Le doigt d’honneur de Steinbrück, dérapage ou stratégie?
Le rival de la chancelière allemande pour les prochaines élections figure ce vendredi à la Une du magazine de la « Süddeutsche Zeitung ». Avec une photographie de lui faisant un doigt et un bras d’honneur. Dérapage ou stratégie de communication ?
Cet homme reste décidément bien mystérieux. Est-ce un génie du marketing politique, qui a toujours une longueur d’avance ? Jugez plutôt. La Süddeutsche Zeitung (SZ) fait fort ce vendredi matin avec la photographie du rival d’Angela Merkel à la chancellerie allemande lors des élections législatives du 22 septembre prochain, le social-démocrate Peer Steinbrück.
Celui-ci a en effet choqué une bonne partie de l’Allemagne dès hier soir avec une image de lui faisant… un doigt et un bras d’honneur en « une » du site internet du SZ Magazin (centre gauche), après que son rédacteur en chef, Timm Klotzek (@TimmKlotzek), l’eut publiée en avant-première sur Twitter.
La déferlante sur Twitter
L’image a immédiatement déchaîné les passions sur Twitter. A vérifier avec les mots-dièse #Steinbrück ou #Stinkefinger : c’est une déferlante d’indignation et de ricanements ! Plus quelques commentaires positifs, tout de même, sur le sens de la répartie dont le candidat a fait preuve avec ce que Le Monde appelle pudiquement « un geste dépourvu d’ambiguïté mais pas forcément très élégant ».
Geste dont parle évidemment toute la presse allemande, qu’a compilée Die Zeit, et qui n’a pas tardé à avoir son propre compte Twitter, inénarrable, incarné par la personne imaginaire de Peers Finger (@peersfinger). Pour tenter de répondre à cette question, lancinante, brûlante : mais dans le fond, à qui s’adresse ce majeur de la main (gauche) ? Du tac au tac, le Stern propose : aux électeurs ? à la chancellerie ? à Mutti [le surnom d’Angela Merkel] ?
Dans une « interview muette »
Questionné sur les surnoms (Pannen-Peer, Problem-Peer, Peerlusconi) dont il a été affublé après ses diverses gaffes de communication pendant la campagne, l’ancien ministre des Finances d’Angela Merkel dans un gouvernement de grande coalition entre 2005 et 2009, a en effet répondu par ce geste pour le moins inattendu après avoir accepté de participer à une séance photographique, dite « interview muette » (« Das Interview ohne Worte »), réalisée une fois par semaine avec des personnalités différentes. Le principe est de répondre à des questions par des gestes immortalisés en noir et blanc par un photographe. Celui-là le sera pour longtemps sans doute.
Selon Radio France internationale, « l’opposition dénonce une faute de goût qui décrédibilise le candidat », tandis que le principal intéressé mise, lui, « sur le sens de l’humour des électeurs », titre Focus. Oubliant sans doute qu’« au volant, le même geste lui aurait coûté une amende de 600 à 4000 euros ». Mais à la une d’un magazine, « un doigt d’honneur n’est pas sanctionné par le droit pénal ».
Plus rien à perdre ?
Le geste peut en revanche certainement coûter encore « des voix à dix jours des élections », que tous les observateurs annoncent comme d’ores et déjà perdues pour le SPD. Alors, n’ayant après tout plus rien à perdre, « le porte-parole de Steinbrück aurait plaidé contre la publication de la photo mais l’intéressé l’aurait laissé passer », bien qu’il ait l’air d’un « hooligan » sur cette image, selon le terme utilisé par le Tagesspiegel.
Ni une ni deux, le quotidien conservateur Die Welt estime, lui, que c’est à toute l’Allemagne que le candidat social-démocrate fait insulte. Ajoutant, offusqué, qu’« une telle chose ne s’est jamais produite » de la part d’un aspirant à la chancellerie. Mais de la part d’un ministre-président, oui, rappelle le Spiegel, en évoquant le cas de Wolfgang Clement en Rhénanie-du-Nord-Westphalie en l’an 2000.
« C’est assez typique de sa part »
Mais même si ses électeurs font preuve d’humour, Die Welt pense que « mieux vaudrait pour Steinbrück qu’il prenne une forme différente ». Le ministre allemand de l’Economie, Philipp Rösler (parti libéral, FDP) l’a par exemple immédiatement attaqué en marge d’un meeting électoral. « Un tel geste n’est pas possible de la part d’un candidat à la chancellerie », a-t-il dit, cité par l’agence DPA.
Interrogé par l’AFP, le politologue de la Freie Universität Berlin Gero Neugebauer se dit « peu surpris » par le geste de Peer Steinbrück : « C’est assez typique de sa part », dit-il. Et selon lui, les sympathisants ne devraient pas pour autant se détourner du SPD. Dans un message publié jeudi soir sur Twitter, Peer Steinbrück a d’ailleurs justifié ainsi son geste : « Parler franchement n’a pas toujours besoin de mots. Par exemple, quand on est constamment interrogé sur des choses ennuyeuses au lieu d’être interpellé sur les questions vraiment importantes. »
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Voir toutes les réactions Quand on n'a pour tout programme que "ce sera pire sans nous", on en est vite réduit à faire le pitre. Je doute que les électeurs s'y laissent prendre et j'espère qu'ils voteront massivement pour Die Linke




[ Politique du Porc ] On voit que la politique a atteint son niveau le plus exquis, c'est-à-dire la forme la plus haute du débat de société... adapté à la société dans laquelle il prend place. Comme depuis l'ère industrielle nous avons été réduits à l'état d'une bande de porcs qu'on engraisse et qu'on abat, et que nous sommes élevés comme des porcs, et que nous nous comportons comme des porcs (enfin vous), on a droit à ça! Ne le prenez pas mal quand on vous traite de porcs, et tentez de vous imaginer au MacDo avec des potes en train de parler des soldes chez Médiamarkt ou de l'équipe de foot, et de bander devant une appli i-Phone qui fait des prouts quand une fille passe à proximité. Et surtout n'oubliez pas de voter. Il ya des gens qui ont des choses fondamentales à dire à propos de vos existences et de votre bien-être: ça concerne la burqa, les sans-papiers, les querelles linguistiques etc. Avec ça, vous aurez l'impression de vous prendre en main.