La construction passive fait débat

Paolo Leonardi
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Le standard passif, qui sera imposé à toute construction neuve à Bruxelles à partir de 2015 (et en 2017 en Wallonie), a ses partisans et ses détracteurs, notamment les architectes. La ministre Huytebroeck réagit.

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La ministre Evelyne Huytebroeck défend bec et ongles l’obligation de la norme passive à Bruxelles à partir de 2015. Photo 
: Le Soir (St)
    La ministre Evelyne Huytebroeck défend bec et ongles l’obligation de la norme passive à Bruxelles à partir de 2015. Photo : Le Soir (St)

A partir de 2015, toute nouvelle construction à Bruxelles devra obligatoirement proposer le standard passif, ce modèle de construction extrêmement économe en matière d’énergies. Adoptée en mai 2011 par la ministre bruxelloise de l’Énergie et de la Rénovation urbaine Evelyne Huytebroeck, cette mesure n’a pas manqué de positionner la capitale de l’Europe parmi les villes de pointe en la matière.

Mais la mesure fait aujourd’hui grincer des dents. Du côté de la construction qui voit ses pratiques chamboulées, mais aussi des architectes dont l’Ordre auquel ils appartiennent vient de communiquer le résultat d’un sondage au sujet de l’obligation de 2015. Sur les 621 architectes qui ont répondu, 403 se sont opposés à la mesure (seuls les architectes francophones ont été sondés).

Le sang de la ministre n’a fait qu’un tour. « Je suis vraiment étonnée, nous explique Évelyne Huytebroeck. Je suis courageuse mais pas suicidaire ! Le standard passif a été adopté en mai 2011 pour application en 2015, ce qui laissait au secteur quatre années pour s’adapter et pour nous de l’accompagner dans les changements. De plus, nous avions consulté tous les acteurs, les architectes, les promoteurs, les ingénieurs, les bureaux d’étude, les constructeurs… En juillet 2012, nous sommes tombés d’accord pour adopter un assouplissement sur les exigences requises pour qu’un bâtiment soit certifié passif. J’avoue ne pas très bien comprendre aujourd’hui l’attitude de l’Ordre des architectes. Il me semble mener un combat d’arrière-garde. Ceci dit, quand je vois que seulement 621 architectes ont répondu sur les 5.500 consultés, je relativise… »

La ministre Écolo persiste et signe. Et se dit à l’aise par rapport à une mesure qu’elle adopterait de la même manière si tout était à refaire. « Peut-être avons-nous été plus ambitieux à Bruxelles qu’ailleurs, c’est vrai, mais rien ne me fait dire qu’on ne peut pas y arriver, souligne-t-elle. Quand je vois le bâtiment que Bruxelles-Environnement est en train de construire à Tour&Taxis (NDLR : 16.000 m2), je me dis que nous sommes sur la bonne voie. »

Osez la rencontre !