Les bistrots réglementés avec leur accord

Jean-philippe De Vogelaere
Mis en ligne

Waterloo. Le maïeur Serge Kubla a conclu un compromis. Une charte a été acceptée par les tenanciers, suite aux bagarres et agressions connues ces derniers mois à cause de l'alcool.

  • La rue du Couvent, notamment, va retrouver plus tôt sa tranquillité, suite au compromis intervenu entre le bourgmestre et les tenanciers. © RENÉ BRENY.
    La rue du Couvent, notamment, va retrouver plus tôt sa tranquillité, suite au compromis intervenu entre le bourgmestre et les tenanciers. © RENÉ BRENY.

C’est un compromis qui me convient totalement. Fermer à trois heures du matin les week-ends, pas de souci. Au-delà, cela ne change d’ailleurs rien au chiffre d’affaires, tandis que cela nous laisse sur les bras les gens qui ont déjà trop bu… »

Christophe Boussard est patron de l’Îlot sacré, dans la rue piétonnière du centre de Waterloo. Comme la quinzaine d’autres patrons de cafés de la localité, il a accepté de signer la proposition du bourgmestre Serge Kubla (MR) de limiter les heures d’ouverture afin d’assurer la tranquillité nocturne des habitants.

L’accord est le suivant :

Les dimanches, lundis, mardis et mercredis, tous les établissements cesseront leurs activités à 1 h, afin de permettre l’évacuation progressive de la clientèle, de sorte que tout soit totalement fermé pour 2 h.

Les jeudis, vendredis, samedis et veilles de congés, l’heure de fin est fixée à 3 h, avec fermeture totale à 4 h.

« Je ne voulais pas que les jeunes disent qu’il n’y a plus moyen de faire la fête à Waterloo, mais je voulais aussi que tout le monde puisse dormir tranquille, sans devoir subir les débordements de ces derniers mois », nous explicite Serge Kubla, qui réussit, dans la conciliation, ce qui n’avait pas pu être imposé il y a quelques années déjà quand on avait assisté à une révolte chez les tenanciers.

Privilégier la prévention

Et de rappeler que la commune avait déjà pris un règlement limitant l’ouverture à 1 h : « Il n’a jamais été contesté, mais je sais aussi que le Conseil d’État peut casser ce genre de règlement au nom de la liberté du commerce. J’ai donc convoqué chaque tenancier pour arriver au compromis, plutôt que de jouer au gendarme et de procéder à des sanctions et des amendes administratives lourdes. De plus en plus de P.-V. arrivaient sur mon bureau… »

Voilà une charte qui donne à la zone de police de Waterloo une bonne base de travail. Le commissaire Michel Vandewalle rappelle que, depuis août 2010, il est interdit de consommer de l’alcool en rue de 20 h à 6 h. Les night-shops sont, eux, depuis plus d’un an, priés de cesser leurs activités à minuit, ou à 1 h les vendredis, samedis et les veilles de jours fériés.

« En règle générale, cela se passe bien, nous commente le commissaire divisionnaire. Et nous travaillons toujours d’abord selon le principe de la prévention. Mais ces derniers mois, à cause d’une petite frange complètement “déchirée” de la population, des gens de Waterloo et du Brabant wallon, mais aussi venant de plus loin, nous avons eu trop souvent affaire à des bagarres générales, quand ce n’étaient pas des agressions. Sans oublier des conduites sous influence – et pas que de l’alcool – à des vitesses inconcevables. Et chaque fois, en fin de nuit, vers les 6 h du matin. Nous étions alors parfois obligés de remonter jusqu’aux établissements de nuit… »