La Syrie affirme être prête à renoncer aux armes chimiques
«Nous sommes prêts à cesser la production d’armes chimiques », a expliqué le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem.
La Syrie est prête a montrer ses armes chimiques à la communauté internationale et cesser sa production, a déclaré mardi le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem. «Nous sommes prêts à annoncer où se trouvent les armes chimiques, cesser la production d’armes chimiques et montrer ces installations aux représentants de la Russie, d’autres pays et de l’ONU», a déclaré M. Mouallem dans une déclaration transmise à l’agence russe Interfax. «Notre attachement à l’initiative russe a pour objectif de cesser de posséder toutes les armes chimiques». La Syrie est également prête à « se joindre à la Convention pour l’interdiction des armes chimiques«, a dit à Moscou le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem. « Nous voulons nous joindre à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques. Nous allons respecter nos engagements dans le cadre de cette convention, y compris en donnant des informations sur ces armes », a-t-il souligné.
Le président des États-Unis Barack Obama, son homologue français François Hollande et le Premier ministre britannique David Cameron sont tombés d’accord pour examiner à l’ONU la proposition russe sur les armes chimiques syriennes, a annoncé mardi un responsable de la Maison Blanche. Selon ce responsable s’exprimant sous couvert d’anonymat, M. Obama s’est entretenu séparément mardi au téléphone avec MM. Hollande et Cameron, et ils ont décidé « en consultation avec la Russie et la Chine, d’examiner sérieusement la viabilité de la proposition russe ». « Ces efforts commenceront aujourd’hui aux Nations unies, et comprendront une discussion sur les éléments d’une possible résolution du Conseil de sécurité », selon la même source.
Lundi, la Russie a proposé à Damas de placer son arsenal chimique sous contrôle international et de le détruire. Une proposition accueillie favorablement par la Syrie. «
Ce mardi, la France avait décidé d’introduire une résolution au Conseil de sécurité pour rendre effective la proposition » de mise sous contrôle des armes chimiques syriennes, émanant au départ de la Russie. La Russie juge « inacceptable » le projet français de résolution à l’ONU sur les armes chimiques en Syrie, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors d’un entretien téléphonique avec son homologue français Laurent Fabius. « M. Lavrov a souligné que la proposition de la France d’approuver une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU (…) en conférant aux autorités syriennes la responsabilité pour une possible utilisation d’armes chimiques était inacceptable », a indiqué le ministère russe dans un communiqué.
1.000 tonnes d’agents chimiques
La Syrie dispose d’environ « 1.000 tonnes » de différents agents chimiques stockés dans les zones sous contrôle du régime syrien « les plus sûres », a affirmé mardi le chef de la diplomatie américaine John Kerry. Une partie de ces stocks est stockée en vrac sous « forme binaire » et les agents doivent être mélangés avant emploi, mais le régime dispose également de munitions déjà remplies de sarin notamment, a expliqué le ministre à des élus, rejoignant l’analyse des services de renseignement français divulguée la semaine passée.
La menace de frappes pas écartée
Les chefs de la diplomatie américaine et du Pentagone, John Kerry et Chuck Hagel, ont brandi mardi la menace de frappes militaires comme le meilleur moyen de pression pour convaincre le régime syrien de mettre ses armes chimiques sous contrôle international. Les deux ministres américains n’ont pas caché leur circonspection, lors d’une audition devant la commission de la Défense de la chambre des Représentants. « Pour que cette option diplomatique ait une chance de réussir, la menace d’une action militaire américaine doit rester très réelle et crédible », a estimé le secrétaire à la Défense. La proposition russe « pourrait être une solution réelle à la crise », a estimé le chef du Pentagone. « Mais nous devons être lucides et nous assurer que ce n’est pas une tactique pour gagner du temps de la part de la Syrie et des parrains russes ». Placer l’arsenal chimique syrien sous contrôle international serait la « voie idéale » pour s’en débarrasser mais ce serait « extrêmement difficile », a convenu son collègue John Kerry. Des sénateurs américains préparaient d’ailleurs ce mardi une version modifiée d’une résolution pour autoriser le recours à la force en Syrie seulement en cas d’échec du plan russe visant à sécuriser les armes chimiques syriennes.
Vos réactions
Voir toutes les réactions C'est maintenant qu'il faudrait parler des Accords de Munich. L'occident va-t-il faire confiance à deux dictateurs qui marchent main dans la main ? L'un de père en fils et l'autre de président en premier ministre et vice versa. Jusqu'ici je doutais de l'opportunité d'une réaction musclée. Maintenant j'ai compris. Il faudra 10 ans aux experts de l'ONU pour faire l'inventaire des armes chimique de Bashar et cela dans un pays en guerre. Vous aimez la farine ?
honte à nous Il fallait bombarder la Syrie, ou plutôt le régime syrien, bien plus tôt. Maintenant, Assad donne l'illusion d'avoir coopéré et il a les mains libres pour continuer à assassiner son peuple, après tout tant que les armes sont légales où est le mal ? Et qu'on arrête de nous faire croire que après Assad, ce serait le chaos islamiste et radical. Quelques centaines de mercenaires et bandits se réclament d'Allah comme en Lybie, en Irak ou au Mali. Honte à l'Occident qui avait ce devoir d'ingérence et en passant merci aux américains qui nous protègent depuis 1945.
Un des arguments des partisans d'une intervention en Syrie contre le régime de Bachar al-Assad, est que ce conflit a déjà fait 100.000 morts. (L'intervention US en Irak est évalué à 500.000 morts). Ce régime est sans conteste tyrannique, pas un modèle d'humanisme. Il n'est pourtant pas le seul responsable du carnage et son armée compte aussi des morts. Il y a pourtant une grande inconnue, les groupes, les individus et les Etats qui ont conduit ce pays au chaos. Le printemps arabe comme prétexte pour imposer notre modèle au reste du monde, en jouant sur la carte sensible de l'ingérence humanitaire. J'ai des doutes concernant le prix à payer pour les populations et son assentiment à une entreprise aussi hasardeuse. En fait, les seuls qui veulent que les autres subissent la guerre, c'est cette bande de fanatiques qui de Paris à Washington, domine le monde. Bien assis dans leur fauteuil, attendant que les choses se fassent, en sirotant leur verre. Un billet d'avion pour La [...]








L'enfer du décor. La base de votre argumentation : El Assad et Poutine, c'est rien que des méchants dictateurs. Ce n'est pas un argument, c'est un anathème. Poutine a été démocratiquement et confortablement élu par son peuple, mais sa politique ne plaît pas à nos dirigeants et il est matraqué par nos médias pour tout et pour rien. Pour l'instant, il est un des rares dirigeants à garder la tête froide. Quant à nous, nous sommes en droit de nous demander jusqu'à quel point nos démocraties fonctionnent encore. Quand à El Assad, il est voué aux gémonies non tant pour ses "crimes" sans cesse ressassés mais jamais détaillés, mais bien pour son indocilité face à ses puissants voisins alliés de la maison blanche (Turquie, Is ra el, Emirats divers).