La couture se monte en épingle
Fil et aiguille s’imposent comme une nouvelle tendance qui touche toutes les générations.
La couture, un truc ringard ? Plus vraiment non… En témoignent les chiffres de vente des machines à coudre qui explosent : une augmentation de 40 % pour la marque Singer ces huit derniers mois, et une évolution constante des ventes durant ces quatre dernières années pour le magasin Bernina à Bruxelles. Un effet de la crise ? Pour faire des économies dans les vêtements, la tendance est à l’ourlet, à la retouche, au raccommodage. Mais les couturières nouvelles générations ne s’arrêtent pas là. Pour preuve, ce concept assez neuf de café couture.
La couture, un savoir perdu
Un café couture, kesako ? Un endroit où l’on boit tranquillement un café en papotant et en raccommodant ses vêtements ? Oui, mais pas seulement. A Bruxelles, le café couture Les Midinettes existe depuis un peu plus d’un an. À l’origine de ce projet, deux jeunes femmes, Isabelle Collignon et Mathilde Liégeois. Elles veulent offrir un espace où il est possible de louer une machine à coudre, de venir faire ses retouches, suivre des ateliers de couture. On y trouve également une boutique de mode. « Le concept a très vite fonctionné, nous n’avons pas dû courir après la clientèle , explique Isabelle Collignon, alors qu’elle prépare son cours de couture en repassant les tissus. Nous surfons un peu sur cette mode de l’artisanat, de la récup’. Les gens veulent de plus en plus faire des choses par eux-mêmes. Et puis la génération de femmes qui savaient coudre, du temps de nos grands-mères, disparaît peu à peu. Il n’y a plus de couturière dans les familles. Alors, au lieu de payer parfois cher pour une retouche, on vient suivre des cours pour le faire soi-même » Peu à peu, ses élèves arrivent. Toutes des jeunes femmes, la trentaine. Elles sont venues s’initier aux bases de la couture. Au programme, confection d’une pochette doublée. Il faut apprendre à confectionner le patron, découper les tissus, puis coudre à la machine… Trois heures de travail manuel et de détente.
Porter ce que l’on a créé
Mathilde Liégeois garde la boutique pendant que son acolyte donne les ateliers couture. « Ce sont surtout des jeunes femmes, entre 25 et 55 ans qui assistent aux cours. Elles viennent pour apprendre les techniques de base de la couture, mais aussi pour créer leurs propres vêtements. La couture est revenue à la mode, car c’est une activité qui peut être très créative, mais aussi utile. Nous avons beaucoup de jeunes femmes très motivées à créer elles-mêmes leurs vêtements avec de beaux tissus. C’est le plaisir de pouvoir porter ce que l’on a confectionné de ses propres mains. »
Car après ces cours d’initiation, il n’est pas rare de voir les novices se prendre au jeu, et de commencer à confectionner vêtements et objets de décoration. Pour elle-même, ou pour offrir un cadeau original et personnalisé.
Cet engouement pour la couture touche aussi les plus jeunes. Johanne Lauwer a ouvert le premier café couture de Belgique à Genval, le Sew & So. « Il y a vraiment un saut de génération. Les adolescentes d’aujourd’hui s’intéressent beaucoup à la couture, et viennent suivre des cours, car leurs mamans ne savent plus coudre. Et ce qui est vraiment très chouette, c’est de voir ces mamans toquer à ma porte. Elles ont vu les créations de leur fille, et ça leur a donné envie de s’y mettre. »
La couture quitte les hautes sphères pour revenir dans nos foyers. Elle est redécouverte comme un véritable mode d’expression artistique.



