Alain Courtois: «Pas un euro public pour le stade national»
Un accord politique a été trouvé pour la construction d’un nouveau stade national sur le parking C du Heysel. La Belgique dépose ce jeudi sa candidature pour accueillir l’Euro 2020 de football. On en parle avec Alain Courtois (MR), de 14h30 à 15h30.
Alain Courtois connaît bien les contraintes liées à l’organisation d’un événement d’ampleur tel qu’un Euro de football, et pour cause : il était à la manœuvre lors du championnat d’Europe organisé conjointement avec les Pays-Bas, en 2000.
Ce jeudi, la Belgique a envoyé sa candidature pour accueillir une ou plusieurs rencontres de l’Euro 2020 qui se déroulera, selon le souhait du président de l’UEFA, Michel Platini, dans plusieurs grandes capitales européennes.
Reste que de nombreuses questions se posent, comme le type de stade, son financement, le coût pour la collectivité…
Vous avez interpellé Alain Courtois dans le chat qu’il nous a accordé entre 14h30 et 15h30. En voici le résumé.
Sebtwitter : pensez-vous que juridiquement la NVA puisse empecher la construction du stade ?
Nous avons commencé la définition du stade avec des techniciens et des experts. Une fois que cette ébauche aura été terminée pour le 1er novembre, nous la soumettrons aux différentes autorités pour le suivi et vérifier les faisabilités urbanistiques, de mobilité et de sécurité. Tout ceci nécessitera bien sûr un accord de coopération entre les Régions et le Gouvernement fédéral. Et je vous rappelle que la N-VA siège au Gouvernement flamand.
Jean-Claude : Rares sont les politiques qui clament haut et fort que Bruxelles a besoin d’un stade. Vous êtes l’un des seuls. Qu’avez-vous à y gagner, et surtout qu’est-ce que les Bruxellois ont à y gagner si ce n’est un énième gouffre financier, et ce alors que nous avons plus que jamais besoin d’écoles, de crèches, de transports publics efficaces.
Je suis le premier à défendre et à m’indigner des conditions d’accueil des enfants dans les crèches, à m’indigner de l’enseignement actuel et de ses programmes et à me battre pour assumer le développement démographique de la Région. Ici, il s’agit d’un autre dossier. Si je suis le seul politique à défendre un stade, c’est parce que la Belgique est le seul pays à ne pas en avoir. Bruxelles est la capitale de la Belgique, la capitale de l’Europe et notre pays n’a pas une enceinte multifonctionnelle comme dans n’importe quel pays ou capitale du monde entier. Vous parlez de subsides publics ? Nous parlons d’investissements privés. Vous parlez de dépenses inutiles ? Nous parlons d’un lieu national pour des événements nationaux d’envergure, et particulièrement pour notre équipe nationale de football que je vous remercie de soutenir parce qu’elle est encore un ciment de ce pays.
Croco : On entend dire que le public ne devra pas débourser un centime pour ce stade, mais si le privé ne répond pas présent, que va-t-il se passer ?
La grande différence avec le passé, puisqu’on essaie d’avoir un stade depuis 1988, c’est que les investisseurs privés sont intéressés par un stade multifonctionnel. Nous irons au bout du business plan avec les parties concernées et c’est pour cela que des techniciens doivent avant le 1er novembre déterminer le rapport coût-événement dans un tel stade. Je ne peux m’imaginer que les investisseurs privés s’engagent à la légère dans ce type d’opération et j’ajoute que tous les montants évoqués aujourd’hui sont pure spéculation puisque personne n’a encore fixé de quel type de stade on parle.
Jérôme : Expliquez moi l’intérêt qu’aurait Anderlecht d’évoluer dans le nouveau stade national avec une piste d’athlétisme ce qui est un « tue l’ambiance » pour un sport comme le foot.
Pour ce qui concerne Anderlecht, le club est cité comme résident dans le stade. Il va de soi que c’est un élément important du business plan des investisseurs privés. Mais on ne peut pas reprocher à Anderlecht de laisser poursuivre sa demande d’extension du stade au parc Astrid pour ne pas tomber entre deux chaises. Il est sûr qu’Anderlecht sera consulté sur le futur stade. La piste sera évaluée économiquement et, aujourd’hui, personne ne peut dire s’il y en aura une ou sous quelle forme.
Comi : Pas de subsides publics dites-vous ? Même pour les accès et abords ?
C’est une des justifications de l’implantation du stade sur le parking C, terrain de la Ville de Bruxelles. Ce développement du stade s’inscrit dans le développement du projet Neo pour lequel, de toute façon, il fallait aménager la mobilité et l’accessibilité du site. Par rapport aux autres sites proposés, Schaerbeek-Formation ou l’ancien site de l’Otan, il eût fallu développer des aménagements nouveaux et supplémentaires de mobilité et d’accessibilité. Ici, avec le parking C, on fait en quelque sorte d’une pierre deux coups, surtout si ce stade sert, comme à Amsterdam, de noeud de communications diverses.
Monique : Monsieur Courtois. Je pense que vous n’avez pas conscience du côté « choquant » de ce projet de stade extrêmement onéreux pour les Bruxellois en regard des véritables besoins de cette population. Et le fait que vous justifiez sa construction par des arguments aussi légers que « l’image » ou le « ciment » d’une nation, je trouve ça très limite. Le stade doit attendre.
Au risque de me répéter, de quoi vous plaignez-vous Madame ? Des investisseurs privés vous construisent un stade que les pouvoirs publics n’ont pas le courage d’édifier 25 ans après le drame du Heysel. Pas un euro public. Il aurait été préférable que des investisseurs privés achètent en douce un terrain, y construisent un stade et viennent dire aux pouvoirs publics : venez le louer pour vos manifestations, vos concerts, vos événements ?
Vos réactions
Voir toutes les réactions Conseil d'administratioo Si les pouvoirs publics et la fedération foot n'investissent pas un
Le seul intérêt de ce stade est de créer des postes d'administrateur chichement rémunérés. On y retrouvera bien évidemment un certain Courtois !
Comme dans toute bonne dictature, le chat a été censuré. Quand j ai posé la question de l intelligence limitée de élus bruxellois a allez installer un stade en Flandre quand on connais la politique flamande envers le français.




Ce projet est tout simplement inacceptable. Alors monsieur Courtois, votre stade pour les gamins qui jouent à la baballe, c'est vous qui le financez, ou qui trouvez les financements privés. Pas question de garantir un kopeck via les deniers publics. Il y a bien d'autres priorités autrement plus importantes que le foot dans ce pays. Vous pourriez financer en revendant les vidanges de jup des supporters ?