Benjamin Pestieau (PTB):«Le stade est un projet financièrement risqué»
Le PTB estime que « si le privé ne met pas l’argent, ce sera au gouvernement de le faire », alors que ce stade national « ne répond pas aux besoins sociaux prioritaires des Bruxellois ».
C’est ce jeudi que l’Union belge, fort des signatures de Di Rupo, pour le fédéral, de Peeters, pour la Région flamande, et de Vervoort, pour la Région bruxelloise, doit envoyer sa déclaration d’intention pour que Bruxelles puisse accueillir des matchs de l’Euro 2020. Les pouvoirs publics ont assuré que le futur stade serait financé uniquement par le privé. Le PTB dénonce les risques financiers d’un tel projet, qui plus est selon lui éloigné des priorités des Bruxellois.
Pour le PTB, ce projet de stade est « financièrement risqué et peu soucieux des besoins sociaux des Bruxellois ». « Ce stade de football et d’athlétisme ne répond pas aux besoins sociaux prioritaires des Bruxellois, estime en effet Benjamin Pestieau, président du PTB-Bruxelles. En outre, il est basé sur une logique totalement erronée de «cascade de profits» » : « Nous voulons dénoncer le risque d’un investissement de 300 millions d’euros. Il n’y a pas encore un euro sur la table de la part du privé pour construire ce stade. Et si le privé ne met pas l’argent, ce sera au gouvernement de le faire. C’est totalement indécent, alors que, selon le gouvernement, il n’y a pas d’argent pour construire des logements, des écoles, ou pour simplement construire des infrastructures sportives pour la population bruxelloise. » « Qui paiera les aménagements urbains et de mobilité autour du stade ? » se demande Benjamin Pestieau, qui rappelle qu’il faudra bien réaménager ailleurs, les 10.000 places de parkings actuellement disponibles sur le parking C où il est prévu de bâtir le stade.
Le PTB dénonce également « la logique sur laquelle est basée cette décision ». Selon Dirk De Block, conseiller communal PTB à Molenbeek, « la réflexion de départ est que de grands projets de city-marketting, des projets «bling bling» vont attirer des touristes, des investisseurs et de l’argent. Or, dans les faits, cela ne se confirme jamais. ». Plus généralement, l’élu molenbeekois stigmatise aussi la situation dans laquelle le sport se trouve en Région bruxelloise, à partir de ce qu’il vit dans sa commune : « Une école de Molenbeek a déclaré récemment que ses élèves ne vont plus à la piscine depuis 10 ans alors que la natation est au programme scolaire. Et un élève sur trois ne va pas à la piscine à Bruxelles avec l’école. Des dizaines de clubs de sport sont à la recherche de salles pour leurs activités et les jeunes sont obligés de s’entraîner dans infrastructures inadaptées. Et face à cette réalité dramatique du sport en Région bruxelloise, le gouvernement décide de concentrer son énergie sur un projet mégalomane. » Il salue, à l’inverse, l’initiative de Vincent Kompany qui, « lui, se préoccupe du sport pour tous avec son projet de club de foot pour les jeunes des quartiers ». Pour rappel, le capitaine des Diables rouges a décidé de s’investir dans le Football Club de Bleid, à Bruxelles, et d’y créer une filière pour les jeunes.
Pour le PTB, le gouvernement doit revoir sa copie en fonction, dit-il, des besoins réels des Bruxellois, eux, prioritaires. Et de citer « l’accès démocratique au sport à travers des chèques-sport pour les familles » ou « la construction d’infrastructures sportives de quartier est clairement prioritaire ». « Pour nous, le développement d’un tel stade national ne peut s’inscrire que dans cette logique et doit, donc, rapporter à la collectivité et aider la population bruxelloise à avoir réellement accès au sport. Dans l’état du projet, on en est bien loin », conclut Benjamin Pestieau.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Il est beaucoup moins coûteux et risqué de mettre à niveau le stade Roi Baudouin. A qui profitent les transformations projetées?
@unjoursansfin C'est vrai que Rudi Vervoort est un politicien de grande envergure (2000 voix aux élections, non?) mais ne sombrez pas dans la démagogie en affirmant que les gosses du peuple ne savent pas aller à la piscine. Par exemple, l'entrée à la piscine d'Ixelles coûte entre 1 et 3
Mais on s'en fout des pauvres ... On s'en fout que des gosses du peuple ne savent pas aller à la piscine ... Ce qu'on veut, c'est de voir des millionnaires immatures faire le fanfaron avec les deniers de l'Etat, histoire de frimer par exemple lors d'un diner mondain ayant pour thème la famine en Afrique. Imaginez un Rudi Vervoort lacher entre deux bouchées de saumon "j'ai fa construire un deuxième stade", la classe qu'il aura face aux autres membres lors d'une réunion du PS. Comme il mettrait minable un DiRuo/Martin avec sa petite piscine et sa fontaine défectueuse.




D'un coté le sport bling bling friqué encadré de mafieux, crapules et abrutis en tout genre et de l'autre coté, une population qui demande de l'éducation pour les jeunes, du bien-être et resituer le sport à un niveau normal et accessible à tous. A nous de choisir...