Le CDH à l’assaut du déficit liégeois
Augmenter la productivité du personnel sans remplacer les départs. Confier l’enseignement secondaire et supérieur à d’autres niveaux de pouvoir. Réclamer du fédéral un financement compensatoire pour les navetteurs.
L e moment est grave. Nous sommes confrontés à un ouragan budgétaire qui va nécessiter des réformes structurelles importantes. Je ne serai pas l’échevin des finances qui renouera avec le déficit. Il va falloir élaguer les branches mortes et trouver de nouvelles recettes. »
Entouré de ses collègues échevins et conseillers humanistes ainsi que du président du bureau du CDH liégeois, Michel Firket donne le ton de la rentrée. « Pour respecter la circulaire Furlan qui oblige à être à l’équilibre et à présenter un budget 2014 d’ici le 1er octobre, nous devons trouver 15 millions d’euros. Ce sera pareil en 2015. Les réserves engrangées ces dernières années ne suffiront pas, il va falloir faire des économies. Ce déficit annoncé s’explique en grande partie par une augmentation des cotisations pensions décidée par le fédéral soit 12,5 millions d’euros pour la Ville, 2,1 millions d’euros pour la Police et 2,4 pour le CPAS. » Et de poursuivre : « Lorsque nous avons accepté une révision à la baisse du fonds des communes en 2008 compensée en partie par un emprunt pris en charge à 80 % par la Région, nous avons été bernés. Aujourd’hui, c’est le fédéral qui nous plonge dans le déficit. »
Au pouvoir avec le PS, le CDH prépare donc des réformes structurelles « sans toucher à la poche des Liégeois ». Une partie du personnel communal est dans le collimateur. « Nous nous sommes rendu compte que tous les agents ne sont pas occupés à leurs tâches à 100 %. Désormais, il y aura un contrôle strict des 36 heures prestées. La productivité va être également améliorée par un investissement de 10 millions d’euros dans l’informatique avec le recours systématique aux factures numériques. En échange, nous ne remplaçons pas les agents qui partent à la retraite pour arriver, in fine, au cadre de 2.899 agents. Il en reste 170 excédentaires qui partiront au rythme d’environ 80 par an. »
Deuxième voie prônée par le CDH : le recours à la subsidiarité. « La Ville ne peut tout faire et il y a des doublons à supprimer », explique André Schroyen, échevin de la propreté publique. Un exemple qui marque : confier à la Province l’enseignement supérieur et à la Fédération Wallonie-Bruxelles l’enseignement secondaire pour se concentrer sur le fondamental « qui a grandement besoin d’être mis à niveau ». On sent déjà monter au front les défenseurs de l’enseignement communal. « Nous n’avons pas de tabous, déclare André Schroyen. On a bien confié la bibliothèque des Chiroux à la Province et ça se passe très bien. »
Troisième piste : réclamer du fédéral une compensation similaire à celle accordée à Bruxelles pour les navetteurs. « La moitié de 107.000 emplois liégeois sont occupés par des navetteurs qui ne paient pas leurs impôts à Liège. Comme à Bruxelles qui va bénéficier d’un financement supplémentaire de 465 millions d’euros dans le cadre de la 6e réforme de l’État. Sur cette base, Liège pourrait avoir une compensation de 8 millions d’euros par an », explique Benoît Drèze, député fédéral. Par ailleurs, une partie (5 %) de l’impôt des sociétés (Isoc) pourrait être également redistribuée à Liège soit onze millions d’euros par an.
Ensuite, le CDH veut un écrémage dans les 25 millions d’euros d’investissements annuels. « Gardons ceux qui sont utiles aux citoyens comme la rénovation de la place de l’Yser ou les travaux dans les écoles fondamentales. De la même manière, un écrémage dans les événements, générateurs de dépenses en encadrement policier ou en logistique communale. Il y a trop de festivals à gauche et à droite. »
Enfin, le CDH ne veut pas toucher aux taxes, mis à part certaines redevances comme celle relative au stationnement qui pourrait augmenter.



