Syrie: les députés français divisés sur une intervention militaire

Didier Zacharie
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Les parlementaires français ont débattu sur l’éventuelle intervention militaire de la France en Syrie. Et leur soutien à François Hollande est loin d’être acquis.

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Le Premier ministre Jean-Marc Ayraut
    Le Premier ministre Jean-Marc Ayraut
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Le président de l’UDI (centre-droit), Jean-Louis Borloo
    Le président de l’UDI (centre-droit), Jean-Louis Borloo
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Le chef de file UMP à l’Assemblée, Christian Jacob
    Le chef de file UMP à l’Assemblée, Christian Jacob

Comme le veut la Constitution lorsque la France s’apprête à intervenir militairement, le Premier ministre a tenté de convaincre les députés, les a informés et a répondru à leurs questions. Pour résumer ce débat à l’Assemblée nationale qui s’est terminé sans vote, le journaliste du Monde Alexandre Lemarié a tweeté ce bon mot : « La majorité se place du côté de la morale, l’opposition du côté du droit  ».

Plusieurs points posent problèmes à l’opposition, UMP et UDI (Borloo) en tête :

1. L’absence de feu vert du Conseil de sécurité de l’ONU et de base juridique internationale

Réponse du Premier ministre Jean-Marc Ayraut : « Bien sûr, une action concertée du Conseil de sécurité serait souhaitable ; mais depuis deux ans, la Russie et la Chine ont bloqué toute initiative  ».

Les députés de l’opposition ont également souligné l’isolement de la France au sein de l’Union européenne sur cette question syrienne. Ayraut a répété que la France espérait une grande coalition avant d’intervenir.

2. Le manque des preuves concernant l’utilisation des armes chimiques

Christian Jacob, chef de file UMP à l’Assemblée : « L’utilisation de gaz est un tabou absolu mais c’est à l’ONU et à elle seule de nous dire comment et par qui les gaz ont été utilisés ».

Jusqu’ici, le gouvernement français se base sur des éléments récoltés par leurs services de renseignements.

Réponse du Premier ministre : « les enquêteurs de l’ONU ne pourront que constater l’usage de l’arme chimique ».

3. Préférence à une solution politique

Ayraut: « Oui la solution sera politique et non militaire (…) Mais si nous ne donnons pas un coup d’arrêt à de tels agissements, il n’y aura pas de solution politique. Car quel serait l’intérêt de Bachar el-Assad quand il sait qu’il peut « liquider » l’opposition ? », a-t-il insisté.

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian a quant à lui répété que « la réponse militaire n’a pas pour but de renverser le régime mais de mettre fin à l’immunité. Sans ça, Bachar el-Assad n’aura aucune raison à venir négocier une solution politique ».

4. La nécessité d’un vote à l’Assemblée

« La décision de s’engager ne dépend plus de nous mais de l’issue de la rencontre Obama-Poutine et du vote du congrès américain », a lancé le chef de file des radicaux de gauche. « Organiser un vote permettrait à la France de retrouver son autonomie de décision. »

Cette volonté du vote à l’Assemblée, auquel le président n’est pas soumis, est partagée par toute l’opposition. Mais elle ne semble pas dans les plans de François Hollande. Selon Jean-Marc Ayraut, le chef de l’Etat doit « conserver sa libre appréciation » et son « pouvoir de décision ». « En toute hypothèse, la décision ultime ne pourra être prise par le président de la République que lorsque sera constituée la coalition, seule à même de créer les conditions d’une action ».

Vos réactions

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5. janepeeters dit le 05/09/2013, 07:41

LE NOUVEAUX ROI SOLEIL ... s'est levé ! Il s'appelle Holandouille ! Espérons qu'il y a rapidement une nouvelle révolution française !!!

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4. Labrador dit le 04/09/2013, 21:54

Le Courrier International - Vu d'Algérie : www.courrierinternational.com/article/2013/09/04/francois-hollande-ce-terminator-a-la-botte-des-americains Atlantiste, la France a perdu la sympathie qu'elle avait regagné pendant la décolonisation en Afrique du Nord. Atlantiste, la France a aussi perdu son rôle de transmission avec l'Europe méridionale, dépourvue de soutien face aux attaques des financiers anglo-saxons lorsque ceux-ci ont provoqué la crise de l'euro. En soumettant la France comme il l'a fait, Bush a aussi frappé le coeur de l'Europe. Comme en Afrique du Nord, je ne sais pas si de tels dégâts peuvent être réparés.

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3. adej dit le 04/09/2013, 21:21

west countries cicus Attaquer la Syrie n'a rien de glorieux Quand on ne peut régler les problèmes intérieurs, on crée des guerres Après la Syrie, ce sera l'Iran C'est un jeu (c'est dommage d'utiliser jeu) plus complexe Les pays occidentaux veulent le pétrole, Israel veut la guerre avec l'Ian En cas de guerre avec l'Iran, le détroit d'Ormuz sera bloqué Il faudra bien faire passer le petrole quelque part, La syrie permet de faire passer les oléoducs On se retrouve dans le même cas de figure que les Russes avec les Chechenes Suivez les lignes de gazoduc et les lignes d'oléoduc, vous comprendrez mieux le pourquoi des guerres On avait supposé et inventé les armes de destruction massive en Irak, maintenant on nous remasse les plats avec les armes chimiques, les gaz, (traumatisme et culpabilité après la 2e guerreà, On oublie l'agent orange des américains au Vietnam Que de manipulations La 3e guerre mondiale accourt, c'est la faucheuse, que de generations perdues

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2. Mouflette dit le 04/09/2013, 21:04

Bien fait pour ce pitoyable flan.

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1. Labrador dit le 04/09/2013, 21:02

La France et les autres Européens n'ont strictement rien à gagner à bombarder la Syrie. Le ris que est de compliquer nos relations avec les Arabes, faire encore plus de morts et endosser une responsabilité qui n'est pas la nôtre, voire des représailles qui ne nous concernent pas. Sauf pour se rassurer en comptant ses vassaux, Washington n'a pas du tout besoin de la France pour continuer à détruire et bombarder la Syrie. Soit Washington termine seule ce qu'elle a entrepris avec ses mercenaires, soit elle renonce à son agression et répare les dégâts commis.

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