Le distributeur de frites fait son grand retour

Florence Lestienne
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: Belga
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Elles sont chaudes, dorées et croustillantes. Et elles sortent d’un automate. Le mois dernier, la société Break Time solutions a inauguré un distributeur de frites, à Molenbeek-Saint-Jean. Si l’idée n’est pas neuve et a déjà été développée il y a une quinzaine d’années, sans succès, cette nouvelle formule est une première en Belgique, tant par son mode de cuisson que par l’utilisation de la graisse au blanc de bœuf.

«  C’est ce qui donne toute sa spécificité et son goût à la frite belge  », note Tuline Bey, patronne de Break Time Solutions. Pour la gérante, un automate a des avantages. «  J’avais souvent des amis qui venaient en Belgique pour boire des bières belges et goûter nos frites. J’ai eu l’idée de ce distributeur parce que c’est moins cher que d’avoir un local, une franchise, de l’entretenir, d’engager du personnel.  »

Mais comment ça marche, au juste ? Les frites, gardées au congélateur inclus dans la machine, tombent dans un tamis, où elles seront pesées (le grammage peut aller de 115 à 135 grammes, selon le choix du locataire de la machine). Elles sont alors versées dans la friteuse, et passent ensuite dans un réceptacle avant leur trajet final vers le bol dans lequel vous les récupérerez. Le tout en 90 secondes.

Pour l’instant, une seule machine de ce type est disponible en Belgique, mais la société prévoit d’en sortir d’autres.

«  Au départ, le concept devait surtout servir à l’exportation. Et ceux qui sont intéressés veulent également que nous leur fournissions la sauce et les frites, afin que tout le procédé soit belge.  »

Mais vendre des frites venant d’un automate au pays de la frite, est-ce un projet viable ?

«  Ce n’est pas nouveau, en Belgique, il y avait déjà des machines comme ça, il y a quinze ou vingt ans, mais cela n’a pas marché, et je ne pense pas que cela marchera cette fois-ci non plus. Chez nous, il y a des friteries à tous les coins de rue  », affirme Jan Wouters, patron de WDM, spécialisé dans la vente de produits fermiers.

Justement, qu’en est-il de ces établissements ? Tuline Bey n’entend pas leur faire de l’ombre. «  Le but n’est pas de concurrencer les friteries. Au contraire, ce serait plutôt une alternative quand elles sont fermées. D’ailleurs, certains établissements se sont renseignés pour l’acquisition de l’une de nos machines  », explique Tuline Bey.

Du côté des consommateurs, le prix semble un peu élevé. Louis, un habitant du quartier, abonde dans le même sens, même après y avoir goûté. «  Je suis assez sceptique. Je préfère prendre des pommes de terre et les faire moi-même, ou aller dans une friterie de quartier. Je paierai le même prix, les frites seront sans doute meilleures et la quantité sera plus grande. Mais je dois avouer que je m’attendais à pire. Si je devais donner une note, ce serait 7 sur 10.  »

Seul bémol : lorsque la grande surface attenante est fermée, plus moyen d’accéder au distributeur…

Osez la rencontre !