L’avenir noir de l’aérodrome
SAINT-HUBERT. Vendredi, l’intercommunale Idélux a décidé de quitter la société de gestion de l’aérodrome, dont elle détient 70 %.Un clou de plus dans le cercueil de celui-ci.
Pour la région de Saint-Hubert, où l’on ne peut dire que l’activité commerciale et industrielle soit florissante, c’est un nouveau coup dur. Le 31 décembre prochain, l’aérodrome de Saint-Hubert – dédié au vol en planeur, en hélicoptère, en ULM et à l’aviation de tourisme – pourrait cesser toutes ses activités.
Vendredi, Idélux a en effet décidé de quitter la société de gestion du site, dont elle détient 70 % des parts (pour 30 % à la Sowaer, la Société wallonne des aéroports). L’espoir serait de trouver rapidement un repreneur. Ou de voir soudainement un opérateur public se manifester. Objectivement, il est ténu. Car on peut vraiment se demander qui souhaiterait reprendre tel quel un outil qui souffre d’un déficit financier, chronique depuis de nombreuses années, qui oscille : entre 200.000 et 300.000 euros par an.
Pourtant, le scénario aurait pu être tout autre. En mai 2010, Idélux reprend la gestion du site et annonce un plan de redéploiement qui passe par la création d’une piste en dur, d’un zoning d’activités économiques, d’un centre de formation Technifutur… Mais l’intercommunale estime que les pouvoirs publics doivent garantir le déficit pour les dix ans à venir. La Province promet 100.000 euros jusqu’en 2016, la commune de Saint-Hubert 50.000 euros…
Mais le compte n’y est pas. Et l’intercommunale a dû constater que ni la Région wallonne ni aucun autre organisme public ne consentaient à intervenir. Son conseil d’administration a donc décidé de jeter le gant.
Une décision dans laquelle a aussi pesé lourd le fait que des utilisateurs de l’aérodrome ont introduit un recours au Conseil d’Etat contre le projet de zoning d’activités économiques. Or, celui-ci devait contribuer au redressement du site. « L’auditeur du Conseil d’État donnait raison à ceux qui avaient introduit le recours. Nous avons donc retiré notre projet de zoning », note, un peu amer, Elie Deblire, président d’Idélux, qui insiste sur le fait que la décision de son conseil d’administration n’a pas été prise de gaieté de cœur.
Le personnel a d’ores et déjà été averti que les contrats Idélux se termineraient fin d’année. Dix emplois vont donc passer à la trappe.
Une histoire de 80 ans
Si aucun repreneur ne se manifeste, c’est un trait sur plus de 80 ans d’histoire qui sera tiré. C’est en effet au tout début des années 1930 qu’un premier champ d’aviation est installé sur le plateau. En 1933, on y crée une école d’aviation. Treize ans plus tard, l’État belge reprend la gestion du site et en 1958 on porte sur les fonts baptismaux l’aéro-club des Ardennes. On y connaît alors les premiers vols en planeur. En 1960, le Centre national de vol à voile quitte Temploux pour venir s’installer en terre borquine.
En 1992, régionalisation oblige, l’aérodrome passe sous le contrôle du ministère de l’Equipement et des Transports. En 2003, le gouvernement wallon confie la gestion de Saint-Hubert à la Sowaer, qui crée une filiale un an plus tard, la SA Société de gestion de l’aérodrome de Saint-Hubert. Les déboires seront légion…
Finalement, en mai 2010, Idélux intervient et reprend la gestion à son compte.



