Twitter vaut-il vraiment 10 à 15 milliards? «Difficile à comprendre»

Marine Leprince (st.)
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Chaque vendredi, un expert décrypte avec vous la semaine financière. Ce vendredi, Philippe Ledent, senior economist chez ING a répondu à vos questions.

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Philippe Ledent, senior economist chez ING. Photo 
: D.R.
    Philippe Ledent, senior economist chez ING. Photo : D.R.

Que s’est-il passé cette semaine dans le domaine financier ? Philippe Ledent a passé en revue l’actualité économique de la semaine écoulée.

A épingler

L’économiste de chez ING retient de cette semaine économique les événements positifs à travers le monde. En Chine, la vente au détail et la production industrielle sont en accélération. En Grande-Bretagne c’est le marché du travail qui bénéficie de bonnes statistiques, synonyme que l’économie sort la tête de l’eau. Enfin aux Etats-Unis la reprise graduelle de l’économie se traduit par une confiance en hausse dans les petites entreprises.

Côté technologie

Au vu de l’entrée en Bourse de Twitter, un internaute s’est demandé comment s’était faite l’estimation chiffrée du réseau social. Philippe Ledent, tout en précisant qu’il n’est pas spécialiste dans ce domaine, explique que la valorisation doit être difficile, d’autant plus qu’il s’agit de services internet. Il suppose que la valorisation est faite sur base de valeur de données du réseau social, sur la valeur des espaces publicitaires etc.

L’arrivée de l’iPhone a également provoqué des remous sur les marchés. Encore une fois en précisant qu’il n’est pas spécialiste des télécoms, l’économiste estime que le mouvement des smartphones s’essouffle. On peut certes toujours améliorer le produit, «  Mais pour vraiment voir les marchés (et les geeks) émerveillés par un produit, il faudra aller chercher du côté des vraies innovations : montre-smartphone, imprimantes 3D etc.  »

Superviseur européen

Pour Philippe Ledent, un superviseur bancaire unique au niveau européen représente une progression importante en matière de sécurité financière. Pour que la mesure soit efficace cependant, il faudra qu’elle soit suivie par plus d’intégration en matière de régulation et dans d’autres domaines de la politique économique.

Et pour les placements ?

Plusieurs internautes ont demandé si c’était le moment d’effectuer quelques placements. Philippe Ledent reconnait la progression des marchés boursiers ces derniers mois mais met en garde : «  Mais attention, ne regardez jamais uniquement le rendement, le risque est aussi très important, or, la situation économique actuelle reste assez risquée. Je ne peux pas faire de conseil d’investissement, mais il est clair que la période actuelle est propice à avoir une discussion avec… son banquier ou son conseiller. Et si on est prêt à prendre un peu plus de risques, les marchés boursiers peuvent être une cible. » Il précise également qu’il peut être temps d’analyser objectivement l’état de son portefeuille car l’économie est en train d’évoluer.

En ce qui concerne une répétition éventuelle de la crise de 2008, l’économiste est clair, il n’y a jamais deux crises identiques. En revanche, il est très probable qu’une autre crise financière se produise dans le futur, et pas forcément à cause des banques qui n’auraient pas retenu la leçon. « Il faut bien comprendre que lorsqu’il y a destruction de valeur (d’actifs financiers, d’immobilier, de toute autre chose), l’économie en prend un coup et particulièrement ceux qui financent l’économie. »

Sur une question d’un internaute qui remarque que les analystes de droite et de gauche n’analysent pas la crise de la même façon, Philippe Ledent explique les deux niveaux de l’analyse économique. Il y a d’abord un constat qui implique des faits macroéconomiques, testé et validé économétriquement, et ce constat n’est ni de droite, ni de gauche : il s’agit de faits. Ensuite viennent des discussions sur des solutions à la crise, et c’est là que les choses prennent une tournure politique. Dans tous les cas, le rôle des économistes est avant tout «  de comprendre la situation économique, pas d’y mettre systématiquement une dimension politique. »

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Vos réactions

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1. BruxellesdanslaRue dit le 13/09/2013, 10:39

C'est à croire que les seuls économistes qui existent au monde, ou du moins en Belgique, sont des employés de banque (ou des traîtres à l'humanité tel l'infâme de la Vlerinck). On peut faire confiance à Le Soir pour nous présenter tous les aspects du problème et pour assurer la pluralité de l'information, et surtout... pour toujours oser l'ouvrir dans le sens des intérêts du groupe Rossel.

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