Syrie: l’indécence des lignes rouges

Baudouin Loos
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Le débat sur la pertinence des frappes militaires contre le régime de Bachar el-Assad est lancé aux États-Unis, il devrait être tranché cette semaine par le Congrès, à la demande de Barack Obama. Il déchire la communauté internationale depuis le 21 août dernier, date de l’attaque chimique contre les banlieues de Damas aux mains des rebelles.

Selon les partisans de telles frappes, le régime syrien aurait dépassé toutes les lignes rouges et il faudrait désormais le « punir », selon le verbe employé par François Hollande.

Ce critère des « lignes rouges » a quelque chose d’indécent, au-delà de la notion d’intérêt stratégique qui guide les grandes puissances. Car il implique par syllogisme que tout ce dont le régime s’était rendu coupable jusque-là ne justifiait pas que l’on s’émût outre mesure.

Qu’importe, dans cette logique, si ce Bachar el-Assad a décidé de répondre aux manifestations pacifiques de 2011 par des tirs à balles réelles, s’il a ensuite répondu à l’inéluctable militarisation de l’opposition par une répression sans précédent, par des bombardements – par aviation, artillerie ou même missiles Scud – qui ont détruit des villes et villages, tué des dizaines de milliers de civils dont nombre d’enfants, provoqué l’exil de millions de gens apeurés. Quand un Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, déclare jeudi à Saint-Pétersbourg qu’« une solution politique est le seul moyen d’éviter un bain de sang », tout un peuple martyrisé depuis deux ans peut bien se demander quelle est sa conception du bain de sang…

Contrairement à ce que prétendent les « conspirationnistes » toujours prompts à accuser les États-Unis même dans les cas où ils sont innocents (ou coupables de passivité…), Barack Obama n’a d’ailleurs visiblement pas envie d’attaquer le régime. Le président américain paraît tenaillé par le doute. Il aurait déjà pu depuis longtemps renforcer de manière décisive le camp des rebelles de mille et une façons, l’eût-il souhaité. Et, surtout, il n’aurait pas, dans ce cas-ci, risqué de demander au Congrès d’appuyer son action militaire puisqu’il n’était pas constitutionnellement obligé de passer par cette étape incertaine. En effet, ce Congrès américain, en proie au scepticisme, pour utiliser un euphémisme poli, pourrait d’ailleurs lui refuser son aval cette semaine. Et si c’était, au fond, ce que, dans son for intérieur, le pensionnaire de la Maison-Blanche souhaitait ?

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29. antipoujadiste dit le 10/09/2013, 14:37

Propagande pure et simple "la communauté internationale unanime ainsi que François Hollande détiennent les preuves que l'attaque chimique est l'oeuvre du seul Assad".... qu'est-ce que c'est que cette logorrhée délirante ? QUI est "la communauté internationale" ?? Où sont les preuves ? La SEULE véritable information valable est qu'on n'a AUCUNE idée de QUI a utilisé ces armes chimiques et qu'Assad n'aurait obtenu qu'un suicide politique en commettant une telle gaffe. LA vraie question c'est POURQUOI Obama et Hollande veulent à tout prix attaquer la Syrie. Avec une VRAIE réponse et pas ce galimatias de bien-pensance...

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28. frankiel dit le 10/09/2013, 08:14

Les USA qui soutiendraient les rebelles? En d'autres termes, répéter les erreurs du passé (cf Afghanistan contre les Russes et Irak contre l'Iran). Sérieusement, soit ils interviennent eux-mêmes pour changer le pouvoir sans donner de moyens supplémentaires à ceux actuellement considérés comme moins mauvais, soit ils ne font rien sachant qu'il n'y a pas de bonne solution. La majorité du peuple américain semble d'ailleurs souhaiter la non-intervention, tout comme le Congrès, semblerait-il. Difficile par contre pour un Nobel de la Paix de prôner la non-intervention. Toujours mieux que l'hypocrisie de Merkel qui veut une intervention, mais sans l'Allemagne...

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27. Bob Marone dit le 10/09/2013, 06:52

Comme Haarscher fait du sous-BHL, Loos s'essaie au sous-Guetta. Le degré zéro de l'analyse, les clichés et la propagande à la grosse louche. Incriminer tous ceux qui osent se poser les questions que les éditorialistes aux ordres ne font plus depuis belle lurette. Quant aux réponses, n'y pensons même pas. Quel brouet superfétatoire pour chiens de gardes pathétiques...

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26. maxp dit le 09/09/2013, 22:09

Le journalisme d'investigation comme on l'aime, formidable ! Je partage l'avis d'autres intervenants concernant cet édito; écoeurant.

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25. jiipi dit le 09/09/2013, 20:55

C'EST QUOI CE MACHIN? Après le machin alias l'ONU, voici le nouveau machin ,nommé communauté internationale , c'est quoi ce truc ,. L'ONU est dirigée par un stroumph coréen et la communauté internationale ,par le chef des illuminati et autres francs macs , qui partis d'écosse vinrent chez les francais bavards comme pas deux pour in fine illuminer les bords du pontomac . Combien de morts depuis le 18 ème siècle a cause de ces sectaires ,nul ne le sait ou n'a voulu compter . Alors ils comptent les coups chez les musulmans ;de l'extreme orient aux confins de l'Afrique australe plus de 2 milliards de chiites , sunnites , alouites , se battent depuis 1400 ans , c'est plus ancien que la constitution des francs macs . bon les gentils démocrates ,veulent vendre des armes et avoir du pétrole , c'est tout La syrie est un pays pauvre , qui a martyrisé le Liban chrétien et vécu sur la bète vaincue , dansl'espoir fou de la grande Syrie ,a l'époque personne n'a rien dit . Au fond c'est quoi l[...]

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