Salon Francfort 2013 : du courant dans tous les secteurs

Dominique Dricot
Mis en ligne

L’événement germanique figure parmi les plus importants rendez-vous de l’année automobile. Les premières se comptent par dizaines, les constructeurs développent une multitude de concepts. L’hybride et l’électrique poursuivent leur petit bonhomme de chemin.

Dans le temple de Francfort où l’on célèbre, tous les deux ans, la grand-messe de l’industrie automobile (essentiellement allemande), c’est flagrant : les voitures à zéro émission ont la cote. Non, il n’y a plus gaz (d’échappement) à tous les étages. C’est vrai que les constructeurs généralistes avaient amorcé le courant alternatif voici quelques années. Mais, désormais, les marques premiums prennent pieds sur le terrain du taux d’émission rikiki tandis que les artisans spécialisés en prestations sportives haut de gamme proposent des engins plus sobres qu’un Zippo. Le comble, c’est qu’il ne s’agit plus de science-fiction mais d’une réalité palpable. Est-ce la voiture qui se met au diapason de la société ou l’inverse ? Allez savoir. Ni l’une ni l’autre n’ont plus vraiment de repères, de toute façon. Ce qui débouche sur des créations automobiles impensables voici peu de temps. Tant mieux.

A Francfort, on a droit au modèle-phare de la gamme VW en version électrique. La e-Golf sera très bientôt chez nous. Mais on peut aussi admirer des BMW à la démarche silencieuse : i3 et i8 vont dans le sens du courant. La première jouit de manières et d’un gabarit fort citadin. La seconde affiche des performances musclées. De quoi prolonger, peut-être, un slogan qui tente de nous faire croire qu’au volant, on entretient la joie de conduire.

Mais ce ne sont pas les seuls bouleversements observés au détour des allées de Francfort. Ainsi, on a vu une Maserati qui carbure au mazout ou encore une Jaguar qui se prend pour un SUV. Plus improbable encore : une Renault qui prolongera l’Espace et, surtout, une idée française du haut de gamme. Appelée Initiale Paris, elle a été dessinée par Laurens van den Acker. Un gage d’originalité et de modernité.

Porsche 918 Spyder

Porsche 918 Spyder
. Photo 
: D.R.

Porsche n'en finit plus de décliner ses modèles sur le thème de l'e-mobility. Après la Panamera Plug In, voici la 918 Spyder qui allie puissance et consommation fort raisonnable. La recette ? Un V8 de 4.6l de 608 chevaux associé à deux moteurs électriques de 286 chevaux. Sur le plan des performances, le résultat est d'autant plus ébouriffant (2,8 sec de 0 à 100, 345 km/h en vitesse de pointe) que cette supercar dotée de la traction intégrale est particulièrement sobre: 3,3l/100 km et 79 gr de CO2. Certes, ce bijou de technologie coûtera aux alentours de 637.000 euros mais les heureux propriétaires des 918 exemplaires disponibles pourront se consoler en rechargeant la batterie lithium-ion pour quelques cents à la prise électrique.)

Citroën C Cactus

La C Cactus, gentil délire des designers chevronnés, apparaît régulièrement sur les salons automobiles depuis 2007. Celle qu'on devrait pouvoir admirer à Bruxelles en janvier, entre désormais dans la dernière phase de sa vie de prototype. Et pour cause, elle annonce l'arrivée imminente de la C4 Cactus, futur modèle du segment C qui ne remplacera pas l'actuelle C4. On retrouvera d'ailleurs des éléments esthétiques du concept car - notamment le capot au dessin minimaliste - dans la prochaine ligne C.

Seat Leon ST

La branche espagnole de la famille VW va-t-elle, enfin, retrouver la voie du succès ? En tout cas, la Leon ST ne manque pas d’arguments. Outre une ligne aguichante, ce break dérivé de la plateforme A3 affiche des mensurations respectables et un coffre géant (de 587 et 1470 litres). « Avec 1233 kg, soit 45 de plus seulement que la version 5 portes, c’est le véhicule le plus léger de sa catégorie » auto-proclame-t-on du côté catalan. La Seat bénéficie évidemment des motorisations classiques du groupe (de 85 à 184 chevaux).

Mercedes GLA

Après des mois de préparation le petit SUV de Mercedes fait enfin sa première apparition publique. Il incarne la troisième déclinaison de la populaire gamme compacte de Mercedes. S’il cible une clientèle jeune, sa garde au sol élevée facilitera l’accès à ceux dont la mobilité décline. Il profite également d’une garde au toit plus favorable à l’usage de la banquette arrière. Chez nous, les moteurs 200 et 220 CDI de 136 et 170 chevaux seront certainement les plus populaires. La transmission intégrale 4Matic est disponible avec tous les moteurs à l’exception du moteur essence de 156 chevaux.

Kia Soul

Si son succès est mitigé chez nous, la Kia Soul fait un véritable carton à l’étranger, aux Etats-Unis notamment. Pour être honnête, on a l’impression d’avoir sous les yeux un simple facelift. Or, tout ou presque a été modifié. La plateforme est ainsi composée de 66 % d’acier à haute résistance pour accroitre sa rigidité. L’essieu avant, les amortisseurs et la direction ont été repensés pour offrir une meilleure filtration des aspérités de la route. L’habitabilité est en hausse grâce à un volume plus généreux. Par contre, si l’accès au coffre est facilité par un hayon plus large, sa capacité n’a été rehaussée que de 4 %.

BMW i8

BMW est l’une des marques à la pointe en matière de véhicules électriques. Elle dévoilait dans les allées de Francfort deux véhicules de conception spécifique, l’i3 et l’i8. En tant que plug-in hybrid, cette dernière est une véritable pionnière. Son châssis en aluminium est coiffé par une coque en carbone. En combinant la puissance du moteur électrique de l’essieu avant et celle du trois cylindres 1.5 turbo de l’essieu arrière, l’i8 compte 362 chevaux pour moins de 1500 kg. Une sportive 2+2, qui ne consomme que 2,5 l d'essence aux 100 km. Disponible début 2013, elle devrait s’afficher autour de… 135.000 euros !

Audi Nanuk

Objectif avoué chez Audi : sonder le public à l’égard de leurs nouvelles idées, avant de se lancer dans de lourds investissements. C’est l’objectif visé par la surprise de ce salon, le concept Nanuk. Son esthétique originale, en particulier à l’avant avec ces feux adaptatifs originaux, restera lettre morte si le public n’y est pas sensible. Le Nanuk est l’occasion pour Audi d’évaluer l’opportunité de créer un véritable coupé, sportif et racé, capable de rouler sur circuit et de crapahuter dans les bois grâce à une suspension pneumatique réglable en hauteur sur sept centimètres. L’antithèse du Range Sport en quelque sorte.

Vos réactions

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2. Lel dit le 14/09/2013, 00:02

@Cristb: ça dépend d'un pays à l'autre. En Chine où les centrales au charbon foisonnent, c'est assez vrai. Mais ce n'est pas le cas dans la plupart des pays européens: toutes les études sérieuses ont montré que les voitures électriques polluaient nettement moins que les thermiques, y compris en ce qui concerne le CO2. En ce qui me concerne, mon fournisseur d'énergie est en principe 100% vert (en réalité, ce n'est jamais tout à fait le cas, mais c'est toujours mieux que les autres), et j'ai des panneaux sur mon toit. Dommage que la voiture électrique ne convient pas encore à mon usage...

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1. chrisb dit le 13/09/2013, 17:38

Emission zéro, ce n'est pas vrai : l'électricité provient presque toujours du pétrole, rarement du gaz, ou très très rarement des éloliennes qui dérangent certains, ni du soleil trop rare en Europe (sauf en Méditérranée). C'est une utopie de croire aux véhicules électriques qui polluent autant que ceux qui roulent à l'énergie fossile ! Même si en ville, on les "sent" moins, c'est du pareil au même !!!

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