Éviter de caillasser le pompier wallon
Une fois de plus confrontés à un cinglant ultimatum d’ArcelorMittal, syndicats et gouvernements vont donc à nouveau négocier. En espérant atténuer le plan de restructuration du géant de l’acier, qui envisage de sacrifier 1.300 emplois dans le froid après en avoir déjà condamné près de 800, il y a deux ans, en signant l’arrêt de mort des hauts-fourneaux liégeois.
Tout cela laisse comme un sentiment de capitulation. Et conduit à s’interroger sur la conduite adoptée, depuis janvier, par le gouvernement wallon. Oubliées, les envolées de Jean-Claude Marcourt qui clamait en nos pages, avec son flamboyant collègue français Arnaud Montebourg, qu’on arrêterait Mittal à Liège à défaut de l’avoir fait à Florange. Enterrée, l’utopie de courir le monde pour trouver un repreneur censé sauver les outils liégeois condamnés. Et que dire de ce fameux décret d’expropriation qu’on agitait fièrement devant le magnat de l’acier… et dont on doute en réalité qu’il soit un jour voté.
Effets de manche ? Stratégie de communication ? Il serait malvenu de caillasser le pompier wallon sous prétexte qu’il n’est pas parvenu à remplir sa mission. Que pouvait-il faire, sinon s’activer toutes sirènes hurlantes, sachant même le cas désespéré ?
Ne rien faire, ne rien tenter, aurait été perçu comme une réelle trahison. « Monsieur Mittal condamne 1.300 emplois quelques semaines à peine après leur avoir promis 138 millions ? Ah, bon… » Dès lors qu’il fallait agir, il fallait forcément le faire avec détermination. Et donc établir un rapport de force, en appeler au voisin français, mandater une banque d’affaires, menacer de nationalisation. Sans doute le combat était-il perdu d’avance, mais qui sait ? Et si un repreneur, un seul, s’était montré intéressé ?
On n’accueillera sans doute plus jamais Lakshmi Mittal en sauveur comme il y a quelques années, et il est peu probable qu’il ait l’envie de fouler le sol wallon, mais on peut encore négocier avec lui. Pour sauver ce qui peut l’être encore… et n’est pas négligeable.
Il ne reste plus qu’à espérer que Mittal, cette fois, ouvre vraiment la négociation. Qu’il investisse enfin l’argent qu’il agite depuis des années. Et qu’il respecte cette fois, durablement, les engagements signés.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Pourquoi Mittal respecterait-il ses engagements à l'avenir alors qu'il ne les a jamais respectés jusqu'ici? Il n'a pas payé d'impôts, profité de toutes les aides accordées (dont les intérêts notionnels), et puis il se casse. Capitalisme pur et dur. Point barre. Si nos chers dirigeants n'accordaient des aides qu'aux entreprises fair-play qui créent de l'emploi pérenne, et pas à celles qui viennent pomper du fric et puis se cassent?
bug, bug et bug... vous faites quoi pour faciliter les posts sur ce forum? Je résume ce que je voulais dire: Que Mittal pose un ultimatum est tout à fait normal puisque cela fait 2 ans qu'il a décidé de fermer son usine. Alors que pdt ce temps-là, syndicats et politiques jouent la montre. Trouvez-vous normal qu'un patron (qui perd de l'argent) doive attendre plus de 2 ans pour fermer sa boite car entretemps, il paie toujours ses employés! Cela enfreint plus qu'un peu la liberté d'entreprendre et ça, c'est plus que dangereux pour notre tissu économique régional. Et au delà du cas Mittal, avec ce genre de lois, nous n'aurons bientôt plus que nos yeux pour pleurer!
Encore bravo pour un édito réducteur et totalement orienté. Commencer l'article par "Une fois de plus confrontés à un cinglant ultimatum d
Dans ce type d'industrie lourde le rôle de la main d'oeuvre est très marginal. Est ce que ce site est ou sera bientôt concurrentiel, donc quel est le coût d'y apporter les pièces et l'énergie? Il est certes regrettable que les secteurs primaire et secondaire disparaissent, rendant le pays plus vulnérable, cela semble inévitable sauf peut-être une coordination au niveau de l'UE.



et ben, quel edito ... donc c'est normal que le GW fasse semblant le temps que l'on passe à autre chose, et puis qu'ils laissent tomber ... belle mentalité; c'est sûr que si les editos sont aussi résignés, la wallonie n'a vraiment aucun avenir ; dslé, mais là, c'est carte rouge, buiten svp ... C'est quoi ça ? il fallait avoir le courage de dire qu'il n'y avait pas d'espoir, et, surtout, il fallait (depuis ... 50 ans) préparer la reconversion ... zéro pointé aux politiques, aux électeurs (nous) qui se laissent niquer comme les supporters du standard par leurs dirigeant mais repaient un abonnement chaque saison) et aux editorialistes qui avalisent le mensonge comme gouvernance ... NAVRANT