Syrie: (presque) tout le monde est content
Tout le monde, ou presque, est content. Tout le monde, ou presque, est surtout soulagé. Quoi ? Il n’y aura (sans doute) pas de frappes américaines sur les installations militaires du régime de Bachar el-Assad. Obama s’est rallié à la proposition russe qui date de lundi de placer l’arsenal chimique syrien sous contrôle international avant destruction.
C’est à se demander si Poutine et lui ne se sont pas mis d’accord à Saint-Pétersbourg sur ce compromis inespéré qui sauve la face de l’un et de l’autre.
La Syrie s’était empressée d’accepter l’offre russe peu après sa divulgation. Etait-elle aussi à la source du marché ?
Cet empressement montre en tout cas l’erreur magistrale de ceux qui soutenaient que les frappes américaines annoncées « n’allaient de toute façon rien changer ». Car pour que ce régime dictatorial orgueilleux jusqu’à l’arrogance considère que la destruction – certes toute théorique tant qu’elle n’aura pas eu lieu – de son arsenal chimique est préférable à des frappes, c’est que la perspective des centaines de missiles de croisière Tomahawk américains annihilant des cibles militaires stratégiques faisait méchamment trembler les dirigeants à Damas.
En effet, en toute logique, parmi les cibles que les Américains allaient privilégier, on trouvait les chasseurs bombardiers, les hélicoptères, les bases de lancement de Scud et autres aérodromes militaires utilisés de manière quotidienne pour bombarder les villes et villages en rébellion. C’est-à-dire que le monopole absolu des airs dont dispose l’armée loyaliste sur les rebelles risquait d’être, sinon réduit à néant, du moins, largement handicapé. Sombre perspective.
De son côté, Barack Obama peut estimer qu’il a bien joué le coup. Son projet de frappes ne procédait pas d’un impératif moral. Cela se saurait si les Américains protégeaient leurs intérêts au nom de la morale. Non, il s’agissait de mettre le holà dans la problématique des armes de destructions massives comme les gaz, dont les grandes puissances, et surtout « la » grande puissance, ne peuvent tolérer l’usage par des Etats voyous ou, pire et qu’à Dieu ne plaise un jour, par des terroristes.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Oui presque tout le monde est contant. On en a marre des vas-t'en guerre qui monopolise l'espace médiatique ! Enfin, tout le monde se réjouit après avoir subit la pensée unique des vas-t'en guerre pendant si longtemps. Il n'y a pas de bon et de méchant. Dire qu'il y a des bons et des méchants, choisir un camp dans un conflit, c'est d'office choisir la guerre. Restez rêver d
Les syriens qui meurent tous les jours sous les bombes de leur tyran...et des rebelles, monsieur. Vous oublier qu'il s'agit d'une guerre civile. La question n'est pas la légitimité du pouvoir Syrien (ça ce n'est que l'argument), la question est comment doit réagir un gouvernement face à une opposition armée qui tente de prendre le contrôle du pays ? Les morts sont autant ceux du régime que des rebelles. Il s'agit d'une guerre civile. Le champs des combat, c'est les villes, les quartiers, des zones parfois habitée dont les habitants sont les otages sous les tirs croisés.
Avez-vous le dernier rapport de l'OSDH monsieur Loos, ce dernier qui est déjà un organe de propagande des rebelles donne le décompte des morts et le constat est cinglant : Plus de 60% des "110000 morts" appartiennent au camp de l'armée (55000 morts militaires et milices pro-bashar), pourriez-vous dès lors nous dire qui il faut défendre contre qui au juste et pourquoi intervenir dans un conflit où le nombre des morts sont avant tout des gens du règime ? Le nombre de réfugié étant des gens qui vivaient dans la sécurité avant cette guerre civile, je vous le redemande, qui faut-il protéger contre qui sachant que ce n'est pas le régime qui tue le plus mais bien les terroristes d'Al Qaida soutenus par les renseignements de l'Arabie Saoudite et du Qatar ? https://m.facebook.com/syriaohr?id=121855461256134&_rdr#!/story.php?story_fbid=414917708616573&id=121855461256134&__user=792027271
Washington est aussi solidement épaulée dans cette destruction par l'extrême droite saoudienne et qatarie.



Et si les Russes avait des preuves qu'il s'agisse des rebelles et ce revirement ne serait que le résultat de la pression de brandir ces preuves sur les Etats-Unis ? Plausible. Pour ne pas perdre la face après les couveuses de Koweit City, les armes de destruction massive en Irak (et sans doute bien d'autres), les E-U font un revirement au bon moment pour éviter d'être à nouveau pris la main dans le sac ? Plausible.