La fin de l’Europe? En tout cas,la fin de Barroso
Le « discours sur l’état de l’Union », prononcé par le président de la Commission européenne devant les eurodéputés, constitue un grand moment de l’année européenne. C’est l’occasion de prendre de la hauteur, de parler pour l’Histoire. Opération politique, opération de communication : José Manuel Barroso a montré dans le passé qu’il pouvait exceller dans l’exercice.
Il nous est même revenu que le président de la Commission avait dépêché certains de ses communicateurs auprès de l’ambassade américaine à Bruxelles pour obtenir quelques bons conseils. On sait que le « discours sur l’état de l’Union » est une tradition américaine, qui fait l’objet d’infinis soins. Les diplomates américains ont notamment expliqué à leurs étranges visiteurs que Barack Obama, lui, s’adressait à 314 millions de citoyens, et pas à la « bulle » de Washington, qui partage tant de caractéristiques avec celle du Bruxelles européen.
Hier, à Strasbourg, José Manuel Barroso a pourtant complètement raté son discours. On aurait dit n’importe lequel de ses discours – et il y en a…
Le président de la Commission sous-estime-t-il la menace ? Ou n’a-t-il plus d’idées ?
Nous assistons peut-être au début de la fin du projet européen. Perspective qui donne le vertige…
Mais nous avons assurément assisté hier au début de la fin de José Manuel Barroso. Le PPE, sa famille politique (de centre-droite), va avoir beaucoup de mal à désigner, dans les prochains mois, un candidat à sa succession. Surtout parce que nombre de ténors PPE dirigent leur pays, et qu’il serait délicat pour eux de se déclarer candidat à l’investiture, de s’avancer à découvert. José Manuel Barroso était parfois cité comme solution de compromis. Gageons cependant que le 13 novembre, lorsque le sommet du PPE se réunira à Bruxelles, son nom ne figurera plus sur la liste des « possibles. »
Vos réactions
Voir toutes les réactions C'est uniquement une question de rapport de forces géopolitique. Les Anglo-Saxons veulent garder l'Europe divisée et soumise où ils imposent leurs lois, capitaux, taux, procédures, exigences, télécoms, culture... En plus de cette vieille manie anglaise d'opposer germains et latins, ils attaquent en permanence ce qu'ils appellent la "périphérie" : Portugal, Grèce, Chypre, Malte, Islande, et récemment les pays Baltes, etc. Les Anglo-saxons ont provoqué la crise européenne.
José Manuel Barroso brigue des hautes fonctions à l'OTAN, prestige et retraite dorée assurée, encore plus que son poste actuel c'est dire si c'est intéressant. Pour ce faire il faut séduire les tauliers du Traité : les USA. Du coup, dans le souci de plaire il a tout fait pour que l'Europe ne soit non pas un partenaire ou un sain concurrent des USA, mais bien l'éternel vassal satellitaire. Indépendance de l'Euro face au Dollar US ? Sabotage barrosien. Diplomatie européenne forte non inféodée à Washington ? Tacle de numéro 1 européen, au dessus du genou à la Di Meco. Politique européenne sur les OGM ? Sape du pompier portugais. Je crois en un grand projet européen comme beaucoup de citoyens, mais nos leaders eux n'y croient pas. Comme peuvent-ils nous convaincre dans ce cas ?
17. sdway : Très juste votre post ! Nombreux sont les intervenants sur ce site qui ont plus de diplômes , de connaissances , d' expérience , d' intelligence que ces journalistes qui nous assènent leur opinion personnelle sans se donner la peine de l' argumenter valablement . Delvaux , Kuczkiewicz , Labaki , ...
"José Manuel Barroso a pourtant complètement raté son discours"...? Fort bien, mais l'auteur de l'article pourrait-il donner au moins un ou deux éléments illustrant en quoi le discours était "complètement raté" et surtout, pour etre constructif, ce qu'il aurait voulu concrètement, entendre à la place? Sinon, je ne vois pas en quoi cet article est moins "creux" que le discours de J.M. Barroso.




@ ouietnon 12/09 19:39 - Excellent commentaire. Très perspicace. C'est à ce moment-là, bien avant la crise, que tout s'est joué.