La Syrie disséminerait son arsenal chimique

Camille Wernaers (avec agences)
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Le pays déplacerait depuis un an l’arsenal d’armes chimiques en sa possession dans le but de compliquer la tâche de ceux qui devront les contrôler.

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La Syrie a commencé à disséminer son arsenal chimique sur une cinquantaine de sites différents, dans le but de compliquer la tâche de ceux appelés à les contrôler, affirme vendredi le Wall Street Journal. Le journal, qui cite des responsables américains anonymes, affirme qu’une unité militaire spécialisée, l’unité 450, déplace depuis des mois, y compris la semaine dernière, ces stocks d’armes chimiques, qui dépassent le millier de tonnes, selon des experts.

Ces armes chimiques ont commencé il y a environ un an à être déplacées depuis l’ouest de la Syrie où elles sont normalement stockées, vers deux douzaines de sites importants à travers le pays. L’unité 450 a également commencé à avoir recours à des dizaines de sites plus petits, pour un total de quelque 50 sites disséminés à travers tout le pays, selon le journal. En dépit de cette stratégie, les services de renseignement américain et israélien pensent toujours savoir où se trouve l’essentiel de ces stocks d’armes chimiques, ajoute le quotidien américain des affaires. « Nous en savons nettement moins qu’il y a six mois quant à la localisation de ces armes chimiques  », a toutefois reconnu l’un de ces responsables, cité par le journal.

Le président syrien Bachar al-Assad s’est engagé à envoyer aux Nations unies les documents nécessaires pour signer l’accord sur l’interdiction de l’utilisation des armes chimiques, tout en réclamant en échange des concessions importantes à Washington. Américains et Russes ont entamé jeudi à Genève des discussions, prévues pour au moins deux jours, et auxquelles participent des experts en désarmement, qui portent sur la façon de placer l’arsenal chimique syrien sous contrôle international, une initiative lancée lundi par Moscou qui a éloigné la menace de frappes aériennes occidentales sur le régime de Damas.

Exécutions sommaires massives

Les forces du régime syrien ont exécuté au moins 248 personnes dans les villages de Bayda et Banias en mai, a affirmé Human Rights Watch (HRW) en demandant que le pouvoir soit tenu responsable de ce massacre. Dans un rapport publié vendredi, le groupe de défense des droits de l’Homme basé à New York a indiqué avoir dressé une liste nominative de 248 personnes tuées dans les deux villages de la province côtière de Tartous les 2 et 3 mai. Mais il a estimé que ce nombre était probablement beaucoup plus élevé et qualifié ce massacre de «  l’une des exécutions sommaires les plus massives depuis le début du conflit en Syrie  » il y a deux ans et demi. HRW a souligné que les massacres de Bayda et de Banias rappellent que d’autres armes ont été utilisées dans le conflit. «  Alors que l’attention du monde est portée sur les moyens d’empêcher le gouvernement d’utiliser des armes chimiques contre sa population, nous ne devons pas oublier que les forces gouvernementales syriennes ont fait usage d’armes conventionnelles pour abattre des civils  », a déclaré Joe Stork, directeur par intérim de HRW pour le Moyen-Orient. «  Les survivants nous ont raconté des histoires dévastatrices sur la façon dont leurs proches non armés ont été fauchés en face d’eux par les forces gouvernementales et pro-gouvernementales  », a-t-il ajouté.

Vos réactions

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19. Louise_2011 dit le 13/09/2013, 16:30

Evidemment, on ne pouvait pas s'attendre à quelque chose d'autre. Quant aux massacres, il en est de meme. mapetitevoix devrait se demander pourquoi les Américains utilisent des drones et non plus les tonnes d'agent orange et de bombes comme pour la WWII et celle du Vietnam.

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18. mapetitevoix dit le 13/09/2013, 11:36

15. fox-eye : on pourra sortir à peu près autant de cas où ce sont les rebelles qui ont massivement exécuté tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un être humain. Ah oui, c'est pas "chirurgical"... Mais bon la chirurgie dont parlent les ricains c'est surtout de la régimissectomie sans s'embarasser de dentelle, hein. Maintenant c'est vrai que les troupes US en matière de massacre de civils, ils peuvent faire figure d'experts, hein. Eux ils appellent ça des victimes collatérales, ou mieux, n'en parlent pas : My Lai au VietNam, Bagdad 2006, ...

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17. mapetitevoix dit le 13/09/2013, 11:31

16. babalu.ayeah Et vu le traitement appliqué aux palestiniens, à peu près aussi criminels que les américains, ou les syriens, d'ailleurs. A noter que ce sont eux qui poussent la charette pour démolir la Syrie en attendant mieux. Israël c'est la démocratie... mais pas pour les autres, et il vaut franchement mieux y être né juif qu'arabe. Si vous n'avez pas le passeport, c'est encore plus rigolo.

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16. babalu.ayeah dit le 13/09/2013, 09:57

@14. Unjoursansfin : Si vous préférez. Une théocratie parlementaire dans ce cas. Bien que son statut officiel soit République Parlementaire et que sont élus par les urnes les président, premier ministre et 120 membres de son parlement, la Knesset. Et malgré les opérations discutables en Bande de Gaza et la colonisation en Cisjordanie, notons tout de même que ce parlement israélien compte des députés Arabes de la Ligue Arabe Unie ou du Balad. Tout l'éventail politique y est représenté de l'extrême-gauche et à l'extrême-droite dont une partie exerce le pouvoir au sein de la coalition majoritaire avec 31 sièges, Likoud-Yisrael Beiteinu. Politiquement cela n'a rien à voir avec la Syrie admettons-le. Sa politique intérieure et extérieure peut être discutée et critiquée, Israël n'en reste pas moins aussi démocratique que la France ou les USA.

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15. fox-eye dit le 13/09/2013, 09:57

Il est curieux de voir qu'on ressort maintenant le massacre de Bayda et Banias, dont les responsabilités ne sont toujours pas établies formellement, alors que le prétexte des armes chimiques est en train de s'essouffler. A l'époque des fais, Obama n'a pas jugé bon d'envoyer des troupes, mais aujourd'hui ce fait redevient pertinent ? Comme c'est commode. Et cette habitude de renforcer la crédibilité de ces informations par les très impartiales et américaines Human Rights watch et Wall Street Journal. Je constate aussi souvent qu'on fait état de déclarations de responsables américains anonymes. Qu'est-ce que ça signifie ? Anonyme c'est l'homme invisible, ce sont des paroles sans auteur déclaré, donc invérifiables. Du vent.

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