Ecolo sur Tecteo: «L’avenir de la presse mérite mieux qu’un jeu de dupes»
Le rachat des éditions de l’Avenir fait du bruit dans les milieux politiques. Ecolo, en particulier, désapprouve. Pourquoi ? Isabelle Meerhaeghe et Stéphane Hazée, parlementaires Ecolo, ont répondu à vos questions.
L’indépendance journalistique est un des piliers de la démocratie. Nous faisons confiance à l’AJP et aux rédactions de l’Avenir pour rester vigilant. Mais la nature de Tecteo et ses pratiques soulèvent de très lourdes questions. L’opacité et les manœuvres de contournement des garanties de service public (contrôle des conseils communaux, décumul) de Tecteo fondent notre inquiétude. Ses pratiques récentes à l’égard de la presse constituent plus que des avertissements. Pensons par exemple au procès « en intimidation » lancé envers une journaliste du Soir, ou encore à la censure explicite d’un article qu’a révélé Marianne en août dernier. L’avenir de la presse mérite mieux qu’un jeu de dupes.
A ce stade, nous attendons impatiemment la réunion du CA de Tecteo qui n’est toujours pas fixée (où Ecolo a 3 voix sur 28) afin que chaque administrateur puisse avoir accès à toutes les informations nécessaires et puisse se positionner en cohérence avec les positions affirmées par leur parti. Plus globalement, Ecolo pour sa part entend rallier le plus grand nombre autour du respect des missions des intercommunales et de leur transparence, et à la garantie de l’indépendance journalistique.
Il y a le débat sur la transparence et le contrôle des intercommunales et structures publiques. En l’espèce Tecteo a franchi plusieurs lignes rouges. L’intercommunale Tecteo s’est singularisée ces dernières années par plusieurs manœuvres lui permettant de passer à travers les mailles du filet : éviter la tutelle wallonne, sortir des règles qui entourent le service public. Elle échappe ainsi à toutes les règles adoptées depuis quelques années pour, précisément, assainir les pratiques politiques et moderniser la gouvernance (cumuls, transparence, garanties de pluralisme démocratique…).
La raison d’être d’une intercommunale est d’associer plusieurs communes pour gérer des missions de service public d’intérêt communal. Nous ne voyons en effet pas où est l’intérêt communal dans une telle opération. Il ne faudrait pas revivre la saga du holding communal où des administrateurs PS, CDH et MR sont sortis des missions initiales de Dexia pour conduire à une perte pour les communes de plusieurs milliards d’euros.
Il est essentiel d’éviter la concentration de pouvoirs excessifs et tel est bien le sens de notre combat et de nos propositions en faveur du décumul des mandats, autant pour un directeur général que pour un administrateur, à Tecteo ou ailleurs. A notre initiative, les règles ont été renforcées mais certaines structures ont modifié leur nature juridique pour passer à travers les mailles du filet. Il faut bien sûr y revenir pour les recadrer. Nous avons déposé une proposition de décret dans ce sens au Parlement wallon.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Réduire l'acquisition au seul aspect économique, occulte le débat de la mise sous tutelle de la presse sous l'autorité politique nous éclaire déjà sur la capacité des journalistes à brosser dans le sens du poil leur nouveau patron. Une forme d'auto-censure que toute personne ayant un emploi pratique pour éviter de fournir des prétexte à son employeur d'en être écarté. Le débat essentiel de l'indépendance de la presse n'aura donc pas lieu dans LLB ni dans les éditions du Groupe Vers l'Avenir. Un aveu, mais quoi de plus surprenant...
@Peace En réalité, nous sommes d-accord, car Tecteo est une entreprise publique.
@Peace Les 99% des médias du monde sont détenus par des entreprises privée. Vous pensez que les Etats-Unis ne sont pas une démocratie? Les entreprises privées s-en fichent de la ligne éditoriale puisque ce qu-elles veulent, c-est vendre des journaux. Quand l-Etat contrôlent les médias, c-est la dictature. La Région wallonne ne va pas dans la bonne direction.
Tous les grands médias sont détenus par des marchands d'armes, des grosse multi-nationales et ça, cela ne choque personne...




9. gregger, Ce que vous oubliez dans votre beau raisonnement, c'est que ces multi-nationale qui détiennent les médias s'en fichent de vendre, ce n'est pas le principe premier. Le principe premier est de vendre une idée. Contrôler les médias, à l'heure actuelle, c'est contrôler l'opinion public...Dans votre raisonnement, vous entendez qu'un médias détenu par l'état ne sera pas objectif, mais vous omettez cet argument lorsque tous les grands médias sont détenus par une élite...