En trike solaire jusqu’au Kazakhstan

Jean-philippe De Vogelaere
Mis en ligne

Dion-Valmont. Le vélo solaire existe. Un jeune compte en faire la promotion au cours d'un voyage peu banal où courage se conjugue à innovation. Le trike sera alimenté par une batterie qui lui fera office d'équipier. L'aventure est à suivre sur facebook.com/kazak.trike.

  • Deux roues à l’avant, une à l’arrière. Et le trike est muni d’une remorque sur laquelle est déposé un panneau solaire. De quoi alimenter une batterie et apporter un coup de pouce dans les moments difficiles. ©
    Deux roues à l’avant, une à l’arrière. Et le trike est muni d’une remorque sur laquelle est déposé un panneau solaire. De quoi alimenter une batterie et apporter un coup de pouce dans les moments difficiles. ©

ENTRETIEN

Nous l’avions déjà rencontré en février 2011 juste avant son départ pour le 4L Trophy. Il n’a pas changé. Dans ses yeux brille toujours cette volonté d’en faire plus. Cette fois, il s’engage pour le « Sun Trip » organisé par un Français. De juin à août, voire septembre 2013, les candidats devront relier la Savoie et Astana, la capitale du Kazakhstan. Chacun à sa manière, sur la route de son choix, avec un seul passage oublié, celui de Sotchi en Russie, pour le transfert en ferry, et l’usage du solaire. Une sorte de « Dakar » propre des temps modernes. Entretien avec Guillaume Bruyr, un Dionais de 23 ans qui, après avoir terminé ses études d’ingénieur en construction à l’Ecam, travaille désormais à mi-temps tout en réalisant une année de gestion supplémentaire.

Comme Solar Impulse dans le ciel, voulez-vous ouvrir la voie de demain ?

La différence, c’est que le vélo solaire est déjà une réalité ! Et j’ajouterai que la force du mollet reste nécessaire. Le solaire n’est là que pour aider, en quelque sorte faire comme si nous étions deux à pédaler sur le vélo… Le départ et l’arrivée n’ont également pas été choisis par hasard par les organisateurs puisqu’on part de l’Institut national de l’énergie solaire pour arriver dans une capitale qui mise beaucoup sur le solaire.

Drôle de vélo tout de même !

C’est ce que l’on appelle un trike, à trois roues. Deux à l’avant et une à l’arrière. C’est très spécial comme position assise, mais je m’y fais. Déjà, j’ai été l’essayer au mont Ventoux. Tout le monde se retournait vers moi… Preuve que la course va intéresser le public, au-delà de l’aspect purement sportif. Ce sera l’occasion ou jamais de démontrer tout un savoir-faire. Et pour ce qui me concerne, heureusement, dans les steppes, ce sera nettement moins vallonné comme parcours.

Vos études vous aident-elles dans cette expédition ?

Peut-être un petit peu sur le côté prototype, mais ce qui entre le plus en jeu ici, c’est le côté électrique. Mais au bout du compte, c’est une expérience de plus, qui va m’obliger à me confronter aussi bien à la gestion d’un budget qu’à la prise en charge des entraînements ou au défi personnel pour pouvoir se sortir des coups durs tout seul.

Le 4 L Trophy ne vous a-t-il pas suffi ?

J’aime relever sans cesse de nouveaux défis. Dans ce cas-ci, c’est de pouvoir démontrer que l’on peut voyager autrement. Au 4L Trophy, avec mon coéquipier, nous étions partis d’une épave à réparer, pour terminer dans les soixante premiers. Pas trop mal sur 1.200 participants, non ? On ne s’est même pas ensablé ! Mais la solidarité était là. Dans le “Sun Trip”, il en sera de même. Un peu comme dans une course en bateau, l’on pourra être dévié pour aller aider quelqu’un en difficulté.

7.500 kilomètres tout de même à parcourir…

Cela peut paraître énorme aux yeux du grand public, mais je compte pouvoir y arriver avec une moyenne d’environ cent kilomètres par jour. J’espère juste que le soleil sera de la partie et que je pourrai profiter de son solide coup de pouce pour alimenter la batterie.

Et question budget ?

J’ai compté qu’il me faudrait 8.500 euros pour y arriver. Je peux déjà compter sur l’aide d’une entreprise spécialisée en photovoltaïque et d’une autre dans les accessoires pour vélo. J’espère en trouver d’autres. Pour l’instant, je n’en suis encore qu’au prototype en acier soudé du trike. La version définitive devrait être plus légère. Tout dépendra des essais de géométrie. Enfin, je m’en voudrais de ne pas signaler l’aide de mon frère, ancien champion de VTT, pour toutes les questions d’entraînement. C’est que je vais devoir pédaler pendant trois mois. Je dois acquérir l’endurance nécessaire.