60 emplois menacés à Molenbeek

Marie De Schrijver
Mis en ligne

La perte de 60 emplois pour cause de délocalisation faire réagir travailleurs et politiques.

Les 60 emplois bruxellois de la firme de call-center Teleperformance sont au centre d’une procédure Renault, lancée en juillet dernier. Le cas de cette entreprise et de son personnel, installés à Molenbeek, a fait réagir les élus communaux, majorité et opposition confondues, ainsi que les élus régionaux.

Etant donné les raisons économiques évoquées par Teleperformance, qui annonce vouloir délocaliser le call-center en Hollande, les travailleurs sont allés à la rencontre de deux des principaux clients, Eni et Mobistar. « Le son de cloche est complètement différent. Ces deux firmes disent vouloir au contraire développer leurs activités en Belgique. Dans pareil cas, les travailleurs ont la volonté de garder les activités et ces emplois à Bruxelles », explique Sedef Selampinar, employée de Teleperformance.

Plusieurs conseillers communaux molenbeekois ont sollicité, dans une lettre commune, les élus de la Région bruxelloise pour que, via Mobistar, ils interpellent le call-center afin d’obtenir le maintien des postes de travail à Molenbeek. La Région, via le produit Irisnet, étant un client important de Mobistar. « Pourquoi avons-nous pris cette initiative ? Il est important de s’occuper de l’emploi dans notre commune. De se bouger, d’interpeller : l’entreprise, la commune, la Région ; et ce même si nous disposons de peu de leviers », expose Dirk De Block, conseiller communal PTB, initiateur de la prise de position.

Devant la menace de licenciement collectif ou de fermeture de l’entreprise, les travailleurs ont donc décidé de ne plus envisager le plan social, mais veulent sauver les emplois. « Le coût des salaires est invoqué, c’est un mauvais argument. La productivité est bonne, il y a des outils tels que des subsides à disposition en région bruxelloise. D’autres entreprises se développent. Il s’agit ici d’une décision stratégique », dénonce Jan Meeuwens, du Setca. Jef Van Damme (SP.A) et Dirk De Block ont porté le débat au niveau de la responsabilité de l’acteur public, régional ou autre. « Nous voulons la qualité et les prix les moins chers ? Au détriment de tout ? Cela pose la question de la responsabilité. Nous ne sommes pas que spectateurs, nous devons aussi être acteurs. » Le cas du help-desk de la Stib externalisé au Maroc a aussi été cité.

Les réactions se sont enchaînées ce mercredi, alors qu’avait lieu un conseil d’entreprise en fin de journée. Le MR bruxellois Vincent De Wolf (opposition) a lancé « un appel urgent à l’opérateur régional Actiris et à la Ministre bruxelloise de l’Emploi, Céline Fremault (CDH), pour qu’ils s’engagent clairement pour la sauvegarde des emplois menacés. Si une société est intéressée à reprendre Teleperformance et son personnel, il faut l’aider… ». Ecolo a annoncé interpeller prochainement les ministres concernés.

Céline Frémault et l’échevin Ahmed El Khannouss (Emploi - CDH) rencontraient les différents acteurs en début de soirée, et les syndicats ce jeudi.