Le vélo passera au rouge
Le tourne-à-droite. C’est la mesure la plus controversée. Elle autorise les cyclistes à franchir les feux rouges, mais sous certaines conditions uniquement.
Premièrement, dans le cas où s’y trouve un panneau B22, autorisant « les cyclistes à franchir les signaux lumineux (…) afin de tourner à droite lorsque ceux-ci sont soit rouge, soit jaune-orange, à condition qu’ils cèdent le passage aux autres usagers de la route circulant sur la voie publique ou la chaussée à partir du feu rouge ou jaune-orange ».
Deuxièmement, lorsqu’un panneau B23 y est placé, autorisant les cyclistes « à franchir les signaux lumineux tricolores (…) afin de continuer tout droit lorsque ceux-ci sont soit rouges soit jaune-orange, à condition qu’ils cèdent le passage à tout autre conducteur circulant sur la voie publique ou la chaussée à partir du feu rouge ou jaune-orange ».
Le Gracq (association « les cyclistes au quotidien ») précise encore, dans son dernier bimestriel, qu’« il ne s’agit pas de généraliser cette mesure, mais bien d’habiliter le gestionnaire de la voirie (Régions, communes) à accorder cette facilité aux cyclistes aux carrefours qui ne présentent pas de risques particuliers en termes de sécurité. Cette autorisation sera conditionnée à la présence d’une signalisation spécifique (les panneaux B 22 et 23) ».
La rue cyclable. Il s’agit, ni plus ni moins, d’une rue où le trafic automobile est subordonné à celui des cyclistes. Grâce à l’aménagement et à l’apposition d’une signalisation adéquate, les cyclistes deviennent les usagers principaux, peuvent occuper toute la largeur de la voie de circulation, les trottoirs restant bien entendu dédiés aux piétons. Les véhicules motorisés (il s’agit en fait d’une circulation locale, limitée à 30 km/h) sont dans l’obligation de céder la priorité aux cyclistes et ne peuvent les dépasser. La place dédiée au stationnement est réduite au minimum, et les transports publics sont, tant que faire se peut, exclus de la voirie.
Le Gracq
concept destiné exclusivement aux communes, vu les conditions (lire ci-contre). Il pourra être appliqué à des zones et rues résidentielles. A titre d’exemple, la Ville de Bruxelles sera un partenaire de choix. « Nous avons de très bons contacts, le sujet a d’ailleurs déjà été abordé à la commission vélo. »
avancée législative
Le texte de loi modifiant le code de la route pour les cyclistes a été signé par le Roi. Sa publication au Moniteur est prévue d’ici 10 à 15 jours, et son entrée en vigueur 10 jours plus tard. « Pour la rue cyclable, la loi prévoit 6 mois pour créer les panneaux, c’est déjà en chantier, ils seront ensuite confiés aux gestionnaires de voirie (Régions et communes), chargés de l’exécution, explique le cabinet de Melchior Wathelet, secrétaire d’Etat fédéral à la Mobilité (CDH). Pour le tourne-à-droite, un panneau est prévu dans la loi ». Et, pour la petite histoire : « Mais la couleur prévue n’existe pas pour l’instant dans notre signalisation, les services y travaillent ». A Bruxelles, la ministre Brigitte Grouwels (CD&V), on précise que « la région va introduire ces panneaux cas par cas, carrefour par carrefour. L’utilisation dépend de la sécurité pour les cyclistes, mais aussi de la nécessité ».







