Le 11h02: Syrie, «un mauvais procès à Hollande»

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La France, favorable à une intervention militaire en Syrie, est en position délicate : l’option diplomatique reprend vigueur et elle semble peser peu entre Américains et Russes. Joëlle Meskens a répondu à vos questions.

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Hollande ne s’est-il pas précipité et n’a-t-il pas eu tort de vouloir « punir » Bachar el-Assad ?

Non car il y avait déjà quelques jours qui s’étaient écoulés depuis l’attaque chimique. Toutes les limites de l’atrocité venaient d’être franchies, il fallait tenter quelque chose et marquer le coup. C’est tout à l’honneur de la France d’avoir brandi la menace d’expédition militaire. Ce n’est pas parce que la France est isolée que la France a tort ! Au contraire, depuis que François Hollande est arrivé à l’Elysée, c’est peut-être un tournant positif dans son quinquennat.

Comment expliquer que la France opte pour l’intervention militaire ?

Il y a un long historique entre la France et le Moyen Orient. Il y a une évolution de la politique étrangère française. Sa volonté est de redevenir la grande puissance internationale qu’elle était. Elle veut jouer un rôle dans ce monde multipolaire. On ne retourne pas au droit d’ingérence, mais c’est tout à l’honneur de Hollande de défendre des principes. L’attaque chimique viola la législation internationale. On peut certes discuter du mot malheureux « d’expédition punitive », mais là n’est pas l’essentiel. Dans d’autres dossiers, on avait vu se déployer la realpolitik, où l’on s’en tenait à la diplomatie, non sans intérêts commerciaux. On en revient à des choses audacieuses à mettre au crédit de Hollande, car elles ne sont pas simples. On est dans un vrai Mikado dans cette région du monde, où tout risque d’être bouleversé. La Syrie, ce n’est ni le Mali, ni la Libye.

Y aurait-il un contentieux entre la France et la Syrie, après l’assassinat de Rafik Hariri ?

Certes il y avait des relations très importantes entre la France et le Liban mais en cas de frappes militaires, c’est au Liban que les intérêts français pourraient être les plus attaqués.

Quelle image François Hollande donne-t-il à l’opposition ?

On lui reproche souvent d’avoir pris cette posture pour faire diversion par rapport aux problèmes intérieurs. Ce n’est pas recevable. La popularité des chefs d’Etat ne se fait pas sur des thèmes de politique extérieure. Quand on déclenche une guerre, l’opinion publique se range derrière son chef mais cet effet ne dure jamais très longtemps. On l’a vu avec Chirac qui avait dit non à la guerre en Irak, idem pour Sarkozy qui avait retourné l’opinion pour la convaincre de la nécessité d’une intervention en Libye. La cote de popularité monte dans un premier temps, mais l’effet ne dure pas.

La classe politique est-elle très divisée ?

Oui. Mais il y a une très grande constellation à l’intérieur de l’UMP. Alain Juppé défend la position de François Hollande depuis l’attaque chimique. D’où la difficulté pour l’opposition de déployer une stratégie politique, car elle n’est pas unie. Sarkozy serait lui-même dans le camp de ceux qui sont favorables à une intervention. Il n’a en tout cas pas renié cette position qu’il tient depuis un an.

Comment la France peut-elle se repositionner ?

Hollande ne s’obstine pas dans la voie de la guerre. C’était de la fermeté réfléchie. L’adage dit : pour avoir la paix, préparez la guerre. La France a eu le mérite de faire bouger les choses et d’aboutir à ce que Russie et Syrie soient d’accord pour éliminer l’arsenal chimique. On avance donc sur le chemin diplomatique, et c’est dû à la France. En revanche, Barack Obama a joué un pas de deux. Il a trahi Hollande car le recours au Congrès n’était pas prévu au moment où les deux hommes s’étaient entendus sur la nécessité d’une action. La France a dû s’adapter car elle ne peut aller seule en Syrie.

Quels sont les alliés sur lesquels la France pourra compter ?

Ils sont peu nombreux. Après le G20, Hollande a fait mine de se féliciter d’avoir obtenu une plus large coalition. Mais ce soutien ne se fait que sur la condamnation du massacre chimique. Au-delà de ça, personne ne veut y aller. Les choses évoluent d’heure en heure et ce qui m’a frappée, c’est qu’il y a eu un Conseil restreint de défense à l’Elysée, c’était le 3e depuis le point culminant de cette crise. L’État-major militaire était présent, ce qui veut dire que l’hypothèse militaire n’est pas encore écartée, qu’on réfléchit à une stratégie de cet ordre.

En conclusion ?

La France est parfois ridiculisée dans cette affaire, et c’est un vrai mauvais procès qu’on lui fait. Si on aboutit à un échec de la voie diplomatique, il faudra le mettre sur le compte des Nations Unies et d’autres pays, mais pas sur le dos de François Hollande.

Vos réactions

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11. BruxellesdanslaRue dit le 12/09/2013, 12:11

Pour remettre à leur place les révoltés de cuisine, les adorateurs du Che, et les bobos bisounours, enfin tous ceux qui se croient de gauche parce qu'ils osent mettre des pantalons verts et qu'ils ont un ami homosexuel, parce qu'ils donnent 25 euros à Greenpeace et qu'ils trouvent "cool" la manif SHAME, tous ceux qui sont vert dehors et bleu dedans, qui veulent défendre les arbres mais pas les ouvriers, ou ceux qui se disent "anarchistes" parce qu'ils se sentent individualiste mais de gauche, je dirai qu'on peut être de gauche et trouver que Hollande est une quiche, car justement Hollande et ses potes ne sont pas de gauche, et qu'ils gèrent comme des nazes. On peut combattre ensemble l'extrême-droite et Hollande pour des raisons différentes. Mais j'imagine qu'un tel raisonnement (ainsi que des longues phrases) ne sont pas pour plaire aux bobos qui ne diffèrent des fashos que par leur mièvrerie. Vive la gauche! Vive le peuple!

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10. Mouflette dit le 12/09/2013, 11:59

Hollande n'a été élu que parce qu'on ne voulait plus du nain arrogant. Même mon cousin de 13 ans aurait été élu face à Sarkozy. Vu d'aujourd'hui ça aurait même été préférable.

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9. Hellemme dit le 12/09/2013, 11:41

Minable A part un commentaire sur la syntaxe de la dépêche, rien que des commentaires minables de francophobes sarkophiles réactionnaires comme sur tous les forums phagocytés par la droite lointaine et l'extrême-droite, composée d'assistés passant leur temps à exhaler leurs humeurs peccantes.

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8. Jappy dit le 12/09/2013, 10:37

La bonne question à l'instar du titre, serait de se demander si il a déjà bien manoeuvré dans quelques dossiers que ce soit ? La France est devenu un véritable chantier d'incohérence.

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7. irontanga dit le 12/09/2013, 10:37

Je pense qu'on peut dire que Hollande a ajouté une nouvelle dimension au mot "minable". Il mérite la même notoriété que Chuck Norris dans la fameuse série de blagues, mais inversée. Je n'en reviens pas de cet exploit qui consiste à être arrivé à faire pire que Sarkozy. Au moins, Sarkozy avait un côté rigolo. Hollande est juste sinistre et lamentable. Le charisme d'une nouille molle.

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