Deux caricatures du Canard Enchaîné froissent les Japonais
Au Japon, on ne rit pas des effets de la radioactivité à Fukushima. Deux caricatures du Canard Enchaîné provoquent la colère des Japonais. « La plupart des Japonais ignorent quel type de publication est Le Canard Enchaîné » souligne Kazuya Onaka, professeur des études françaises et européennes à l’Université Hosei.
Insultes d’internautes, stupeur de la presse, protestation du gouvernement : des Japonais ont été outrés par des dessins parus dans Le Canard Enchaîné sur les effets de l’accident atomique de Fukushima, un motif de discrimination sur lequel beaucoup ne plaisantent pas. « À mort ! C’est de la merde ! », « C’est de la discrimination, du graffiti du plus bas niveau humain qu’il soit », « La France, un pays détestable de dernier rang », « Si c’est le mode d’expression habituel en France, c’est déplorable » : les phrases haineuses ont fusé sur internet lorsque des Nippons ont découvert dans leurs journaux deux caricatures publiées cette semaine dans Le Canard Enchaîné. « Les Japonais ne comprennent pas la liberté d’expression. Ici, les propos injurieux sont possibles, pas la satire à l’occidentale », tranche un Japonais francophile, Ken Itagaki de Nagasaki.
« Encore les médias français ! », a pour sa part titré le journal populaire de centre gauche Mainichi Shimbun au-dessus des deux caricatures incriminées, faisant référence à un incident du même acabit survenu il y a un an lorsque l’animateur de télévision Laurent Ruquier avait parlé de « l’effet Fukushima » en montrant un photo-montage du gardien de but de l’équipe japonaise de football, Eiji Kawashima, avec quatre bras.
Blessant
Cette fois, le dessin qui a le plus indigné est signé Cabu. Accompagnant un article très factuel sur les problèmes d’eau radioactive à la centrale ravagée, il montre deux lutteurs émaciés coiffés d’un chignon, dont un avec trois jambes et l’autre trois bras, et un commentateur sportif disant : « Marvellous, grâce à Fukushima, le sumo est devenu discipline olympique ». « Ce genre de caricatures blesse les sinistrés de la catastrophe du 11 mars 2011 et véhicule des informations fausses sur le problème de l’eau radioactive à la centrale Fukushima Daiichi. C’est extrêmement regrettable », a réagi le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, lors d’un point de presse, avant d’ordonner à l’Ambassade du Japon à Paris protester officiellement auprès du Canard. « Au Japon, cette image est prise pour de la discrimination à l’égard des personnes qui ont subi les radiations et qui sont sur le dessin présentées comme étant différentes des autres, avec trois bras ou trois jambes », explique un dessinateur nippon de manga. « Or, il faut savoir que des gens de Fukushima subissent déjà une forme de ségrégation au Japon. » « Si, au lieu de sumotori déformés, il s’était agi d’un dessin caricaturant le Premier ministre ou le porte-parole du gouvernement, cela n’aurait posé aucun problème », ajoute-t-il.
Qui plus est, le sujet des effets de la radioactité est d’autant plus sensible qu’il touche aussi les victimes des bombes atomiques américaines larguées sur Hiroshima et Nagasaki en août 1945. Sans compter que « la plupart des Japonais ignorent quel type de publication est Le Canard Enchaîné », souligne Kazuya Onaka, professeur des études françaises et européennes à l’Université Hosei. « Il n’y a pas dans le paysage médiatique japonais ce type de journal qui accorde une place aussi importante à la caricature », justifie-t-il. « Le problème, c’est que les journaux nippons n’ont pas traduit l’article et se sont contentés de publier le dessin sans les éléments de contexte indispensables à sa compréhension, tandis que le gouvernement essaie d’effacer tout ce qui est négatif au sujet de Fukushima ou des JO. Du coup, il a surréagi. »
Le Canard Enchaîné assume
L’hedomadaire français, lui, « assume ces dessins sans le moindre état d’âme », selon une déclaration de Louis-Marie Horeau, son rédacteur en chef. « En France, on peut traiter une tragédie par l’humour, apparemment, ce n’est pas le cas au Japon », a-t-il déploré. Et de renvoyer la responsabilité aux autorités nippones : « s’il y a matière à s’indigner, c’est de la manière dont a été gérée la crise par le gouvernement japonais ». « La France et le Japon doivent comprendre mutuellement le fossé culturel qui les sépare », conclu un anonyme sur son blog.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Ne comprenez-vous pas que le but est de dénoncer le fait que la ville de Tokyo s'est vue attribuée les Jeux Olympiques, grâce aux mensonges du gouvernement japonais qui ment à la population mondiale depuis plus de 2 ans sur ce qu'il se passe à Fukushima et les retombées mondiales de cette catastrophe? Tout l'hémisphère Nord a été touché et le Pacifique continuera à être contaminé pour les siècles des siècles comme ils disent dans les églises. Les Scientifiques le savent bien, les politiques aussi mais ils sont muselés par le lobby nucléaire nippon et mondial. Savez-vous qu'avant que l' Organisation Mondiale pour la Santé (l'OMS) puisse faire un rapport officiel sur la situation à Fukushima, ils doivent recevoir l'approbation de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique? (AIEA). 3 syndromes chinois sont actuellement en cours à Fukushima. En Novembre, ils vont commencer à essayer d'enlever MANUELLEMENT les barres de combustible de la piscine 4
@15. Mundele dit le 14/09/2013, 08:40 "Pas de censure et d'aucune sorte, un point c'est tout..."----- Ce que vous dites là, c'est votre point de vue de citoyen européen, belge, francophone peut-être, athée sûrement, héritier incontestable de la civilisation judéo-chrétienne et de la culture greco-romaine, des Lumières et tutti quanti. Sachez qu'il existe des centaines, voire des milliers d'autres cultures sur la planète ayant des sensibilités au nombre aussi divers que les grains de sable de la plage d'Ostende ou de Knokke-le-Zoute. A l'heure de la mondialisation, faudrait s'en rendre compte !...Notre culture est honorable et nous y tenons. Cependant, ayons la pudeur et le tact de respecter un tant soit peu celle des autres ou du moins d'accepter de faire débat sur notre "superbe" humour et ses sarcasmes souvent humiliants à la sauce canard pas nécessairement laqué. C'est un peu ça aussi la tolérance.
Pas de censure et d'aucune sorte, un point c'est tout... j'avais un vieil ami qui, tout gamin, dans les camps japonais des prisonniers civil des Indes Néerlandaise, devait ,amaigri par les privations et blessé de mauvais traitements, saluer le drapeau et chanter (en japonais) l'hymne national nippon soir et matin... c'était ainsi que le voulait la race supérieure du moment... Alors la "sensibilité" est une notion tout à fait abstraite et utilisée selon les besoins...
J'adore le Canard mais son rédacteur chef manque de sensibilité vis-à-vis des étrangers(comme pas mal de ses concitoyens d'ailleurs).Le Japonais s'est bien expliqué en disant que si le dessein avait représenté le premier ministre ou un autre responsable, les réactions aurait été différentes. En disant qu'"en France on peut traiter une tragédie par l'humour" le rédac chef oublie de préciser: une tragédie hors France. M'étonnerais qu'il fasse une blague sur la déconfiture de 1940, Oradour ou la rafle du Vel d'hiv.






(chose qui est faite par ordinateur en temps normal), et aucune d'entre elle ne peut en toucher une autre sinon risque de réaction nucléaire, le saviez-vous? Et on laisse faire une bande de menteurs et d'incapables qui réparent des tuyaux avec du scotch! LE MONDE EST EN DANGER, PARLEZ-EN AUTOUR DE VOUS.