Annecy, un paradis pour les parapentes

Anne-Catherine de Neve
Mis en ligne

La jolie ville d’Annecy, au coeur de la Haute Savoie, est connue pour son lac d’azur et ses airs de station balnéaire lovée dans un écrin montagneux. C’est aussi l’un des sites de vol libre les plus réputés en Europe. On a tenté le grand saut.

Au-dessus des eaux bleu turquoise du Lac d’Annecy, prenant leur envol depuis les montagnes escarpées qui le bordent, les voiles multicolores des parapentes dessinent sur les grands ciels dégagés d’été des guirlandes nonchalantes qui semblent se balancer au gré du vent.

A regarder, depuis la terre ferme, ces ribambelles indolentes de fous insolents narguer la gravité, on se prend à rêver à voler. On ferme les yeux, on imagine le panorama grandiose et émouvant, on pressent le vent dans les cheveux, le souffle coupé de la hauteur, la montée d’adrénaline…

Vol de pente

Dérivé du parachute, le parapente a vu le jour dans les années septante à Mieussy, petit village de montagne à un jet de pierre d’Annecy. L’idée à la base de ce qu’on appelait alors le vol de pente est de décoller depuis une pente, parachute déployé, à la force conjointe de ses jambes et du vent. Les premiers vols entraînent les pionniers équipés de parachutes légèrement revisités à quelques centaines de mètres de leur point de départ. Le parachute sans chute est né ! Ce sera le parapente.

Le succès est immédiat et immense. La première école est créée à Annecy et, avec les innovations techniques qui façonnent des voiles de plus en plus performantes, le parapente devient un sport aérien à part entière, aujourd’hui pratiqué par des milliers d’adeptes dans le monde, partout où il y a du vent et une falaise ou, à défaut, une pente.

La vallée des fous du vent

Si la Haute Savoie est connue comme le pays du vol libre, la vallée d’Annecy en est certainement le paradis. On reconnaît les pilotes qui arpentent la montagne à leur teint hâlé par le vent et le soleil, à leurs airs de baroudeurs et au gros sac à dos qui abritent leur voile, prête à se déployer, encore et encore. Ils affluent à Annecy des quatre coins du monde pour profiter des treize sites de décollage accessibles, de conditions d’aérologie exceptionnelles et de la beauté époustouflante du cadre.

Les jours de beau temps, quand la saison de vol bat son plein, il n’est pas rare que le seul Col de la Forclaz, l’un des spots les plus courus, compte plus de mille décollages et qu’un régulateur de vols y soit nécessaire pour en gérer le flux.

Le frisson du premier saut

A ceux que le grand saut tente, les écoles de parapente – naturellement très nombreuses dans la région – proposent des vols découverte en biplace qui n’exigent ni compétences ni préparation spéciales, si ce n’est naturellement un brin de courage pour se jeter à l’air. Car, pour chevaucher les ailes du vent, il faut commencer par se lancer et c’est certainement le plus difficile. Quoi ? Se jeter du haut d’une falaise ? Dans le vide ? Vous n’y pensez pas ! Hé bien non, justement : en conditions de vols normales, il n’est ni nécessaire de sauter ni même de tomber. Ce qui est d’ailleurs le plus étonnant finalement, c’est que tout se passe sans la moindre sensation de chute.

Correctement harnaché dans le giron de votre moniteur, il vous suffira de donner quelques coups de jambes sur la « pelouse » ou le tapis qui sert de piste de décollage pour « prendre une bulle » (prendre une ascendante), à l’ombre de votre voile. Avec un peu de chance, vous prendrez de l’altitude et éviterez de « chasser l’écureuil » en « ratassant » au sommet des arbres (ne pas réussir à monter), et si votre cœur est bien accroché, vous ne poserez aucun « renard » (vomir en vol).

Libre comme l’air

Là-haut, il y aura vous, votre moniteur, le soleil, le vent dans votre voile, les sauts d’un chamois effrayé par votre passage ou la compagnie silencieuse d’un rapace. Il y aura ce suffocant sentiment de liberté et la satisfaction étonnée d’avoir accompli le plus vieux rêve de l’humanité : voler… Une fois en bas, il vous restera – sans doute – la folle envie de remonter et recommencer. Vite ! Car, comme le dit Bastien, moniteur de parapente depuis 20 ans, ce que vous risquez le plus, c’est, finalement, de vouloir recommencer.

Les pieds sur terre

Pour autant, la pratique du parapente n’est pas sans risque, même si avec deux décès par an en moyenne pour plus de 140000 décollages rien qu’à la Forclaz et à Planfait, c’est l’un des sports de montagne les moins risqués. Avant de se lancer, il convient cependant de bien se renseigner sur les conditions de sécurité et de sérieux dans lesquelles seront pratiqués les vols de découverte. L’Ecole française de vol libre, réseau des écoles françaises de vol libre, rassemble sur son site toutes les informations utiles à celui qui veut découvrir et s’initier à la pratique du vol libre en France.

Osez la rencontre !