Hélécine en son nouveau foyer

Jean-philippe De Vogelaere
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Province. Le domaine n’a jamais été aussi magnifié qu’en cinquante ans.

  • Magie du brasier. Le domaine se prête fort bien à l’utilisation conjointe du feu d’artifices et du mapping. © J.-P. D.V.
    Magie du brasier. Le domaine se prête fort bien à l’utilisation conjointe du feu d’artifices et du mapping. © J.-P. D.V.

Le domaine de Hélécine s’est effondré. Sous nos yeux, par l’effet du mapping, une technique employée en imagerie de synthèse permettant d’imprimer une image sur un volume, il s’est instantanément relevé. L’eau s’est écoulée en cascade sur sa façade. Le lierre s’est accroché à l’ancienne abbaye de l’ordre de Prémontré. Le soleil s’est levé sur une nuée de colombes blanches et de papillons bleus et rouges. Des ballons et des massues ont fait vibrer un chapiteau, avant que les lieux s’évanouissent dans une dernière gerbe menant tout droit à la voie lactée.

Le domaine de Hélécine n’est plus, vive le domaine de Hélécine. Pour les cinquante ans du rachat des lieux par la Province, près de dix mille personnes se sont assises ce samedi soir dans la cour d’entrée pour assister au plus grand feu d’artifice de Belgique, avec ses 198 tirs réalisés en 48 minutes de pur bonheur. Jamais le domaine n’avait été aussi magnifié qu’en ces dix derniers lustres.

Une volonté du député provincial Mathieu Michel (MR) qui souhaite donner un nouvel avenir à ce domaine où, chaque semaine, viennent se promener des milliers de personnes en recherche d’un havre de paix. Un projet de développement et d’aménagement urbanistique et paysager a ainsi été lancé. Mais avant d’en définir les contours, l’occasion était trop belle d’offrir un événement d’importance qui fera date dans l’histoire du feu d’artifice en Belgique. Le tout, pour un budget de 67.000 euros, dont 50.000 euros exceptionnels et 17.000 euros sur des économies réalisées par le domaine comme sur les concessions des buvettes.

Quatre artistes du Brabant wallon avaient été sollicités. Le violoniste Lorenzo Gatto a fait se rencontrer Queen et Moussorgski. Le chantre wallon Julos Beaucarne nous a fait réentendre que « ceux qui prennent notre cul pour une grande ville ne savent pas ce qui se passe ici ». Le scénariste de bande dessinée Bob de Groot a permis à Basile, le complice de Léonard, de se promener sous nos yeux. Et Nele Paxinou, des Baladins du Miroir, a sucré nos envies par un « Vous êtes nés pour être libres » de bon augure. Le tout, anobli par l’artificier Stéphane Dirickx et la société de mapping Dirty Monitors, sous la coordination de l’ASBL Idée Fixe.

Avec une pensée émue pour Neil Armstrong, dont on apprenait le décès en cours de spectacle, chacun s’en est retourné chez lui avec une nouvelle lune en tête. Avec ce domaine de Hélécine en son nouveau foyer qui ne demande vraiment plus qu’à se relever.