Exclusif. Voici le tract rédigé par le terroriste !

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Brahim Bahrir était déjà venu à Molenbeek lors des émeutes. Voici toutes ses déclarations. Elles font froid dans le dos.

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Vendredi 8 juin. Il est 16h25 à Paris-Nord. Un homme monte dans le Thalys en direction de Bruxelles. Cet homme, c’est Brahim Bahrir, un Français de 34 ans, inconnu des services de police belges et français. Brahim n’a acheté qu’un aller simple. Il sait que ce voyage est peut-être le dernier. Brahim est prêt à mourir. À mourir pour une cause qu’il croit juste. La haine contre les infidèles. Les non-musulmans.

Une semaine plus tôt, il est venu manifester pour aider Stéphanie, la femme au niqab.

Ce n’est pas la première fois que Brahim vient en Belgique… Une semaine plus tôt, il avait effectué le même trajet. Le 1erjuin, il s’était arrêté à Bruxelles-Midi et avait pris le métro en direction de la station Comte de Flandre. Il s’était dirigé vers le commissariat de police de Molenbeek. Là même où Stéphanie Djato s’était rebellée contre les policiers après avoir été interpellée alors qu’elle portait un niqab, pourtant interdit en rue.

Si Brahim était venu le 1er juin à Molenbeek, c’était pour soutenir Stéphanie, injustement interpellée, selon lui, par des infidèles. Il avait donc pris part aux émeutes avant de reprendre le train vers Paris quelques heures plus tard, sans être interpellé ou contrôlé. Une semaine après, le revoilà donc dans le même train… vers la même destination. Brahim est toujours en colère, mais sa cible a changé. Il ne vient plus pour Stéphanie… mais pour venger l’honneur des musulmans. Se venger après avoir lu, le 6 juin, un article sur le site internet dh.be intitulé: «Le Vlaams Belang donne 250 euros par femme en niqab dénoncée».

Mis en rage par les propos de l’article, il en fait une copie. Il rédige au stylo, au bas du document – que nous vous publions en exclusivité–, ce qui sera, peut-être, son testament (voir photo). Il l’intitule: Sharia4Afghan, Légions Talibanes. Il poursuit: «Molenbeek, l’ignoble, tu es responsable de ce qui va se passer! Incha Allah.Ils occupent nos terres en Afghanistan. Ils humilient nos sœurs et les battent quasi à mort dans leur commissariat. Ils continueront tant que les hommes de cette communauté n’agirons (sic) pas. Bi Idhni Allah (avec la permission de Dieu, ndlr), ces fils de porcs et de signes vont le payer.»

Un ticket, direction Beekkant…

À 17h45, Brahim arrive à Bruxelles-Midi. Il descend du train et se dirige, comme la semaine précédente vers le métro. À 17h58, il achète un ticket et monte dans le premier métro qui va vers la station Comte de Flandre. Mais cette fois, il ne s’y arrête pas. Il descend (par hasard, selon toute vraisemblance) à Beekkant. Le trajet dure entre 6 et 8 minutes. À 18h23, l’alerte est donnée: deux policiers, Kevin et Yasmina, qui effectuaient une opération de sécurisation à la station de métro Beekkant (voir supra, l’interview exclusive de Kevin), sont blessés. Brahim a tenté de les tuer en les poignardant avec un couteau de cuisine emballé dans un sac en plastique. Durant tout le trajet, Brahim, qui ne fut jamais contrôlé, l’avait soigneusement gardé sur lui…

Peine de prison à perpétuité

Quelques instants plus tard, Brahim est maîtrisé et menotté. Interrogé, il déclare ne pas avoir voulu tuer les deux policiers, choisis au hasard. Il confirme, par contre, qu’il était prêt à mourir. Son désir n’a pas été exaucé. Le juge d’instruction l’a placé sous mandat d’arrêt pour tentative d’assassinat dans un contexte terroriste. Il risque la prison à perpétuité.

Un musulman qui est policier n’est pas un musulman!

Longuement interrogé, Brahim B. va spontanément se lancer dans un monologue qui donne froid dans le dos. Le texte, déclamé sur un ton posé, visiblement bien préparé, semble avoir été appris par cœur: «Je veux juste dire que je suis venu de Paris avec le Thalys. Je suis un moudjahid et je suis venu faire la guerre sainte. Je suis ici suite aux événements qui se sont déroulés la semaine passée avec votre attitude à l’encontre de la femme avec le niqab et voir comment ça se passe ici», déclare-t-il, tout en regardant les policiers droits dans les yeux. Il enchaîne et explique, sur le même ton monocorde, les deux raisons de sa présence à Molenbeek. «Il faut que les infidèles quittent l’Afghanistan. Ils n’ont rien à faire en terre sainte. Les infidèles n’ont pas leur place avec les musulmans.» La seconde raison de son déplacement en Belgique est directement liée à la législation en vigueur. «C’est suite à l’attitude de votre gouvernement suite à l’affaire du niqab. Votre gouvernement suit les idées des USA.» Et Brahim de conclure: «Les musulmans n’ont pas leur place avec les infidèles. Vous occupez nos terres et vous devez partir. Il est clair que si je suis venu ici, c’est pour que la voix d’Allah tout-puissant soit entendue et que justice soit faite. Tout ceci va finir en drame. Les musulmans et les infidèles ne peuvent pas vivre ensemble, vous, infidèles, devez

partir!» Retrouvez l'intégralité de notre dossier dans le Soir Magazine de ce mercredi 13 juin.