Le Rideau fait rrrrugir les auteurs belges
Avec la première édition du RRRR Festival, le Rideau de Bruxelles met à l’honneur les nouvelles
écritures belges francophones.
Depuis toujours, le Rideau de Bruxelles se fait fort de défendre les écritures belges francophones. Mais ce mois-ci, le théâtre passe à la vitesse supérieure pour mettre un tas de nouvelles plumes dans son moteur. Ce qui fait rugir le bolide, puisque la saison s’ouvre sur le RRRR Festival, dédié aux jeunes auteurs belges.
Parce que le Rideau sera encore nomade cette année – le temps que l’XL Théâtre fasse peau neuve pour l’accueillir en ses murs – c’est au Poème 2 que se déploient les cinq semaines de cet événement boulimique : 4 spectacles, 9 lectures, 13 auteurs vivants et 45 représentations au rythme de 2 spectacles par jour. « L’idée est partie de notre comité de lecture, La Liseuse, se souvient le directeur du Rideau, Michael Delaunoy. Nous avions l’impression qu’il y a beaucoup d’auteurs en Belgique mais qu’ils sont peu promotionnés. A part pour des grands noms comme Jean-Marie Piemme, le relais se fait plus dans les petites structures que dans les grandes. Aujourd’hui, l’écriture de plateau est en vogue et occupe beaucoup d’espace, mais il ne faudrait pas en oublier les auteurs de textes. On ne voulait pas créer un simple festival de lectures, comme il en existe déjà. On voulait proposer des spectacles, avec de vraies propositions scéniques, même si ça reste des formes légères. Ces formes pourront soit être reprises telles quelles plus tard, soit être complétées si on estime que ça mérite d’être creusé. Proposer ces formes légères permet d’être au plus près du mouvement de l’écriture, de voir des choses qui se créent dans l’instant. L’idée est de créer une émulation. La forme du festival permet d’attirer le public, mais aussi les professionnels, des programmateurs qui repartiront avec des textes sous le bras. »
Pour créer cette dynamique, le RRRR propose un véritable bouillonnement qui envahira la salle et le bar du Poème 2, avec notamment des rencontres autour de thèmes précis comme « promouvoir les nouvelles écritures dramatiques », « l’écriture dramatique s’enseigne-t- elle ? » ou encore « histoire belge, histoires intimes ». Chaque vendredi du festival, ces rencontres réuniront des gens venus de Pologne, du Québec ou du Royal Court en Angleterre.
Parmi les spectacles, on retrouvera de passionnants auteurs à suivre, comme Céline Delbecq ; s’il est une auteure belge qui monte, c’est elle. Avant de dévoiler son Eclipse totale aux Tanneurs, Céline Delbecq propose ici Seuls avec l’hiver : Carl-Hadrien est en fin de vie ; Sonia, sa femme, est à son chevet. Elle fait un puzzle mais les pièces se perdent. Il y a aussi Priscilla, Lucie et Germaine. Mais sont-elles vraiment là ? Dehors, des milliers d’étourneaux. Comme chaque année, ils se regroupent pour les laisser seuls avec l’hiver...
On découvrira aussi Tarzan de Thierry Lefèvre, histoire d’un homme qui se bagarre pour trouver sa musique. Mais aussi Le dire troublé des choses de Patrick Lerch, 60 textes courts, matériaux pour actrice et acteur, superposition de crises passagères ou durables, puisées dans nos vies. Cuisine de phrases pour petites et grandes bouches, dont la texture des mets et des arômes prendrait le tempo du blues ou du jazz. Et puis encore Magnifico d’Axel Cornil, histoire d’un café traversé par la guerre. Parmi les chaises retournées se joue le destin de cinq personnages, le tout raconté par un jazzman sur fond de cappuccino onctueux et de mauvais whisky.
Du 16 septembre au 5 octobre au Rideau de Bruxelles. www.rideaudebruxelles.be



