Torture d’Angélique: l’enfance des accusés a été un «enfer»
Les témoins de moralité des accusés ont été entendus ce mercredi après-midi aux assises du Hainaut. Ils décrivent une violence intrafamiliale extrême.
Les derniers témoins de personnalité ont été entendus mercredi après-midi devant la cour d’assises du Hainaut, au procès de Jean-Christophe Hurchon, âgé de 27 ans. L’accusé doit répondre de torture et traitement inhumain sur Angélique S. entre le 1er septembre et le 23 novembre 2011 à Jemappes (Mons), ayant entraîné une incapacité permanente physique et psychique. Clara Hurchon doit répondre de non-assistance à personne en danger. Les témoins de moralité des accusés ont été entendus mercredi après-midi. La tante paternelle des accusés est venue expliquer qu’elle a contacté les services de la jeunesse lorsqu’elle a constaté que Jean-Christophe Hurchon et ses neuf frères et sœurs squattaient des maisons parce qu’ils n’avaient pas de logement. La situation familiale extrêmement précaire, les mauvais traitements infligés aux enfants et l’absence de scolarité avaient nécessité leur placement en institution.
Violence
Celui-ci s’est avéré complexe, selon la responsable, parce que les aînés avaient tendance à reproduire la violence familiale qu’ils avaient subie. Nonobstant les témoignages unanimes qui démontrent la violence intrafamiliale et l’insistance de la présidente, les parents des accusés ont refusé de reconnaître la maltraitance dont ils se sont rendus coupables. Seule Chantal C., la mère, a fini par admettre que ses enfants avaient souffert.
Après les parents, les derniers enfants de la famille Hurchon ont confirmé que leur enfance était « un enfer ». La plupart, après leur sortie des institutions et le retour au domicile familial, se sont enfuis pour trouver refuge chez leurs frères et sœurs aînés. « Ma mère m’avait mise à à moitié nue au milieu de la rue. Elle m’avait frappée tellement fort que ma sœur a dû m’amener à l’hôpital », a indiqué Maité H. Pour Catherine H., condamnée par la cour d’assises du Hainaut il y a une dizaine d’années pour coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner, quand on n’a connu que la violence, il est difficile de faire autrement. « Il faut réapprendre à communiquer pour briser le cycle infernal de la violence », a précisé le témoin.
« J’ai perdu la raison »
Jean-Christophe Hurchon, 27 ans, a reconnu ce mercredi matin qu’il y avait eu deux scènes distinctes de brûlures à quelques jours d’intervalle. Interrogé sur les raisons pour lesquelles il avait torturé la victime, l’accusé a répondu : « J’étais malheureux. J’ai repensé à mon enfance et j’ai perdu la raison »
L’instruction d’audience étant close, les parties civiles et le ministère public, représenté par l’avocat général André Dessart, entameront le débat sur la culpabilité en fin d’après-midi.
Vos réactions
Voir toutes les réactions 3. brusselaar dit le 11/09/2013, 17:03 Alors, il faut être plus directif et prendre les mesures nécessaires.
Pour juger, on examine d'abord si les faits sont clairement établis (à telles date et heure, telle personne à bien posé tel acte), on tient compte aussi de ses conséquences pour la victime et la société. On voit ensuite comment les actes sont directement imputables aux accusés (n'ont-ils pas agi sous la menace, sous pression ?) Si la réponse est oui aux deux premières questions comme c'est le cas, vient alors une 3 ème réflexion sur les circonstances aggravantes ou éventuellement atténuantes. Ici, on en est déjà à l'ultime réflexion après avoir zappé les premières, pourtant essentielles. Mais c'est le mal du siècle.
muleta expliquez cela à des gens dont le cerveau se réduit à un poix chiche relève d'une gageure. Les enfants de l'alcool !
On peut débattre pour savoir si il s'agit de circonstances atténuantes mais une chose est sûre : ces témoignages devraient autoriser à poursuivre les parents comme coauteurs!




une vérité toute simple Pour comprendre ce type de comportement, lire Alice Miller. La violence éducative - qu'elle soit verbale, physique, sexuelle - finit toujours par se répéter. "On fait subir aux autres ce que l'on a subit". Pour sortir de ce cercle infernal : conscientiser ses propres blessures... La plupart des gens "préfèrent" refouler leur souffrance, les humiliations subies... Et restent prisonnier de la violence... Si l'humanité avait conscience de cette vérité toute simple, notre monde serait bien différent.