Inculpation de Bernard Wesphael: une dispute aurait éclaté dans le couple (vidéos)

May., GD, et C.WE. (avec Belga)
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Le parlementaire wallon est soupçonné d’avoir tué sa femme, Véronique Pirotton, dans un hôtel à Ostende. Mais Bernard Wesphael se défend : selon lui, sa femme se serait suicidée, après une dispute. L’autopsie pratiquée ce samedi révèle que l’épouse de Bernard Wesphael est « décédée d’une mort violente » et porte des traces de strangulation.

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: Bernard Wesphael en septembre 2013
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Le parlementaire wallon Bernard Wesphael (55 ans) a été placé sous mandat d’arrêt vendredi par le juge d’instruction de Bruges. Il est soupçonné d’avoir tué sa femme, Véronique Pirotton, dans l’hôtel Mondo à Ostende, révèlent samedi Sudpresse, De Standaard et Het Nieuwsblad.

Bernard Wesphael, co-fondateur d’Ecolo et désormais président du Mouvement de Gauche, avait rejoint son épouse à Ostende pour y passer quelques jours. Jeudi, vers 21h, il a téléphoné totalement paniqué à la réception de l’hôtel. Il a alors expliqué que sa femme s’était suicidée à l’aide de médicaments. «  Elle n’était pas bien, elle prenait beaucoup de médicaments. Sans doute en avait-elle pris trop  », a-t-il expliqué dans un premier temps. Les services de secours ont tenté de réanimer la victime, en vain. Bernard Wesphael a déclaré aux enquêteurs qu’il avait découvert son épouse inconsciente dans la salle de bains lorsqu’il s’était réveillé après une sieste. Selon lui donc, elle aurait absorbé une dose massive de médicaments. Une analyse toxicologique en cours devra confirmer ou pas cette version.

Nouvelle version

C’est après une dispute que son épouse se serait suicidée, avance Sudpresse dimanche, révélant des nouvelles déclarations du député wallon. Le couple, qui avait bu quelques verres, se serait disputé. Selon Bernard Wesphael, son épouse a reçu plusieurs appels téléphoniques d’une personne du milieu psychiatrique dans lequel elle travaille. Énervée, elle s’en serait alors pris à son mari, le ton aurait monté et on en serait venu aux mains. Ce qui explique les éclats de voix entendus dans les chambres voisines, mais aussi les traces de griffures que le député présente aux avant-bras. Et ce dernier aurait riposté en la tenant par le cou, d’où les marques de strangulation découvertes à l’autopsie. Mais les époux se seraient alors repris et auraient stoppé là la dispute. Le député se serait alors endormi puis réveillé une heure plus tard et découvert le corps de son épouse dans la salle de bains.

Mais ses explications n’ont pas convaincu les policiers, dont les doutes ont été renforcés par les premières constatations du médecin légiste.

Selon RTL Info, des clients de l’hôtel disent avoir entendu une dispute dans la chambre. Steven Henderickx, avocat de Bernard Wesphael, détaille : «  Il y aurait eu une petite dispute, mais pas de violence. C’est ce qu’il a dit.  » La dispute serait due «  à un coup de téléphone qu’elle a reçu d’une personne qu’ils connaissent  », toujours selon son avocat.

Coups violents

L’autopsie a en effet révélé que Véronique Pirotton était décédée «  d’une mort violente  » et portait des traces de strangulations a indiqué le parquet de Bruges. Selon le procureur du Roi de Bruges, Céline Dhavé, les premiers éléments de l’autopsie révèlent que Véronique Pirotton aurait été tenue de manière violente. La femme de M. Wesphael, aurait souffert de dépression depuis un certain temps. L’avocat de Bernard Wesphael explique que celui-ci lui a indiqué que Véronique Pirotton avait déjà fait 5 tentatives de suicide cette année.

La présomption d’innocence est toujours d’actualité. Bernard Wesphael restera en prison jusque mardi, jour de sa comparution devant la chambre du conseil. L’immunité parlementaire du député a été levée très rapidement, comme cela peut être le cas lorsque les faits sont très récents.

Son entourage n’y croit pas

« Je ne sais pas ce qu’il s’est passé mais c’est un drame atroce car il y a des enfants de chaque côté  », a réagi Marguerite Cloes, son assistante parlementaire depuis trente ans. « C’est inconcevable car Bernard est non violent. Je ne peux pas imaginer qu’il soit inculpé mais oui, il y avait des problèmes dans le couple. C’est sûr, ce n’était pas évident. »

Marguerite Cloes n’est pas la seule proche de Bernard Wesphael à être convaincue de son innocence. Son ami Théodore Bruyère ne le pense pas coupable. « ça n’a rien à voir avec sa personnalité. c’est un homme tellement pacifique. Il ne ferait pas de tort à une mouche. Quand il dit que son épouse s’est suicidée, je peux vous dire que je le crois », a-t-il confié.

Le Mouvement de Gauche « continuera son travail politique »

Bernard Wesphael est l’un des co-fondateurs du parti Ecolo, qu’il a quitté l’an dernier. Il a ensuite fondé le Mouvement de Gauche. Il a annoncé en septembre qu’il envisageait de quitter également ce nouveau parti. Le Mouvement de Gauche continuera son travail politique malgré l’inculpation de son président, a annoncé la vice-présidente Caroline Bertels, samedi soir à l’issue d’une réunion à Jambes (Namur). «  Même si son inculpation a été confirmée, nous rappelons la présomption d’innocence et nous faisons confiance à la justice  », a-t-elle indiqué. «  Le MG est porté par son président -et Bernard reste notre président –, mais aussi par ses militants qui souhaitent continuer le travail. Nous n’allons pas changer notre agenda et nous poursuivons notre travail politique  », a assuré Caroline Bertels. Le programme politique, dont la rédaction se poursuit, sera présenté, comme convenu, en congrès le 17 novembre.

Le Mouvement de Gauche juge qu’il est trop tôt pour se prononcer sur l’avenir du parti à long terme. «  Nous sommes dans une situation de crise assez particulière et nous réagissons au coup par coup. Nous tiendrons un nouveau congrès fédéral extraordinaire samedi prochain à 14h00  », a ajouté la vice-présidente. Le MG est «  atterré et sous le choc face à ce drame humain et familial. Nous pensons aux enfants et aux familles qui vivent une situation terrible. En plus de l’énorme dommage de voir un homme comme Bernard Westphael incarcéré, le pays perd un homme de gauche, pour le moment en tout cas, et le seul parlementaire qui s’est opposé au traité d’austérité européen  », a souligné Caroline Bertels.