Plus de 1800 lots chez Elsen
La Belgique est en couverture du catalogue, avec une pièce de la plus haute rareté dont les spécialistes apprécieront le haut degré de conservation « presque fleur de coin ». Estimée 22.500 euros, elle figure parmi les plus chères de la vacation. Frappée en 1841, elle montre le premier roi des Belges, Léopold Ier (1831-1865) de profil portant une couronne de feuilles de chêne. Une couronne semblable figure au revers de la pièce.
Remontons le temps pour épingler un écu de Maximilien Emmanuel de Bavière (1711-1714) frappé à Namur en 1713. Cette pièce extrêmement rare nous replace durant la Guerre de Succession d’Espagne. A cette époque, Maximilien Emmanuel, associé à la France, gouverne Namur et y ouvre un atelier pour frapper la monnaie. De 1711 à 1714, Namur est la capitale d’un petit Etat souverain comme en témoigne ce très bel écu dont la tranche est ornée d’une couronne de feuilles palmées. Son droit montre le souverain en buste, coiffé d’une grande perruque tandis que le revers porte un écu rond et couronné, entouré du collier de la Toison d’Or. Il faudra débourser quelque 3.000 euros pour l’acquérir, soit 1.000 euros de moins que ce demi-gros au chevalier frappé vers 1309 à Genappe. Cette pièce de la plus haute rareté semble être le « meilleur exemplaire connu » de cette monnaie portant le nom de l’atelier de Genappe. Il s’agit de surcroît de l’une des monnaies les plus rares de la numismatique brabançonne. Cet exemplaire de 2 g se distingue des 2 autres répertoriés par l’absence du premier « a » dans « Brabantie », un manque attribué à une distraction du graveur ! Le droit est occupé par un chevalier galopant tenant un étendard tandis qu’au revers figure une croix avec une légende intérieure.
« de la plus haute rareté »
Nous arrivons maintenant au haut Moyen Age avec ce denier de Tournai de l’empereur Charles le Chauve (875-877), un exemplaire de la plus haute rareté (deux seuls sont connus) provenant de la collection J-J Simoens et estimé 7.500 euros. Cette pièce porte un monogramme carolin au droit et une croix au revers. Elle témoigne de l’activité monétaire de Tournai où un atelier est attesté de la fin du VIIe siècle jusqu’à la période carolingienne (jusqu’en 880-881, date de la destruction de la ville par les Vikings). Il faudra attendre le XIIe siècle pour qu’un nouvel atelier soit ouvert, sous l’autorité des évêques de Tournai. Clôturons par un tremisse frappé à Huy vers 640 et provenant également de la collection Simoens. Il s’agit d’un monétaire Bettelino avec un buste stylisé au droit et une croix posée sur une base avec pendants contenant un globule au revers. Il est décrit comme étant « de la plus haute rareté ». L’atelier de Huy est connu pour être l’un des plus importants de nos régions à cette époque.
Pour terminer par une histoire dans l’histoire, mentionnons cette « folle » de l’atelier de Constantinople frappée en 541-542, sous le règne de Justinien, et présentant une effigie déformée de l’empereur. Ce rendu déformé avec la mâchoire tuméfiée correspond à la période de pandémie de peste bubonique qui frappa la ville en 542 et qui atteignit même l’empereur. Celui-ci est représenté malade, probablement à des fins de propagande, pour montrer qu’il partageait les souffrances de son peuple ou pour rappeler le soulagement apporté par la distribution de ces pièces. Justinien décréta en effet une distribution d’argent à la population pour compenser les difficultés engendrées par la pandémie. Toute cette histoire est condensée dans ce « très beau » lot estimé 100 euros. Comme quoi, chaque pièce participe à un degré du savoir.
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Vente le 14 septembre 2013 avenue de Tervueren, 65 - 1040 Bruxelles.


