Le tech-entrepreneuriat wallon se solidarise, surtout à Liège
Le Startup Weekend de Liège et NEST’up se serrent les coudes pour accompagner les start-up les plus prometteuses de Wallonie à « La Chapelle » de Liège.
C’est un nouveau partenariat très liégeois qu’on nous annonce aujourd’hui : les gagnants du prochain Startup Weekend de Liège intégreront directement NEST’up Fall 2013 (disons Automne 2013) qui se tiendra, comme annoncé précédemment, à la fameuse Chapelle, ce club liégeois ressuscité en business center. Du coup, La Chapelle qui, avec La Forge, devrait constituer le cœur géographique du tech-entrepreneuriat liégeois, vient d’ajouter à la liste de ses fidèles une icône prestigieuse du secteur…
Le Startup Weekend est une initiative tout droit débarquée de Seattle (États-Unis) qui consiste à regrouper quelques dizaines d’équipes d’entrepreneurs le temps d’un week-end. Le défi : avancer le plus loin possible dans le développement d’un projet entrepreneurial, le plus souvent dans le mobile ou sur le web, dans le temps imparti de 54 heures. Aujourd’hui, le concept « a fait des petits » et a déjà mobilisé près de 100.000 entrepreneurs dans 400 villes d’une centaine de pays dans le monde.
Et la version liégeoise de l’événement ne doit pas rougir de la qualité du personnel organisateur ni des membres de son jury, (pourtant) tous bénévoles et (mais) passionnés d’entrepreneuriat. C’est le cas des jurés Bart Becks, co-fondateur d’angel.me – plateforme de crowdfunding - et ex-patron de Belgacom Skynet, de Clio Brzakala, directrice de Wallonie Design, de Bruno Wattenbergh, directeur de l’Agence bruxelloise pour les entreprises ou de Ben Piquard, directeur du Microsoft Innovation Center de Mons.
Les coachs ne sont pas en reste puisque parmi ceux-ci, on retrouve Guillaume Desclée, co-fondateur de MyMicroInvest, François Gilson, responsable commercial des relations d’agences chez Google, ou encore Sébastien Doyen, patron de Teatower.com – « la plus grande plateforme de vente de thé en Europe » (sic).
Avec d’autres patrons d’entreprises, entrepreneurs de talents et représentants d’organismes actifs dans le secteur de l’entrepreneuriat technologique, toutes ces personnes accompagneront et évalueront la progression des équipes.
« Après un tel week-end, on est assez sûr de savoir si un projet a ses chances, ou non, de devenir une entreprise dans un avenir plus ou moins proche. Nous nous réjouissons que NEST’up puisse donner une continuité efficace au projet le plus abouti du week-end », témoigne Grégory Van Ass, entrepreneur, co-fondateur et co-organisateur bénévole du Startup Weekend de Liège.
Il faut admettre que le « rendement » du week-end affiche des statistiques à faire pâlir les meilleures formations à l’entrepreneuriat : des onze projets retenus lors de l’édition de novembre 2012, six ont muté pour se transformer en véritables entreprises. C’est à peu près six fois mieux que la moyenne dans le secteur des start-up.
Inutile de préciser que les vainqueurs de l’exercice auront déjà de solides arguments à présenter dès leur arrivée à La Chapelle où se tiendra la troisième édition de NEST’up, l’accélérateur de start-up dont nous avons déjà largement évoqué le principe. Un coaching intensif de 12 semaines où ils seront, avec cinq autres équipes, stimulés, bousculés, défiés mais surtout accompagnés dans le développement de leur entreprise.
La région de Liège se dote d’un écosystème de coaching entrepreneurial complet
C’est certainement une excellente nouvelle pour la Cité ardente de voir ce genre de synergies émerger en ses murs. Avec la participation directe du fonds Meusinvest dans la réfection de la Chapelle et l’accompagnement financier des meilleurs projets ressortissants de NEST’up, le Startup Weekend liégeois ajoute une pierre à la base de l’édifice d’excellence rêvé par les quelques visionnaires derrière la redynamisation de la ville.
« Il y a à Liège un intérêt croissant pour l’entrepreneuriat, et certainement pour l’entrepreneuriat technologique dont il est ici question. Des hautes écoles liégeoises telles que Rennequin Sualem ou Saint-Laurent libèrent de nombreux gradués en informatique et en infographie et l’Université de Liège accouche de nombreux masters en informatique chaque année. Et puis il y a HEC-Lg qui forme des commerciaux et ingénieurs de gestion de qualité. Ce n’est pas dans des entreprises telles qu’Arcelor-Mittal que ces personnes pourront s’épanouir. Le Startup Weekend leur donne justement l’occasion de se rassembler dans leur région pour envisager la création d’une entreprise. De telles rencontres entre ces types de profils sont assez exceptionnelles par ici », explique Grégory Van Ass.
« On l’a vu récemment dans le secteur industriel, notre pays et l’Europe entière ne feront pas le poids sur la scène internationale avec sa main-d’œuvre comme seul argument, que l’on trouvera souvent moins chère et tout aussi qualifiée ailleurs. Notre véritable atout, c’est l’innovation, la recherche et le développement. C’est ici que le Startup Weekend et NEST’up prennent tout leur sens. Il faut espérer que ces initiatives se développent plus largement en Belgique », plaide-t-il encore.
Or, si les premières éditions de NEST’up se sont déroulées à proximité de l’université de Louvain-la-Neuve, aucune initiative du genre de celle de Startup Weekend n’a pointé de ce côté de la Wallonie. Il y a bien eu une édition montoise, mais rien n’indique qu’elle sera reconduite pour le moment.
À Bruxelles, « on discute encore de la possibilité de réitérer l’expérience de mai dernier, notamment avec la collaboration de Julie Foulon du Betagroup et d’Edouard Seynaeve du Café numérique », explique Michel Duchâteau, entrepreneur, coach de start-up et organisateur des éditions montoise et bruxelloise précédentes.
Une réflexion, tout de même : on le voit, la pérennité des Startup Weekend est largement tributaire de la motivation des personnes qui les organisent et les font vivre. Mais si les bénévoles ne s’impliquaient pas ou plus dans de telles initiatives, par manque de temps ou découragement… qui le ferait ?




J'en ai marre que chaque fois que je lis un article ici, on nous contraint de commenter. Je pense que dorénavant je ne vais lire que les titres, sinon je vais passer un temps interminable à lire les nouvelles...