Le week-end foot en un coup d’oeil

Vincent Joséphy
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Steven Defour a enfin pu exhiber sa crête d’Iroquois ainsi que ses beaux muscles tout tatoués à Glasgow, Aleksandar Mitrovic a montré toutes les facettes de son incroyable talent, Josip Simunic s’est autorisé un tacle à la carotide tandis que Joey Barton est visiblement tombé sous le charme des Diables.

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Steven Defour
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Le Diable du week-end

On avait un peu tendance à l’oublier vu la pléthore de grands gaillards musculeux et/ou tout chevelus qui peuplent l’entrejeu des Diables mais Steven Defour est un bon petit joueur de foot. Petit par la taille, aussi grand par le talent que par la quantité de tatouages au centimètre carré qui garnissent sur ses avant-bras, celui que la presse écossaise a choisi pour illustrer son titre accrocheur en Une (« Muscles from Brussels », avouez que ça en jette autrement que le « Mosselen vanuit Brussel » qu’on aurait pu titrer il y a de cela quelques années encore sous Advocaat) est désormais titulaire au FC Porto, tout de même !

Vendredi soir, le « ketje » fut la divine surprise wilmotsienne, l’incarnation même de la réussite du sélectionneur fédéral puisque c’est lui qui, sur un service trois étoiles du sosie du prince Harry (à quand un Prince Laurent pour labourer le flanc droit de l’équipe d’Angleterre ?) débloqua la marque sous la drache écossaise, ou belge, à Hampden Park.

Il y a de cela quelques années, un pareil statut dans un vrai grand d’Europe, qui a encore remporté la Ligue des champions en 2004, lui aurait valu d’être en permanence au centre des intérêts dans notre tout petit pays, comme peut l’être aujourd’hui un Stromae qui continue de chercher son paternel en se mettant fort minable ou un grand Jojo qui ne s’est pourtant pas foulé pour dépoussiérer son hymne aux Diables de 1986 en perspective du Mondial carioca. Seulement voilà, la Belgique a ceci de particulier aujourd’hui que pour faire parler de soi, tout footballiste un tant soit peu ambitieux se doit bien sûr de jouer dans un grand club d’un grand championnat bien sûr (sauf pour Simons, qui reçoit chaque fois une nouvelle wild-card pour venir raconter ses histoires d’ancien combattant au coin du feu), mais aussi se démarquer des autres.

Et encore, cela ne suffit pas toujours pour éblouir le sélectionneur fédéral : Jonathan Legear a bien tenté de faire le mariole en défonçant la devanture d’une station-service avec sa modeste Porsche, cela n’a pas suffi. Plus personne ne sait où il croupit. Jef Delen a bien daigné autoriser la publication des photos de son cochon sans pour autant recevoir la chance qu’il méritait amplement sur le flanc gauche et, dégoûté, il a préféré raccrocher. Dedryck Boyata a dû rappeler via Twitter qu’il était encore en activité (en même temps, il n’a que 22 ans) tandis que Bjorn Vleminckx a choisi l’exil au pays du dürüm, dans un club exotique (Kayseri Erciyesspor, miam), pour tenter un retour pesant en attaque, sans davantage de succès.

Alors, Steven, il a « continué à bosser » comme le voulait le coach, il a « pris match par match » en « restant les pieds sur terre » mais il a surtout changé de coiffure, se laissant tenter par la tendance milano-madrileno-bortmeerbeekoise du moment comme Toby Alderweireld avant lui. Et cela a marché ! « Ma crête ? Une idée de ma copine », a-t-il lâché le plus sérieusement du monde en EXCLU MONDIALE à la Déhache, qui serait d’ailleurs prête à poser toutes les questions d’(in)intérêt général pour remplir ses colonnes. Juste une question subsidiaire : la copine de Steven, elle n’est pas coiffeuse, quand même ? Ah, ouf !

Le héros du week-end

En déliant généreusement les cordons de sa bourse pour faire d’Aleksandar Mitrovic le transfert le plus onéreux de cette Jupiler League que toute l’Europe nous envie (surtout en Ecosse, où il faudra encore attendre minimum deux ans avant d’espérer vibrer aux chants d’un Rangers-Celtic, sorte de « Clasico » belge du pauvre en termes de volume sonore et d’éclusage de pintes), Anderlecht a probablement touché le pactole.

Déjà impressionnant à Zulte-Waregem, où il avait délivré deux assists en une mi-temps, le Serbe a confirmé tout le bien qu’on pense de lui (et Mourinho aussi, mais est-ce important de le préciser ?) en donnant un fameux coup de pouce aux Diables, vendredi soir. Dans un ou deux ans, il rapportera le double ou le triple aux trésoriers du parc Astrid, qui pourront alors se pencher sérieusement sur la question de la succession d’Olivier Decshacht, le fossoyeur aux pieds carrés de tous les arrières gauches recrutés par le Sporting ces dix dernières années.

Bref, revenons-en à Mitrovic et à sa coiffure boule à facettes dont on finit par se demander s’il s’agit d’une teinture ou d’un résidu de crottes d’un pigeon amateur d’art impressionniste fécal : comme Robert Snodgrass avant lui (mais oui, celui qui avait marqué le but de la victoire écossaise à Zagreb), Mitrovic a marqué un but qui nous fait du bien, puisqu’il permet aujourd’hui aux Diables de compter cinq points d’avance sur les Croates à deux journées de la fin. « J’ai marqué un but mais j’aurais dû en mettre deux ou trois ce soir », commenta cet éternel insatisfait.

Bon, on va pas faire les difficiles non plus. Sachez, cher Mr Mitrovic, que si la Belgique évite le scénario France 1993 (un point nécessaire, mais au final deux défaites à domicile face à Israël puis face à la Bulgarie de Kostadinov qui l’ont privée de la World Cup US), vous pourrez déguster des moules chez Léon, squetter des pintes de chez Michou ou assister à autant de concerts de Roberto Bellarossa que vous le voudrez dans notre accueillant petit pays surréaliste. C’est cadeau !

Le tacle à la carotide du week-end

Parce que des fois, le choc des images vaut davantage que le poids des mots, nous vous laissons ici apprécier la petite faute commise par Josip Simunic lors de Serbie-Croatie.

Probablement emporté par son élan, le défenseur du Dynamo Zagreb, sorte de Daniel Van Buyten local (ils ont tous les deux 35 ans mais leur Froidchapellien à eux semble légèrement plus crapuleux tout de même…), a logiquement été exclu sur le champ et risque de devoir patienter quelques mois encore dans les tribunes. Ou de ne plus jamais jouer en équipe nationale. Mais la vraie question, c’est de savoir si M. Guminenny aurait lui aussi sorti la carte rouge si un poète de la Jupiler League (prenons Bjorn Ruytinx au hasard) avait commis pareil attentat. Peut-être que oui, peut-être que non.

Le goooooooooooooooooooooooooooooooo(…)oooooooooooooooooooooool du week-end

Il est venu de Colombie, patrie de la drogue et de Radamel Falcao (aucun lien, on en convient), où le Rodrigo Beenkens local s’est laissé aller pendant 32 secondes de bonheur vocal suite au but décisif de James Rodriguez. Franchement, on en reste sans voix, nous aussi.

Le ranking du week-end

Il est historique. Grâce à leur succès à Glasgow, le 6e de rang en match officiel (parce qu’entre-temps, il y a eu la Roumanie et la France en amical), les Diables rouges sont désormais assurés d’être au minimum 6es mondiaux du prochain classement mondial que la Fifa dévoilera ce jeudi. Voire même 5es si les Italiens se prenaient les pieds dans le piège tchèque, mardi.

Forcément, même s’il convient de relativiser tout cela en rappelant que la Belgique obtient nettement plus de résultats probants en cyclo-cross ou en korfball, cela en jette quand même un max. Qu’il soit occupé à chipoter à ses multiples paraboles ou à décortiquer le match au sommet d’un championnat moldave que personne n’envie en Europe, René Vandereycken doit forcément grommeler dans sa barbe de trois jours : à son époque, tout le monde s’en contrecarrait de ce classement, quand les Diables voguaient à la… 71e place, entre la Jordanie et la Lybie (qui a tout de même failli se qualifier pour les barrages de la zone Afrique au même titre que le Cap-Vert et l’Ethiopie).

Alors qu’on galérait à obtenir (« un bon ») 0-0 face au Kazakhstan devant 5 ou 10.000 invités au parc Astrid, on carbure désormais au super, on refuse du monde au Heysel et surtout on est passés devant la Croatie, le Portugal, les Pays-Bas et le Brésil, n’étant plus devancés que par l’Espagne, l’Allemagne, la Coooooooooooooooooooolooooooooooooooooooooooooombie, l’Argentine et peut-être l’Italie.

Mais bon, ce ne sont que des chiffres : à l’époque de maître René, son foot-champagne était juste incompris. Et non récompensé à sa juste valeur. Il serait plus que temps que la Belgique footballistique lui rende un hommage amplement mérité. Voilà qui est fait. Et à Théo Custers aussi tant qu’on y est, lui qui avait fait de l’excellent travail (malgré quelques centres au troisième poteau sur le terrain venteux du centre national de Tubize) avec des gars de la trempe de Stijn Stijnen, Tristan Peersman ou Brian Vandenbussche. Une autre époque, on vous disait…

Le tweet du week-end

«  Watched Belgium tonight. What a talented group of young players they have. Never easy to beat Scotland at home. Esp without Kompany/Hazard ». Il émane de Joey Barton et ne nécessite aucune traduction, juste de l’admiration.

Flingueur célèbre sur les réseaux sociaux – il avait conseillé au pseudo-journaliste français Pierre Menes d’aller « bouffer de la salade » – ou dans la vraie vie – il avait quand même écrasé un cigare dans l’œil d’un partenaire –, le footballeur britannique est visiblement tombé sous le charme des Diables. Comme quoi, les Diables rendent angéliques, parfois.

 

Vos réactions

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3. MartinMM dit le 10/09/2013, 18:08

Respect Ehh journaliste la Colombie n'est pas seulement le pays de la drogue. Respect

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2. bara dit le 09/09/2013, 18:03

euh, vous vous êtes lancé un pari entre journalistes au Soir ? Citer Stromae au moins une fois dans chaque article ?

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1. monjohn0 dit le 09/09/2013, 14:59

J'en ai marre que chaque fois que je lis un article ici, on nous contraint de commenter. Je pense que dorénavant je ne vais lire que les titres, sinon je vais passer un temps interminable à lire les nouvelles...

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oui 2 non 8
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