«Vivalia 2025 n’est pas la solution idéale pour la province»

JEAN-LUC BODEUX
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Après la trêve estivale des confiseurs, le dossier Vivalia 2025 va revenir chaudement sur la table. Premier point de rentrée politique.

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Le député provincial Deworme demande que le CA décide au plus vite pour la cardiologie.
    Le député provincial Deworme demande que le CA décide au plus vite pour la cardiologie.

entretien

Doucement, la rentrée politique frissonne et les élus sortent de la torpeur. Certains dossiers sont aussi chauds que le soleil estival, et des échéances approchent. La première concerne l’intercommunale hospitalière et le fameux projet Vivalia 2025, proposant de restructurer l’offre hospitalière en Luxembourg. Pour rappel, un vote des administrateurs n’avait pu en juin obtenir les 2/3 requis des suffrages pour avancer dans le sens proposé par le bureau d’études et avalisé par la direction, à savoir la construction d’un nouvel hôpital « centre-sud ». Les conseils médicaux n’ont pas adopté ce projet non plus. Depuis lors, il y a bien eu quelques coups de gueule dans certains partis car des élus avaient décidé de ne pas suivre la voie du parti. C’est le cas des docteurs Kamal Mitri (CDH) et Alain Deworme (PS), respectivement échevin à Arlon et député provincial. D’autres ont suivi, parfois obligés. Des élections approchent et des contreparties n’y seraient pas étrangères…

Ceci dit, le dossier va revenir sur la table du C.A mardi. Les choses ont-elles changé, alors que les élus arlonais, l’échevin PS Jean-Marie Triffaux en tête, annoncent un rassemblement de soutien à l’hôpital d’Arlon le 21 septembre ? L’occasion de refaire le point avec Alain Deworme, qui s’était abstenu en juin.

Les choses ont-elles changé dans votre tête ?

Il y a eu pas mal de discussions, parfois chaudes, mais ma position n’a pas évolué.

En tant que médecin pratiquant à Arlon, et notamment à l’hôpital, et comme élu, vous n’étiez pas assis entre deux chaises ?

Non. Ce sont nos partis qui nous ont choisis pour siéger au C.A de Vivalia. Je pense que c’est un plus d’avoir des élus qui sont impliqués dans le domaine en question. Kamal Mitri s’est entre-temps retiré du conseil médical, ce qui est bien.

Redites-nous ce que vous pensez de ce projet 2025 ?

Ce n’est pas la solution idéale pour l’ensemble de la province. L’option privilégiée par la direction générale est un bi-site, nord et centre-sud. Je constate que l’hôpital centre-sud serait plutôt au centre, délaissant tout le sud. L’hôpital devrait aussi rayonner vers le nord. Donc vers Marche. Est-ce que cela a un sens ? L’étude est intéressante mais il a la faiblesse de ne pas avoir tenu compte du transfrontalier, fondamental dans le sud, tant côté français que grand-ducal. Croyez-vous que les patients du sud iront tous à « Hostoville », pour y remplir les 600 lits, plutôt qu’au Luxembourg alors que 50 % des travailleurs sont des frontaliers ?

D’autres faiblesses ?

Oui, bien sûr. Les CSL sont à l’équilibre, et c’est la zone la plus dégarnie. L’équité n’est pas satisfaisante, l’étude n’a pas tenu compte de la densité de population, ni dans une moindre mesure de la mobilité. Et puis, il y a la réalité hospitalière, à savoir les plateaux techniques présents sur les différents sites existants. On ne tient pas compte de ce qui existe et de ce qui y a été lourdement investi.

Donc, vous privilégiez un statu quo avec renforcement des services ?

N’est-ce pas la solution la plus fonctionnelle et la moins onéreuse, en sachant qu’il faudra répartir les programmes de soin de chacun des hôpitaux.

Vous pensez à la cardiologie par exemple ?

Oui, et c’est un dossier qui doit être voté au C.A d’octobre pour être proposé aux pouvoirs subsidiants fin d’année. Fin 2012, l’arrêté royal nous ouvrait la possibilité aux programmes B1 (coronarographie) et B2 (dilatation des artères). L’engagement des cliniques du sud dans Vivalia s’est aussi fait sur base de ces programmes de soins. La radiothérapie est opérationnelle au CHA (Libramont), et il y a une collaboration avec des médecins des CSL. Pour la cardiologie, les médecins veulent continuer à en faire à Arlon et Libramont. Il faudra une dérogation pour que Libramont puisse faire du B1/B2 avec un seul service et un service de garde sur les deux implantations. Le ministère décidera mais le C.A doit rentrer le dossier de demande. Je note aussi qu’il y a un vif intérêt du CHU de Liège à travailler avec Vivalia. C’est une, si pas la piste pour le B3 (chirurgie cardiaque). Il est important de se développer avec des hôpitaux universitaires.