L’assurance solde restant dû: le piège

Marc Charlet
Mis en ligne

Si votre banquier vous accorde un peu facilement à votre goût un rabais sur le taux du crédit immobilier que vous sollicitez, méfiez-vous. Il y a peut-être anguille sous roche. Et cette anguille porte un nom : l’assurance solde restant dû, souvent mentionnée par le sigle ASRD.

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L’assurance solde restant dû n’est pas obligatoire. Mais souvent, les banquiers l’imposent. D. Rodenbach
    L’assurance solde restant dû n’est pas obligatoire. Mais souvent, les banquiers l’imposent. D. Rodenbach

Cette ASRD, rappelons-le, est une assurance temporaire en cas de décès à capital décroissant. Temporaire, puisque limitée à la durée de remboursement du prêt. A capital décroissant, puisque le capital versé en cas de décès suivra le tableau d’amortissement du prêt consenti. En cas de décès pendant la durée de l’emprunt, la société versera un montant correspondant au solde du capital encore à rembourser, soit à la personne désignée comme bénéficiaire dans la police (conjoint, enfants, etc.) soit directement à l’organisme prêteur (ce que ce dernier préfère bien évidemment). A noter que certaines compagnies acceptent d’étendre la couverture à l’invalidité et même à la perte de revenus, moyennant une augmentation de la prime, cela va de soi.

Légalement, cette assurance n’est pas obligatoire. Mais dans la quasi-totalité des cas, les banquiers l’imposent. Si vous êtes célibataire et sans héritier direct, vous pourrez toutefois peut-être y échapper. Le banquier se contentera alors de la garantie offerte par l’hypothèque.

Le plus souvent, le banquier essayera de vous refiler une ASRD « maison » ou encore une ASRD sur laquelle il touche une bonne commission. Résistez. Car vous trouverez sans doute moins cher ailleurs.

Nous nous sommes livré, via le site www.guide-epargne.be, à un test comparatif sur un cas bien précis : un couple, 28 et 27 ans, empruntant un montant de 200.000 euros au taux de 4 % et remboursable en 20 ans, tous deux non-fumeurs, à la recherche d’une ASRD offrant pour chacun une couverture à 100 %.

Huit compagnies ont répondu à cet « appel d’offres ». Et les résultats sont édifiants, avec des écarts incompréhensibles. La proposition la plus intéressante est faite par Cardif : soit, en cas de prime unique, 1.677,65 euros + 1.584,83 euros = 3.262,48 euros, soit, en cas de prime annuelle à verser pendant 13 ans, 169,54 euros + 161,10 euros = 330,64 euros (x 13 = 4.298,32 euros).

La proposition la plus chère émane de Generali : 8.850,79 euros au total en cas de prime unique et 10.647, 65 euros toujours au total en cas de prime annuelle pendant 13 ans. Les offres passent de 1 à 2,7 !

Dans les deux cas, il est possible d’alléger la note. Supposons que, dans notre cas, l’un(e) apporte 60 % des revenus et l’autre 40 %, il est possible de répartir la couverture de 100 % sur les deux têtes, dans la proportion de 60/40.

Rappelons que trois formules de paiement sont possibles : soit une prime unique à verser lors de la signature du contrat, soit plusieurs primes annuelles à verser pendant les deux tiers de la période assurée (10 primes pour un prêt remboursable en 15 ans, 13 primes pour un prêt à 20 ans, 20 primes pour un prêt à 30 ans), soit encore des primes à verser chaque année pendant toute la durée du remboursement.

Soyez attentifs : dans ces deux derniers cas, il est possible que la prime ne soit pas fixe, mais ajustable tous les trois ans en fonction de l’évolution des tables de mortalité et/ou des résultats financiers de l’assureur, souligne-t-on chez VDV Conseil.

Tout cela peut paraître très compliqué et, effectivement, cela l’est. Si vous ne vous sentez pas à même de maîtriser le sujet, adressez-vous à un courtier.

Osez la rencontre !