«C’est toute la société qui est automatisée»

Florence Lestienne
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Gino Van Ossel est professeur en Marketing. Photo 
: D.R.
    Gino Van Ossel est professeur en Marketing. Photo : D.R.

Les distributeurs automatiques de nourriture sont donc en train de se développer, c’est une certitude. Mais d’où vient ce phénomène, et surtout quelle image donne-t-il du Belge ?

«  Il est clair que c’est une tendance qui se développe vite  », explique Gino Van Ossel, professeur de Marketing à la Vlerick Business School. «  Le fait d’avoir accès à la nourriture 24h/24 renforcera l’envie du consommateur d’acheter tout, tout le temps. Cette tendance peut se vérifier à plusieurs niveaux, et permet en général au propriétaire d’agrandir sa clientèle. C’est le cas par exemple du boulanger, qui faisait les livraisons à domicile, et qui maintenant, a disposé des machines un peu partout pour ne plus avoir à se déplacer, mais pour continuer quand même à vendre son pain à une autre clientèle.  »

Pour les repas chauds, c’est une autre histoire, et l’exemple de nos voisins néerlandais reste le meilleur, notamment avec l’entreprise Febo. «  Cela fait plus de 10 ans que cela existe aux Pays-Bas, qu’ils vendent de la friture et de la viande. Là, c’est encore différent des frites, parce que les hamburgers ou les frites sont présentés portion par portion, dans les box où les gens peuvent ensuite les obtenir.  »

Cette tendance deviendra-t-elle une généralité ? Pour Gino Van Ossel, c’est déjà le cas, mais pas uniquement dans le secteur alimentaire. «  On peut voir qu’il y a de plus en plus d’automates, de toutes sortes, et pas que pour la nourriture. Par exemple, quand vous allez au supermarché, vous rendez vos vidanges à un automate, vous allez aux caisses automatiques pour vos paiements. A la banque, c’est pareil, vous traitez également avec des machines. Cela permet de diminuer la charge salariale, et les machines sont plus faciles à trouver.  »

Les automates sont donc déjà omniprésents, mais tendent désormais vers la nourriture. Pour autant, cela veut-il dire que le Belge est fainéant ? nous dirigeons-nous vers une société où le rapport à la nourriture sera entièrement automatisé ? «  Oui et non. Cela dépend des gens. Il y en aura toujours qui aimeront la gastronomie, et d’autres qui préféreront les fast-foods. Je pense qu’il y a de la place pour ces deux modes de consommation, les automates ne remplaceront jamais complètement la gastronomie, c’est certain. Mais ils doivent quand même pouvoir offrir de la qualité au consommateur.  »

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