La grande famille d’Ayo

Thierry Coljon

Ayo publie son quatrième album, « Ticket To the World », un disque inspiré par le « peace & love » rasta dans lequel elle se reconnaît.

  • Ayo, une mère de famille plutôt cool qui a déposé ses valises à Paris… pour le moment ! © D.R.
    Ayo, une mère de famille plutôt cool qui a déposé ses valises à Paris… pour le moment ! © D.R.

Peut-être qu’un artiste pop peut séparer sa performance de sa vie privée, mais pas moi. »

Ainsi s’exprime Joy Olasunmibo Ogunmakin, dite Ayo, dans le communiqué de présentation de son nouvel album, Ticket To the World. Son quatrième. Pour nous en parler, nous emmenons la belle au tea-room situé en face du journal. Ayo est aux anges. Gourmande et folle de chocolats, elle n’oublie pas d’en ramener à sa petite famille. Normal donc que nous lui demandions des nouvelles de Nile, 8 ans, et Billie-Eve, 3 ans :

« Ils vont bien, nous confirme la chanteuse allemande d’origine nigériane basée à Paris. Nile n’est plus scolarisé à Paris. Il vit chez sa grand-mère à Cologne depuis cette rentrée. C’est la première fois que je suis séparé de lui, c’est horrible. Au début, ce l’était pour lui aussi. Maintenant, il est content. J’essaie d’aller le voir le week-end. Ça a aussi été dur pour sa sœur. Ce n’est pas évident de les séparer. Pour son anniversaire, Billie-Eve va aller passer une semaine chez lui. Elle est intelligente comme c’est pas possible. Maintenant, tous les deux parlent les trois langues. »

Il s’est passé beaucoup de choses dans la vie d’Ayo depuis la sortie de l’album Billie-Eve, en 2011.

Elle s’est séparée de son mari, le chanteur Patrice – père de ses enfants –, et s’est installée dans un plus petit appartement, avec sa fille. De toute façon, Ayo est une vagabonde. Elle passe son temps sur scène ou à New York où elle a enregistré son disque avec Jay Newland, le producteur de son premier opus : « J’ai voulu me libérer. Revenir à quelque chose de minimal dans mon environnement. Je n’ai pas besoin d’un grand espace. Je n’ai pas besoin de grand-chose en fait. On bouge tout le temps. Patrice continue à faire partie de ma famille. Je ne lui souhaite que du bien. Je l’aime comme mes enfants. Il fait partie de mon passé mais aussi de mon futur. Et musicalement, en tout et pour tout, on n’a fait qu’une chanson ensemble, pour son album. »

Le nouveau disque d’Ayo est une fois de plus très suave, avec ce mélange de soul sur des rythmes pas forcément reggae, mais c’est bien l’esprit peace & love du reggae qui a présidé à sa réalisation, tant dans les textes que les ambiances hypercools : « Ça, c’est dû à mon père qui m’a beaucoup fait écouter du reggae quand j’étais petite : Dennis Brown, Steel Pulse, Toots & the Maytals… Je lui ressemble fort en fait. »

Ayo a toujours bien aimé faire des reprises. Cette fois-ci, on a droit à « Sunny » de Bobby Ebb (1966), plus connu dans la version de Boney M, et au « I Wonder » du chanteur sud-africain Rodriguez ressuscité par un film sur sa vie : « J’ai d’abord connu la version de Bobby Ebb, c’est le premier 45-tours que j’ai acheté, avant qu’en Allemagne on n’entende plus que Boney M partout. C’est vrai que j’aime les reprises. Quand Nina Simone reprend le “Ne me quitte pas” de Brel, je pleure. Rodriguez, je l’ai croisé au Zénith après avoir vu le film cinq fois dans l’avion. Au concert, le son était mauvais et lui était saoul. Il l’a dit qu’il était alcoolique. J’ai pleuré quand j’ai vu ça. Il m’a fait penser à Michael Jackson. Moi, si j’étais son entourage, je veillerais d’abord à le soigner plutôt que de gagner encore un peu d’argent. Pour moi, Rodriguez, c’est un Dylan. Son “I Wonder”, je l’ai fait façon Motown. »

Et Jay Newland ? « Le studio où on a enregistré mon premier album est fermé, tout comme la Hit Factory. Mais on ne s’est jamais quittés. Il a toujours fait un petit quelque chose sur mes autres disques. Il est mon porte-bonheur. »

Ayo sera 4/12 à l’AB. Infos : www.abconcerts.be

Osez la rencontre !