Le manager sert son client, pas un parti
Des patrons d’entreprises publiques peuvent-ils avoir une couleur politique ? La raison tendrait à dire « non », pour s’assurer de leur capacité à résister aux « injonctions » du parti qui les a nommés. Avouons cependant notre perplexité suite à l’histoire récente. Dans les années 80, l’institution publique de crédit la plus performante, dirigée dans l’intérêt de son personnel, de ses actionnaires mais surtout de ses clients, était sans conteste le Crédit communal. La raison ? La présence à sa tête d’un dirigeant sans couleur politique, qui savait tenir les politiques à distance, refusant au Parlement, un projet de regroupement basé sur un stratego politique plus qu’économique. Mais la saga du Crédit communal devenu Dexia, prouve que l’équation n’est pas parfaite : c’est l’ego surdimensionné d’un manager français, qui ruinera le groupe quelques années plus tard, alors que l’Etat et la politique n’avaient quasi plus rien à y dire.
Si la désignation d’un patron en raison de sa couleur politique gêne, il est surtout criminel que cela se produise de plus pour de mauvaises raisons. Cela s’est vu : on nomme un homme (ou une femme) pas spécialement compétent ou doté d’un réel tempérament, parce qu’il mérite une récompense ou un avenir, parce qu’il saura défendre les intérêts de la famille politique. Etre manager ne s’improvise pas, transformer une entreprise publique, est un défi d’une complexité inouïe, qui demande à la fois de veiller au service public, tout en garantissant la rentabilité, seule garante de la pérennité. Il faut affronter des conservatismes et éviter les projets insensés. La nomination politique est souvent critiquable parce qu’elle n’est pas assortie de transparence sur le processus de sélection, l’adaptation du profil de la personne au défi de l’entreprise. La feuille de route et les objectifs fixés doivent aussi être clairs.
Les nominations sont un moment crucial pour des milliers de clients/employés/actionnaires, et pas une distribution de prix entre amis.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Etre manager d'une entreprise publique est plus difficile, parce qu'il faut garantir la rentabilité, en plus des exigences liées à un service public. En contrepartie, il est important de sauvegarder le monopole de l'entreprise publique sur certains créneaux de marché. Il est important aussi que le capital soit public, sinon cela n'est plus une entreprise publique. Sujet complexe en effet.
Les administrateurs privés d'autres banques n'avaient pas vu venir non plus la tempête provoquée par la déréglementation.
Le manager sert la rentabilité de l'actionnariat. Le client est seulement une contrainte parmi d'autres éléments.
" pas une distribution de prix entre amis" ? Mais si, chère Madame Delvaux, c'est ça et rien que ça. Est-ce aujourd'hui que vous le découvrez?



Pour moi, rien de complexe: une exigence primordiale: la compétence. Si l'entrprise doit être publique, ce n'est pas parce qu'on y met un personnage politique que son capital deviendra public, il suffit de l'exiger dans les statuts, et puis c'est tout. Utile pour garantir un monopole? En principe, je n'aime pas les monopoles, mais si cela s'avérait nécessaire, il y a toujours moyen d'arranger ça, sans l'intervention d'un homme politique! Distribuer des récompenses entre amis en le nommant dans des emplois, c'est injuste, et pervers et cela devrait disparaître si les politiciens ne gardaient pas cela très précieusement dans leurs trésors de guerre.