«Développer des automates de produits sains»
D’un point de vue diététique, les automates ne sont pas forcément un risque, même s’ils ne sont pas recommandés pour la santé. « Cela dépendra de ce qu’il y aura dans la machine », explique Eugénie Joly, diététicienne-chef en hospitalisation à l’hôpital Saint-Luc à Bruxelles. « Les gens répondent à un stimulus visuel, mais ont-ils faim, ou ont-ils juste envie de manger ? Avoir cette nourriture dans leur champ de vision, à disposition immédiate va provoquer une sensation. De plus, les distributeurs de nourriture chaude sont en général de type fast-food. Je ne connais pas de distributeur chaud qui soit sain. »
Malgré tout, certains savent faire la différence. « Il y a des gens qui se rendent compte que ce type de nourriture n’est bas bon, ils préfèrent manger plus sain, bio, et sont réceptifs aux campagnes de sensibilisation. »
Depuis plusieurs années, les gouvernements, pas seulement belge, multiplient les messages prônant une alimentation saine et équilibrée. L’exemple le plus concret : manger cinq fruits et légumes par jour. « Les messages sont entendus, mais ils ne sont pas forcément appliqués. De plus, tout le monde ne les comprend pas. Ces messages tentent de changer les habitudes de consommation des gens, leur comportement, et c’est ce qu’il y a de plus difficile. »
Quelles sont les solutions ? A une époque, le gouvernement envisageait une taxe sur les distributeurs de snacks sucrés. Cela pourrait-il être appliqué aux distributeurs de nourriture chaude ? Pour Eugénie Joly, c’est toute la politique entourant la santé et la diététique qui doit être revue. « On veut taxer, mais on ne promeut pas un mode de vie sain. Par exemple, les consultations diététiques ne sont pas remboursées par l’Inami. Par contre, si une personne bien portante souhaite se faire opérer, là il y a une intervention de l’Etat… On devrait se concentrer sur l’éducation de la population, intervenir dans les écoles, cibler le public et favoriser le sport, tout ça expliqué par des diététiciens. On pourrait aussi élargir l’action en distribuant gratuitement des fruits dans les écoles. »
Pour autant, il ne faut pas diaboliser la malbouffe. Pour notre diététicienne, relâcher la bride de temps en temps ne portera pas préjudice à votre santé, c’est lorsque la consommation de fast-food devient régulière qu’il faut s’inquiéter. «
Pourquoi ne pas développer des distributeurs qui vendent des produits sains, comme du pain, des fruits ? Il faudrait songer à varier ce qui est distribué.
» Ces automates sains, présents en Flandre, peinent pourtant à s’étendre.



