Le numérique a sa rue,ses gens et ses projets bien réels

JEAN-PHILIPPE DE VOGELAERE
Mis en ligne

MONT-SAINT-GUIBERT Trois plateaux et un couloir qui en fait le tour. Cinquante personnes y travaillent, dans un fourmillement de projets, tous liés au numérique. On s’y amuse tellement qu’on y travaille plus…

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Afin de se présenter sur «
Google, visite virtuelle pour les pros 
», chaque membre de la coopérative a essayé de matérialiser son travail numérique. Même saint Nicolas était là pour montrer la réalité de la «
RueduWeb 
»
    Afin de se présenter sur « Google, visite virtuelle pour les pros », chaque membre de la coopérative a essayé de matérialiser son travail numérique. Même saint Nicolas était là pour montrer la réalité de la « RueduWeb »

Dernier étage du premier bâtiment de l’Axisparc à Mont-Saint-Guibert. Nous sommes dans ce que l’on appelle ici la « RueDuWeb ». Une rue un peu particulière puisqu’elle est constituée de trois plateaux de travail, réunis par un couloir, où coexistent seize sociétés différentes qui ont choisi de s’unir au sein d’une même coopérative afin d’être plus forts dans un marché du numérique en perpétuelle mutation.

Ce qui frappe d’emblée, c’est l’ambiance de travail. On est loin d’être sur un plateau de travail normal où cohabite une cinquantaine de personnes. Certes, ce jeudi est un jour particulier puisque la RueDuWeb a décidé de se mettre sur son 31 pour se présenter sur « Google, visite pour les pros » (voir ci-dessous), mais on y sent une émulation commune, bon enfant, pour faire d’une idée éminemment virtuelle des projets d’entreprise bien réels.

« Akimedia » réalise ainsi des sites internet. « ALin 1 » vend du matériel informatique favorisant la « dématérialisation », c’est-à-dire le remplacement du papier par sa version électronique. « Auctelia » est une start-up d’enchères en ligne, spécialisée dans tout ce qui est industriel, de seconde main, de pelleteuses, de bateaux ou encore d’ambulances, et qui se développe à l’international. « Café numérique » organise des soirées et des événements professionnels permettant la vulgarisation du numérique dans la démocratie, l’enseignement… « Catcheur » conceptualise des sites web et des interfaces de jeux vidéo.

« COREAN » s’occupe de la coordination de projets informatiques. La société a notamment accompagné Rossel pour son application iPad. « Diogenius » s’occupe de raccordements en fibres optiques. « Orchestraaa » propose un accompagnement en stratégie numérique ou comment transformer positivement l’usage de Facebook ou de Linkedin dans les entreprises. « Lexicom » propose de la rédaction pour sites web. « NOW.be » a pris le virage du numérique en passant du théâtre d’entreprise à l’e-learning et au serious gaming (techniques de jeux adaptées aux entreprises). « PointBen » apprend aux gens à utiliser le matériel Apple.

« Selinko » met au point des puces permettant de marquer des objets de luxe et leur lecture par des smartphones. « Secrétaires on Web » assure à distance tout le support administratif, commercial ou d’encodage de la comptabilité. « Tesial » crée des portails (Test-Achats…) qui permettent de gérer beaucoup de données. « TweetWall Pro » propose des interfaces graphiques pour afficher des tweets sur un même sujet, comme ce fut le cas lors du dernier Ecosse-Belgique. Enfin, « Wepika » propose des sites d’e-commerce.

« En temps normal, c’est relativement silencieux, sourit Marina Aubert, une habitante de Braine-l’Alleud âgée de 35 ans, une des cofondatrices de la coopérative. Mais ce qui nous distingue, c’est que nous sommes tous reliés par Facebook, que l’on s’envoie sans cesse des alertes sur toutes les nouveautés du monde numérique. Nous comptons des blogueurs pointus dans leur domaine et il paraît même, selon un classement récent, que travaillent chez nous six des cent plus influents tweeters belges. »

Au-delà de cela, la coopérative se réunit tous les quinze jours pour se léguer les tâches, par exemple pour la communication ou l’aménagement des plateaux. Sont organisés là des repas collectifs, voire même des soirées. À midi, certains jouent au foot sur des consoles, pendant que d’autres se reposent sur de gros coussins.

« Nous sommes là, en fait, pour nous soutenir, pour nous promouvoir les uns les autres, conclut Marina Aubert. Parfois, certains employés changent de patron, pas parce qu’ils sont débauchés mais parce qu’ils sont plus efficients dans une autre tâche. Quant aux autres, ils sont indépendants, travaillent donc plus que la moyenne, tout en ayant une vie familiale au dehors, mais l’ambiance est telle qu’on s’amuse avant tout. L’idée est en fait qu’on travaille plus puisqu’on ne travaille pas… »