est déjà neutre

en CO2 en France, Belgique et aux Pays-Bas. Nous travaillons également pour des entreprises, comme Besix, qui veulent rester à la pointe du développement durable.

Quels sont les défis pour le futur ?

Il y a 5 ans, nous avons réalisé une étude montrant que +/- 90 % du CO2 provenait de l’utilisation d’un bâtiment (gaz, électricité, etc.). Environ 8 % étaient générés par les matériaux utilisés (acier, béton, verre, zinc, bois) et le reste par le chantier lui-même. Avec les normes passives et basse énergie, les 90 % provenant de la consommation d’énergie des bâtiments vont se réduire. Cela signifie aussi que les autres postes représentent un des défis à relever. On remarque déjà que de plus en plus de fournisseurs de matériaux (acier, aluminium, béton, ciment, bois, verre, zinc) commencent à travailler sur cet aspect en vue d’atteindre des bilans CO2 moins élevés, voire une production neutre en CO2.

Une des grandes opportunités de changement se trouve dans les mains des adjudicateurs, développeurs, architectes et ingénieurs, ils ont aussi le pouvoir d’exiger des produits plus durables issus d’entreprises de plus en plus durables.

Au Pays-Bas, il y a déjà la « CO2-prestatieladder » (échelle de prestation CO2) qui permet de donner des avantages d’attribution aux entreprises qui font des efforts au niveau de leur bilan CO2. Ce système a créé un effet boule de

neige car l’adjudicateur demande aux fournisseurs de calculer et réduire leurs bilans CO2 qui demandent à leur tour à leurs fournisseurs de calculer et réduire leurs bilans CO2, etc. Toute la chaîne devient de plus en plus « low carbon », à faible intensité en carbone.

Vos réactions

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3. Loki dit le 02/09/2013, 14:59

Le développement durable devrait peut-être commencer à s'attaquer à ces pratiques aussi honteuses que généralisées qui ont pour nom général "obsolescence programmée". Cela dit , on peut vraiment se demander quelle utilité a ce genre de société par rapport au réchauffement quand on sait que l'europe ne représente que 15% des émissions anthropiques de CO2 de la planète. Ce qui est vraiment étrange c'est que c'est l'europe qui se montre la plus virulente dans la "guerre" déclarée au CO2... Les "non-élus" de l'axe Strasbourg - Bruxelles sont en train de scier l'économie européenne à la base et personne ne bronche !!!

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2. Zete dit le 02/09/2013, 11:56

1. Mundele, Je suis rarement d'accord avec vous mais là, on ne peut que l'être. Plus que ça, notre système, que tout le monde défend, à un impact climatique. Explique t'il que les quota de CO2 des entreprises sont sur un marché? Que des pays rachètent ou revendent?

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1. Mundele dit le 02/09/2013, 11:26

Respirer a un impact climatique... vivre a un impact climatique... cela ne veut donc rien dire mais permet de faire de l'argent en se donnant une sorte de "bonne conscience écolo"... comme dans d'autress religions on doit faire ses pâques, ou aller à la mecque...

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