Le Silex’s ouvrira ses portes en 2015

Eric Deffet

Trois mots clés pour le projet: nature, culture et aventure. L’aventure? La descente dans une mine pour 5.500 personnes par an au maximum.

  • Les futurs visiteurs en surplomb d'un champ de fouilles et d'un puis qui sera accessible à 5.500 personnes. © D.R.
    Les futurs visiteurs en surplomb d'un champ de fouilles et d'un puis qui sera accessible à 5.500 personnes. © D.R.

L’aventure du centre d’interprétation des minières néolithiques de Spiennes est une très, très longue histoire. Nous ne faisons pas référence ici à l’époque où nos ancêtres préhistoriques ont entrepris d’exploiter cette campagne riche en silex, il y a 6.400 ans, mais plutôt aux longues années de réflexion et d’atermoiements à propos de la mise en valeur scientifique et touristique de l’endroit.

Mais le passé est le passé, c’est le cas de le dire : en 2015, année qui verra Mons hériter du titre de capitale européenne de la culture, le village proche du chef-lieu accueillera les visiteurs dans des conditions enfin décentes sur les champs de silex, et sans perturbation excessive pour le voisinage et l’environnement.

Les locaux imaginés par le bureau d’architecture Holoffe et Vermeersch sont sobres et discrets, intégrés au paysage. Ils feront appel aux techniques muséologiques les plus modernes, mais sans bousculer l’équilibre fragile de ce site archéologique majeur et en veillant à préserver le travail des chercheurs penchés sur ces anciennes mines depuis leur découverte en 1867.

Le grand public mesure mal le caractère extraordinaire du site de Spiennes. Durant des siècles, des hommes en voie de sédentarisation y ont exploité le sous-sol. Le silex de très bonne qualité qui s’y trouvait fut transformé en outils et en armes. Un commerce a pris forme. Les pierres taillées ici ont circulé partout. Sur une centaine d’hectares, des puits de mines ont été creusés par milliers, transformant le sous-sol en un incroyable gruyère blanc.

L’Unesco ne s’y est pas trompée : en 2000, elle a classé les minières au patrimoine mondial, catégorie « génie humain », au même titre par exemple que les pyramides égyptiennes.

Depuis lors, l’idée de moderniser l’accès aux anciens chantiers a progressé : elle se concrétise aujourd’hui pour un budget de l’ordre de 2,5 millions d’euros en provenance de la Wallonie et de l’Europe. Le coût pour Mons est minime : 10 % du total.

Une fois ouvert aux visiteurs, l’endroit s’appellera « Silex’s ». Il s’articulera autour d’un bâtiment circulaire de 800 m2 avec parcours scénographique, espace de projection ou espace de fouilles. Un soin particulier sera apporté aux abords du centre d’interprétation : une signalétique de qualité est prévue pour guider l’amateur de tourisme « intelligent » sur la trace des mineurs de l’ère néolithique. Spiennes sera le lieu d’arrivée d’une belle promenade pédestre ou cycliste au départ du Waux-Hall montois.

Mais une question brûle les lèvres de tous les amateurs de (très) vieilles pierres : sera-t-il possible de plonger dans le sous-sol de Spiennes sur les traces des forçats d’autrefois ? Des puits et des galeries sont déjà accessibles aujourd’hui. Dès 2015, leur découverte à neuf mètres sous terre se fera sur réservation pour 5.500 des 20.000 visiteurs espérés chaque année, histoire de ne pas ravager les lieux. Mais pour tous les autres, promis, la promenade, le musée, le champ de fouilles ou les expositions vaudront à elles seules le déplacement.

Visites et ateliers prévus à Spiennes ces 7 et 8 septembre à l’occasion des Journées du Patrimoine. Infos : www.mons.be