Koen Geens: «Il faudra du courage politique pour faire des choses en plus au gouvernement»

Béatrice Delvaux
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Le Grand Oral La Première Le Soir est de retour, avec comme premier invité le ministre des Finances Koen Geens. « Si je peux être utile à mon parti, je ne dirai pas non », confie le ministre des Finances.

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C'est le coming man du CD&V. Il est à son parti, ce que Jean Pascal Labille est au PS: un homme sur lequel le parti compte pour les élections à venir et séduire par son action, l'électorat vacillant. Geens est aussi celui qu'on attend durant cette rentrée: il doit proposer la réforme du système bancaire, lancer l'emprunt populaire (il parle de novembre mais ne dit rien des conditions), gérer le dernier cap budgétaire, proposer des modifications fiscales (il évoque une harmonisation des taux de TVA). Mais il reçoit surtout depuis quelques jours toutes les propositions de ses collègues du gouvernement. Le MR veut une réforme fiscale, le CDH la veut aussi mais avant les élections, le PS veut de la relance. Qu'en pense-t-il, lui qui tient les cordons de la bourse? Va-t-il trouver de l'argent pour réaliser tout cela?

« Je n'aime pas les réunions ou tout le monde a des projets de réformes et des idées à réaliser mais où personne ne dit comment on va le financer. Il y a une possibilité de faire des choses une fois le cap budgétaire respecté, mais il faudra d'abord du courage politique pour faire les choix entre les options, et l'argent à aller chercher. Ce n'est pas moi qui vais proposer des choses, sinon je tuerais l'idée. Ce sont les partis qui doivent avoir du courage politique ».

Revoir le salaire du gouverneur de la Banque nationale ? « Je suis ouvert à en discuter »

« Je suis tout à fait ouvert à une discussion là-dessus, avec ce seul point que je veux y ajouter. Une fois de plus, ce qu'on va me dire à ce moment-là, c'est : « Vous savez ce que M. Draghi (gouverneur de la BCE, ndlr) gagne ? ». Si on veut faire baisser, on va me dire : « Oui, mais pas plus bas que Draghi », par exemple, ou un peu plus bas. Donc il y a toujours les pairs qui servent de critères »

« Il fallait ouvrir le dossier du salaire des top managers publics. Mais gare à l'excès de zéle.  » Koen Geens de rendre un hommage appuyé au patron de la bpost, Johnny Thijs « Il a fait un travail remarquable, un homme politique doit avoir le courage de dire ce qu'il pense ». Et Geens de suggérer à JP Labille, ministre de tutelle des entreprises publiques, d'en tenir compte lorsqu'il devra décider de son éventuel renouvellement à la tête de bpost et de son niveau de rémunération.

« Il y a des contrôleurs fiscaux qui sont des charlatans »

Que pouvez-vous faire pour que les patrons se sentent un peu plus aimés par le gouvernement ?« J'ai de l'empathie envers eux. On va essayer, ensemble avec les professions des chiffres, donc les comptables, les réviseurs, les experts comptables et autres, d'améliorer le climat et l'entente entre le fisc, le contrôleur fiscal et le contribuable, l'entreprise en question. C'est un travail de longue haleine, on a déjà eu deux réunions avec les responsables de part et d'autre, aussi avec l'administration, dans lesquelles dans un premier temps, et ça démontre que le climat est quelque chose de très sensible mais aussi de très subjectif. On se met d'accord pour communiquer les noms, évidemment sous le bénéfice du secret professionnel, les noms des uns et des autres qui sont des charlatans, donc des contrôleurs fiscaux qui vraiment ne se tiennent pas aux règles, qui sont impolis, dictateurs . Mais il y a aussi des professionnels du chiffre qui le font. On va de part et d'autre, communiquer. »

« Si je peux être utile à mon parti »

Serez-vous candidat aux prochaines élections ? « On a dans le monde une certaine responsabilité et si on la prend, on la prend entièrement en général. Et donc si, pour un avenir prochain, je peux être utile au parti que j'ai toujours essayé de servir à ma façon, par principe je n'y répondrai pas négativement. »

Le confédéralisme? Geens en vient démontrer que c'est grâce au modèle politique particulier à la Belgique que le déficit public reste limité .

« Le fait que nous ayons un déficit qui est très défendable par rapport, - ce que personne ne veut dire - aux Pays-Bas, à la France, au Royaume-Uni, comment ça se fait ? Comment c'est possible ? Parce que nous sommes connus comme des gens qui gaspillent, qui n'ont pas un État fort, qui déjà durant les années 80 avaient des déficits budgétaires que personne dans le monde ne pouvait défendre, comme ça se fait ? C'est parce que, je crois, nous avons un financement de nos entités fédérées, de nos communes, etc., qui fonctionne en général par des enveloppes et on dit « voilà, vous recevez un tel montant, le reste, vous êtes responsables au niveau fiscal d'une façon autonome et vous gérez vos affaires de la meilleure façon possible ». Et tous, nous réussissons à réaliser plus ou moins à atteindre l'équilibre, sauf l'État fédéral, mais il a la sécurité sociale et donc c'est plus lourd. Si nous étions consolidés, mais vraiment consolidés et un État unitaire, je crois que notre déficit budgétaire serait tout à fait différent. Nous devons donc dire que notre modèle, quoique nous sommes très défaitistes et très critiques envers nous-mêmes, etc., a réussi. »

C'est quand même la première fois qu'on entend dans une interview quelqu'un dire que c'est grâce à la régionalisation qu'on a limité le déficit des finances publiques. « Alors, c'est une primeur ! », répond Koen Geens.

Vos réactions

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3. VHB dit le 08/09/2013, 15:36

chez le CD&v ils sont ouverts à tout ... même après les élections, pour s'associer au PS. Le principale est de rester au pouvoir et se procurer des posts.

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2. satanix dit le 07/09/2013, 15:53

Proposition de courage politique: limiter les cumuls pour créer 500 à 2000 emplois, renvoyer chez eux les chômeurs étrangers pour : économiser sur le chômage, rendre des immeubles libres à BXL pour y faire venir des contribuables et stimuler la rénovation bâtiment, convaincre par des peines sévères les voleurs de quitter la zone Schengen, baisser la TVA sur l'énergie pour faire baisser l'index et stimuler l'emploi, lire attentivement les propositions de www.democratie-nouvelle.be.ma . Peur de perdre des voix ? 1) on s'en fiche 2) qu'est ce que vous croyez ? Celles que vous perdrez comme ça n'iront pas aux comiques de l'ex-FN.

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1. Breydel dit le 07/09/2013, 13:17

la culture PS interviendra

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