Le week-end foot en un coup d’œil

Vincent Joséphy
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Malgré un samedi peu folichon, la planète foot a vibré en Belgique (avec le Standard et Anderlecht) et dans le reste de l’Europe : grâce à Bale, bien sûr, mais aussi grâce à Thibaut Courtois. Le résumé du week-end foot.

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Le championnat du week-end

Même les analystes les plus célèbres d’Europe, style Johan Cruyff, Gary Lineker ou nosse « DD » D’Onofrio dont les envolées lyriques s’élèvent tout de même plus haut que les mottes de terre que les supporters ingrats du Standard lui envoyaient en pleine tronche quand il entraînait les Rouches, en conviennent désormais : malgré le niveau de la Premier League, de la Liga, de la Bundesliga voire même de cette Serie A nettement moins hermétique que par le passé (43 buts ce week-end, alors que le grand Biglia n’a pas marqué et que le petit Mertens est resté sur le banc !), le vrai championnat du top, aujourd’hui, c’est bel et bien la Jupiler League. Paraît même qu’en Asie, c’est la frénésie totale dans certains bars un peu louches, et plus uniquement pour assouvir les paris clandestins de malotrus voulant traficoter notre compétition qu’on nous envie aux quatre coins du globe. Voire même de l’univers.

Bon, ok, samedi ce ne fut pas folichon, folichon malgré les efforts remarquables de Serge Guminenny d’offrir un péno cadeau à Gand pour un plongeon avec demi-vrille pointe des pieds tendues coté à 9,2 par le jury montois suite à une douce caresse de ce poète un peu pataud qu’est Pieterjan Monteyne sur le nouveau Yaya de la D1 belge, Soumahoro. Pour le reste, on a eu droit à un bon 0-0 des familles derrière les anciennes Casernes entre Malines et le Lierse (miam), à un formidable (copyright Stromae, le Faris Haroun de la scène belge) 1-0 entre Lokeren et les Côtiers mieux cotés d’Ostende (miam) ainsi, surtout qu’à un excellentissime Cercle-OHL marqué par l’absence intolérable du duo Verbist-Ruytinx (miam) !

Dimanche, après cet « Absooooolutely incredible Saturday », on a eu droit à un traditionnel « Super Sunday » de feu (si, si, n’ayons pas peur des mots) avec non pas deux ou trois mais bien quatre matchs au programme ! Et pas des moindres puisqu’il impliquait directement nos quatre formations encore engagées sur la scène européenne, où le Real de Bale (l’homme qui valait 4 milliards d’anciens francs belges) voire le Barça de Messi (trois buts seulement ce week-end, à Valence) commencent déjà à avoir les gambettes qui flageolent en imaginant un duel avec ces Belges qui sont au moins les plus braves du Vieux Continent.

Bref, dimanche, on ne s’étendra pas trop, faute de temps, sur le bon partage de Charleroi face à Genk grâce au 4e but en autant de matchs de son Tintin offensif à la houppette de travers, David Pollet. On ne dissertera pas davantage sur le nouveau succès de Bruges à Waasland-Beveren, où le dandy local, Glen De Boeck cherche encore la solution avec ses trop nombreux renforts dont il n’a sans doute pas encore appris tous les noms. Par contre, que dire encore à propos du Standard version Gaille Louzonne ? Face à Courtrai, trois jours après avoir enficelé les bouchers de Minsk, le « Crazy One » de Sclessin a de nouveau conduit ses troupes au succès , le 12e de rang (!), sans pour autant que celles-ci brillent de mille feux. Deux phases arrêtées ont fait la différence : un péno de Mpoku, l’homme à la coiffure autoroute-éclairée (un hommage à la Belgique, assurément) suivi, cinq minutes plus tard, d’un coup de boule de Ciman, le clash de l’axe défensif infranchissable des Rouches. Avec son 18 sur 18, le Standard est plus que jamais seul sur sa planète rouche alors qu’il vient, en outre, d’accueillir un Medhi Carcela apparemment relooké par David Jeanmotte au lendemain de RTBF DJ Experience. Et tout cela sans avoir encaissé le moindre but !

En Angleterre, Simon Mignolet, le Kawashima d’Anfield (3 clean-sheets de rang) a encore pas mal de pain sur la planche avant d’égaler le portier japonais autrefois décrié. Comme Gaille Louzonne, tiens…

Le succès du week-end

Il est venu du stade Arc-en-ciel de Zulte-Waregem. Opposé à Anderlecht, qu’il avait failli priver du titre l’an dernier, le club flandrien nous a offert un match fantastique, avec, bien sûr, la complicité des secteurs offensifs et défensifs anderlechtois. Parce que franchement, si on peut citer l’excellente prestation de Thorgan Hazard , qui a un pied dans les quatre buts locaux mais a manqué un penalty « tiré comme un clown », ou celle de Frank Berrier, qui a offert ce succès de sa tête toute dégarnie en guise de cadeau d’adieu pour sa toute première touche de balle du match, comment ne pas stigmatiser ici les forces et faiblesses du noyau anderlechtois ? Au niveau des forces, on va faire court. On retiendra bien sûr ce magnifique but de Demy « petit d grand Z » de Zeeuw. Forcément, quand on a les pieds carrés, il est plus facile de planter le ballon en plein dans la lucarne droite alors qu’on visait le ras du sol à gauche, mais bon. On épinglera aussi la moustache frétillante de Kljestan, buteur en début de match, mais surtout l’entrée percutante d’Aleksandar Mitrovic, la nouvelle perle de John de la Mobylette.

L’homme qui valait 5 millions – soit à peine un vingtième de Gareth Bale, n’exagérons rien – n’a que 18 ans (soit la moitié de Deschacht, non ?) et apparaît comme un tout grand en puissance. Passons sa coiffure boule à facettes rabotée d’une moitié pour nous focaliser sur son jeu. En 45 minutes, le Serbe a démontré qu’il pouvait bouger une défense, offrir des buts (deux assists) et possède un caractère fort à la Jestrovic qui lui valut de râler après le match de ne pas avoir su marquer. Rayons faiblesses, comment ne pas stigmatiser la défense dans son ensemble ? Olivier Deschacht, qu’on avait quasiment vu en larmes (séquence émotion) lorsqu’il était venu défendre sa cause pour la première rouge de sa carrière, est désormais un collectionneur du genre et il ne se perdra plus dans les dédales de la maison de Verre au moment de sa convocation. Certains le surnomment même le Laurens De Bock mauve, c’est dire. Bram Nuytinck a confirmé toutes ses limites, qui feront sans doute le régal de Cavani ou d’Ibrahimovic en C1.

Quant à Cheikhou Kouyaté, Zulte ne lui réussit décidément pas : déjà privé de la fin du match du titre, il a de nouveau été exclu pour une faute très légère, il est vrai. Enfin, n’oublions pas Proto, qui a sauvé un péno (ça mérite d’être souligné) mais s’est pris quatre buts, notamment en raison de l’absence de défenseurs positionnés à ses poteaux. Ce qui, d’après ses dires en interview, n’est apparemment pas un choix délibéré de sa part. Bon, après ça, on reste calme, les gars. Quand les six points de retard sur le Standard seront divisés par deux, tout restera jouable. Suffit juste d’être prêts pour les PO1.

Le portier belge du week-end

Étant donné que Marc Wilmots se refuse obstinément et incompréhensiblement à faire confiance à un portier qui évolue en Jupiler League, style un Proto, un Kawashima (ah merde, on peut plus le naturaliser), un Boeckx (0 but encaissé, si, si) voire un Bossu(t) comme Verbist, on doit forcément se tourner vers l’étranger pour assister aux prestations trois étoiles de nos derniers remparts noir-jaune-rouge. À ce petit jeu, force est de constater qu’on est gâtés. Bien sûr, Koen Casteels a légèrement foiré sur deux des six buts qu’il a encaissés avec Hoffenheim à Stuttgart, mais sur les quatre autres il ne savait rien faire et il est surtout resté sur la pelouse, ce qui est plutôt signe d’un caractère fort, jamais abattu par les difficultés. Et puis il y a les deux autres extraterrestres que l’Europe va vraiment finir par nous envier. Réserviste sur le banc du Heysel, Saïmon Mignolet est déjà un héros à Anfield, qu’il a rejoint cet été en provenance de Sunderland.

Depuis neuf ans, Liverpool n’avait plus débuté sa saison sur un 9 sur 9. Et tout cela grâce à qui ? À Daniel Sturridge, buteur à trois reprises lors de ces trois premiers matchs remportés sur un score Liverpool (ex Arsenal même si Arsenal l’a réussi aussi), mais aussi au portier belge, qui n’a toujours pas encaissé en championnat cette saison. Pour info, dimanche, c’était Manchester United en face, pas Waasland-Beveren. Même si Rooney était absent, van Persie et Welbeck, c’est tout de même autre chose qu’Oumarou ou Veselinovic, non ? Sentant le souffle de la concurrence, Thibaut Courtois n’est pas resté inactif, dimanche soir. Sur la pelouse de la Real Sociedad, qui vient tout de même de sortir aisément le roi (déchu) Lyon en préliminaires de la C1, le Limbourgeois s’est imposé en sortant des arrêts exceptionnels, dont celui-ci :

Le tout en expliquant calmement après coup qu’il a eu «  un peu de chance d’avoir eu un bon réflexe  » et que «  ce succès était avant tout celui de toute l’équipe  ». Modeste, excellent, travailleur : ce gars-là a tout dans ses mains aussi grandes pour détrôner Cech de son but à Chelsea. Voire de soulever de nombreux trophées ! Maintenant place aux Diables. Et à ce match capital en Ecosse, 12 ans après le coup de boule inoubliable de Big Dan…

Vos réactions

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3. troubadour dit le 03/09/2013, 06:45

qui rira bien rira le dernier et je rigole déjà aller ciaooo troubadour.

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2. el tiburon dit le 02/09/2013, 13:02

C'est triste un article de foot sans un commentaire de Troubadour !

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1. el tiburon dit le 02/09/2013, 13:00

C'est triste, un article de foot sans un commentaire de l

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