Saint-Feuillien s’invente une cousine américaine
Grisette et Saint-Feuillien s’écoulent toujours à 70 % en Belgique. Mais l’export prend chaque année plus d’importance. En France mais aussi aux Etats-Unis où est née la Belgian Coast IPA.
Sous son étiquette verte et crème sérigraphiée, elle dévoile sa couleur ambrée. La Belgian Coast IPA est née de l’union de la Brasserie Friart (Saint-Feuillien) et de la Green Flash de San Diego (USA). Une naissance qui n’a rien de fortuit : les deux microbrasseurs collaborent depuis près de quatre ans et souhaitaient marquer le coup à l’occasion du 140e anniversaire de l’entreprise hainuyère. Une bière « américaine » (même si l’India Pale-Ale a été conçue au XVIIIe siècle en Grande-Bretagne) avec des accents belges.
Sa robe dorée cache sept variétés de houblon (américains, belges, ainsi que le Galaxy australien). Fort houblonnée, elle est également très maltée et présente une amertume élevée (mais moins que la plupart des IPA d’outre-Atlantique). Disponible en fûts de 20 litres (7 % d’alcool) et en bouteille de 33 cl (7,5 %), elle sera brassée en Belgique mais en quantité limitée (500 hl environ) et destinée en partie au marché américain.
C’est que l’Amérique constitue un nouvel Eldorado pour la brasserie rhodienne, qui se porte comme un charme. Son chiffre d’affaires (7,720 millions en 2012) a progressé de 15 % en un an. Sa production, de 35.000 hl l’an dernier (+10,5 %) devrait encore progresser en 2013 pour franchir la barre des 40.000 hl l’année prochaine. Une production qui s’écoule désormais majoritairement dans la grande distribution (à 58 %) plutôt que dans l’horeca, grâce à une présence dans les rayons de Delhaize et de Carrefour qui a permis à la Saint-Feuillien de s’implanter sur le marché national.
Mais la nouveauté désormais, c’est que l’exportation absorbe désormais 30 % de la production. Et les marges de progression paraissent énormes. La France se taille la part du lion (42 %). Rien de surprenant, explique Benoît Friart : les pays de tradition viticole ont une expérience de la dégustation qui les amène à apprécier les bières spéciales. Après l’Hexagone, ce sont les Etats-Unis qui arrivent en 2e position (14,5 %). La concurrence y est forte mais les produits de bouche belges y connaissent un succès grandissant. La Belgian Coast devrait donc permettre de consolider les parts conquises par Saint-Feuillien et consort. Suivent le Danemark (en recul), l’Italie, les Pays-Bas puis le Japon, où cinq week-ends de la bière belge ont été organisés cette année, drainant à chaque fois 10 à 15.000 visiteurs.
L’année du 140e anniversaire marque également la fin de la deuxième phase de modernisation de la brasserie. Au total, 6,140 millions ont été investis dans l’outil de production. Avec à la clé une réduction de 30 % de la consommation énergétique et de 25 % de la consommation d’eau. Et la mise en place d’une salle de brassage entièrement automatisée. Les plus curieux pourront s’en apercevoir ce dimanche : la brasserie du Rœulx ouvre au public les grilles de la rue d’Houdeng, pour des visites de ses nouvelles installations. Et pour dégustation, si affinités.



