Des espaces verts rendus à la nature
« Nous constatons un peu partout un déclin de la biodiversité, explique Maïlis Neuwels, éco-conseillère à Nivelles. Dans le même temps, le citoyen témoigne d’une volonté grandissante pour avoir des espaces verts de qualité mêlant quantité et variété. Mais en face, nous sommes confrontés aux problèmes posés par les pesticides et herbicides. » Ce à quoi il convient d’ajouter les problèmes financiers et le manque de personnel auxquels sont confrontées les communes. « Ça aboutit à une uniformité de la gestion des espaces verts d’une commune comme Nivelles. »
La réponse trouvée par la Ville ? La gestion différenciée. Elle s’oppose au principe de gérer tous les espaces verts de la même façon, avec du gazon bien tondu, des plantations d’espèces exotiques annuelles, l’utilisation généralisée de produits chimiques. De plus, elle s’oppose à l’idée que la nature n’a pas sa place dans les zones urbanisées.
En clair, la gestion différenciée consiste à adapter le mode d’entretien aux caractéristiques et fonctions de chaque espace vert : un îlot n’est pas un espace de détente ou un terrain de sport. « Le tout pour un meilleur respect de l’environnement, plus de biodiversité avec une meilleure organisation de l’entretien et une rationalisation du temps et des dépenses », poursuit l’éco-conseillère.
Ath, Gembloux ou Manage se sont déjà lancées. Comment appliquer la gestion différenciée à Nivelles ? « Un inventaire d’à peu près 300 espaces verts a été établi, commente l’échevine de l’Environnement, Valérie De Bue (MR). Une classification est en cours. Il nous faudra ensuite communiquer avec la population pour la sensibiliser et l’impliquer dans le projet. Car il ne faut pas que, si on laisse pousser à un endroit, la population se dise :“On ne gère plus”. »
Pour se familiariser avec la nouvelle gestion, le service Espaces Verts de Nivelles et Jacques Michel, son responsable, ont déjà créé une vingtaine de zones test (lire ci-dessus). « Il faut bien comprendre qu’un espace architectural n’a pas plus de valeur qu’un autre semi-naturel, poursuit l’échevine. Il faut que chacun soit adapté au lieu où il se trouve. Certains endroits seront entretenus moins souvent mais la sécurité pour les utilisateurs sera toujours prioritaire. »
La mise en pratique, en concertation avec la population, est prévue pour le printemps. Les promoteurs de futurs lotissements construits à Nivelles, notamment aux Portes de l’Europe, ont déjà fait part de leur intérêt pour le projet.


