Basket : cette fois la Pologne a dominé la Belgique

Guy Milecan
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Les Belgian Lions, pour leur 5e match des qualifications pour l’Euro 2013, ont été dominés à domicile par les Polonais (73-87) qu’ils avaient battu à Sopot.

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Ni la Suisse, ni l’Albanie, la Pologne ! Fini de jouer à la baballe comme des chats facétieux et dilettantes. Là, c’était du sérieux, du costaud, du béton armé. A l’image du délicat Marcin Gortat, fort de cinq saisons en NBA, à qui on ne confierait certainement pas les clés de sa nouvelle voiture, les Polonais s’enfoncèrent d’emblée dans la défense belge pour y récolter ou des points, ou des fautes. Malmenée (2-7), la Belgique égalisa (8-8) par Gillet monté rapidement au jeu pour suppléer un De Zeeuw coupable de trois fautes, signe extérieur de nervosité.

Les échanges s’équilibrèrent alors (12-14) avant qu’insidieusement, la Pologne ne se ménage un viatique à mesure que les minutes de ce premier round s’égrenaient : 16-21 et 22-26 au quart-temps. Les shooteurs tricolores semblaient engoncés dans leur premier costume d’apparat (aucun 3 pts) et, si Beghin avait relayé efficacement Driesen, il ne pouvait empêcher Gortat de régner sous les anneaux.

A 24-28, à la 12e minute qu’il consommait comme les précédentes, Gortat fut poussé à sa troisième pénalité et ainsi prié de replier ses 213 centimètres sur le banc où son compteur resta calé à 9 unités jusqu’au repos. Une aubaine pour Van Rossom, virevoltant comme s’il avait avalé de l’hélium, Mwema, au physique très utile pour bloquer l’accès à la raquette, et Muya, sangsue derrière, précis comme un horloger devant, qui tirèrent la couverture côté belge en plantant, notamment, quatre tirs primés, enfin : 29-28 pour mener une première fois et 45-42 après 35-28 comme écart maximal.

Le match n’était qu’à la moitié de sa vie, la Belgique pas au bout de ses efforts de titans. Le meneur Koszarek avait refait le plein de carburant, Gortat promis de garder ses mains chez lui : 51-49 alors que la défense de zone belge fonctionnait plutôt bien. Une éclaircie signée Beghin (61-55), puis une ombre au même tableau avec une quatrième boule rouge à côté du nom de… Beghin : 63-62, ça restait aussi serré qu’un café turc. Après 65-62 à la demi-heure, les 4000 spectateurs furent frappés de stupeur quand les Polonais alignèrent trois 3 points d’affilée, portant leur stat en la matière à un 10 sur 19 aux antipodes du calamiteux 1 sur 18 de l’aller.

Sempé aurait dit : « Ça se complique… ». Car Gortat secoua par deux fois le cocotier à l’intérieur aussi pour mettre les Belgian Lions sur le pont du Titanic à 4 minutes de la sirène, pas la petite, la retentissante : 67-75. La tension était palpable, les secondes précieuses comme de l’oxygène en altitude. Et justement, les Belges devaient élever leur niveau, mais les Polonais ruisselaient de confiance tandis que les sélections offensives de Tabu, Van Rossom ou Moors semblaient être devenues un cauchemar. Où étaient les canots de sauvetage ? Gortat, monstrueux de puissance (29 pts et 10 rbs), les avait pulvérisés ! Et avec eux l’écart positif de 7 points qu’avaient conquis les Lions à Sopot, il y a 15 jours à peine…

Osez la rencontre !